Ephéméride des luttes bretonnes / Août

Miz Eost

Août 2001, 150 personnes manifestent à Lorient pendant le Festival Interceltique sous l’impulsion de la CARB (Coordination Anti Répressive de Bretagne) pour la libération des sept prisonniers politiques bretons encore incarcérés.

Août 1999, Festival Interceltique toujours. Le 14 août, Emgann organise une manifestation pour la langue bretonne durant le festival qui se déroule sans incident. Quatre jours auparavant, le stand de l’UDB avait été incendié par quatre hommes cagoulés en pleine soirée. N’y voyant que du feu, le Parti Socialiste a si tôt fait d’insinuer qu’Emgann est responsable de cette action. Au final, le 18 août, 6 militants du POBL (Parti pour l’Organisation d’une Bretagne Libre), parti indépendantiste de droite, sont mis en examen : quatre reconnaissent les faits, deux autres bénéficient d’un non lieu. Les militants du POBL mis en examen demandent donc le soutien de Skoazell Vreizh, qui refuse immédiatement en expliquant que l’association prend en charge la défense des actions de résistance à l’État français, et non pas de résistance à… l’UDB.

4 août 1984, Patrig Gardin, militant indépendantiste rennais de 23 ans, est grièvement blessé lors de la pose d’un engin explosif sur le transformateur EDF d’Arzon (56). EDF était alors la cible de nombreux attentats en Bretagne du fait de sa volonté de construire une centrale nucléaire au Carnet (44). Transféré à l’hôpital de Vannes alors qu’il est gravement brûlé, presque sourd et blessé aux yeux, la police vient tout naturellement l’interroger à la place des médecins. Le 8 août Patrig Gardin est inculpé, sa mère transmet donc au tribunal le nom de l’avocat qui doit le défendre, mais le juge refuse car il demande un courrier signé de la main de l’inculpé… qui ne peut pas écrire du fait de ses blessures. Au final le tribunal convoque un avocat commis d’office, en lieu et place de l’avocat mandaté par les réseaux de soutien anti-répressifs bretons. Et le dossier ne s’arrête pas là car dans la foulée de nouvelles arrestations se produisent dans les milieux de la gauche indépendantiste, à Quimper, Lannion et Plogonnec.

Août 1983, parution du N°0 de Emgann «Journal du mouvement de libération nationale du peuple breton pour le socialisme autogestionnaire ». En 1991 le nom du journal devient Combat Breton, alors qu’Emgann reste le nom du parti politique de la gauche indépendantiste. Le premier texte du journal explique « Nous sommes les seuls qui posons en Bretagne, clairement et sans détour, deux questions fondamentales et liées : la question sociale et la question nationale. Parce que le Socialisme n’existera pas en Bretagne sans la reconnaissance de l’existence du Peuple Breton, de ses droits légitimes à devenir adulte et à se doter des structures nationales qui lui permettront de s’autogérer. (…) Pour nous le Peuple Breton doit pouvoir se gérer lui-même au plus vite et à tous les niveaux sous peine d’être dirigé passivement par des gouvernants français qui, conduisent une politique contraire à ses intérêts, le menant à terme à sa disparition. »

Août 1975 : prise d’assaut à Aleria en Corse d’une cave viticole par des militants nationalistes, dont Edmond Simeoni, le père de l’actuel dirigeant nationaliste Gilles Simeoni. Gendarmes mobiles, CRS, hélicoptères et véhicules blindés sont envoyés pour réprimer cette prise d’armes. Après la retraite d’une partie du commando et la reddition d’une autre partie, des émeutes secouent la ville de Bastia, la cave viticole libérée finit par être incendiée par des militants nationalistes. Quelques mois plus tard, une « nuit bleue » marque la naissance du FLNC.

Août 1932, l’État français est en pleine célébration des « 400 ans d’union de la Bretagne et de la France », alors que les mouvements bretons se structurent et s’organisent bruyamment depuis plusieurs années. Sur la place de la marie de Rennes, la statue qui représentait l’union des deux pays est dynamitée dans la nuit du 7 août par le nouveau groupe clandestin Gwenn ha Du. Ce dernier innove par des pratiques de revendications modernes pour des actions de dynamitage, via un communiqué et une conférence de presse. Le lendemain de l’attentat, alors que le chef d’État français est à Vannes pour les célébrations officielles, une grande rafle vient conduire en garde à vue de plusieurs militants bretons. La contre manifestation vannetaise qui devait répondre aux cérémonies officielles n’aura finalement pas lieu, mais l’attentat de Rennes s’étale sur toutes les unes des journaux, volant la vedette aux banquets et autres défilés folkloriques organisés pour l’occasion à Vannes par le pouvoir.

Août 1928, le second congrès du Parti Autonomiste Breton se déroule à Chateaulin. Depuis quelques mois la génération de Breiz Atao avait fait évolué sa première structure UYV (Unvaniez Yaounakiz Vreiz) en un parti politique moderne. C’est la première fois que le terme d’autonomiste est utilisé pour qualifier une structure militante bretonne. L’apparition de ce concept est à la fois liée aux mobilisations autonomistes alsaciennes qui ont beaucoup fait parler d’elles dans les années 1920, et à la tentative de convergence entre tous les éléments non régionalistes des mouvements bretons, nationalistes, fédéralistes, de gauche et de droite, mais tous partisans d’une action revendiquant l’existence d’une nation bretonne et de son droit à l’autonomie. La déclaration de Chateaulin qui émane de ce congrès se termine sur ces mots « A la France de dire si elle est disposée à donner satisfaction à nos aspirations légitimes, ou si elle fait litière des principes de liberté qu’elle-même a contribué à répandre dans le monde. A la France de dire si nous avons raison en faisant confiance à ses forces de renouvellement, ou si nous ne pouvons demeurer Bretons qu’en cessant d’être citoyen français. ». Trois ans plus tard le parti explose du fait de ses divisions internes et de la volonté d’une partie de ses membres de radicaliser leurs idées et leurs actions. Dans la plus jeune génération militante particulièrement, beaucoup se mettent alors à considérer qu’en effet, ils « ne peuvent demeurer Bretons qu’en cessant d’être citoyen français. »

7 août 1532, à Vannes est signée par les États de Bretagne sous pression politique et militaire l’annexion officielle de la Bretagne à la France. Près des remparts de Vannes, une plaque commémorative bilingue breton-français rappel l’évènement mais la traduction bretonne prend un sens quelque peu différent du message en français. Pour la version en français: « Le 7 août 1532 fut signé à Vannes le traité d’union du duché de Bretagne au royaume de France ». « D’ar 7 a viz eost 1532 e oa sinet e Gwened an emglev a lakaas fin da frankiz vreizh. » Traduction : le 7 août 1532 fut signé à Vannes l’accord qui mit fin à la liberté bretonne

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