Éphéméride des luttes bretonnes – Octobre

Miz Here

27 octobre 2015 : le Sénat rejette le projet de loi constitutionnelle de ratification de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires. C’est la fin d’une longue agonie politique pour un texte qui n’aura finalement aucune réalité. Les débats autour de la Charte ont par ailleurs fait émerger, autour de Françoise Morvan, Pierre Hillard et d’autres, un ultra nationalisme français républicain aujourd’hui incarné par Mélenchon ou Le Pen, qui voit dans l’Europe le cheval de Troie des régions destiné à détruire l’unité des État nations comme la France. Le chantage européen contre l’indépendance de l’Écosse survenu au moment du référendum, et la carte blanche que l’Europe a accordée à l’Espagne pour réprimer le référendum catalan et son légitime droit à l’indépendance ont d’ailleurs tout à fait confirmé ce genre de craintes.

5 octobre 2002 : Le projet Menhirland de Carnac attire une animosité grandissante des populations locales, ce projet comptait investir 15 millions d’euros pour aménager le site des alignements de Carnac avec de nouveaux parkings, cafétéria et autres outils de dépense massive d’argent. Le collectif Holl a-gevred qui lutte contre le projet doit être reçu par la mairie. Néanmoins, le comité d’accueil est représenté par des gendarmes en tenue anti-émeute, le maire ayant expliqué qu’une cérémonie de mariage empêchait finalement l’organisation de la rencontre. Les gendarmes chargent violemment à deux reprises, trois personnes sont transportées aux urgences. Le drapeau français du fronton de la mairie disparaît dans la bagarre. Au final, la rencontre n’aura jamais lieu mais le projet sera abandonné un an plus tard.

1er octobre 1999 : Alain Sollé, militant Emgann de Fougères, est arrêté au petit matin par les services anti-terroristes. Le 5 octobre Bertrand Grimault, un collaborateur du journal Breizh Info (un journal breton de gauche disparu depuis), est arrêté à son tour. Avant eux, Denez Riou, Charlie Grall, Richard Lefaucheux, avaient été incarcérés. Ils sont tous militants, membres ou sympathisants d’Emgann. Ces arrestations font suite au vol de huit tonnes d’explosifs le 28 septembre à Plévin par un commando ETA-ARB.

20 octobre 1996 : Une première manifestation réunit trois milles personnes dans le petit bourg du Carnet (44) contre le tout nouveau projet de centrale nucléaire. Le choix du Carnet fait suite à la déroute des services de l’État dans la tentative d’imposition d’une centrale nucléaire dans les années 1970 au Pellerin, en Loire Atlantique également. Néanmoins, la contestation écologiste et anti-nucléaire en Loire Atlantique ne baisse pas en intensité, de nombreuses manifestations et actions vont venir faire capoter le projet dès l’automne 1997. Le PS qui redécouvre le fait d’être dans l’opposition tente d’ailleurs de s’intégrer dans le mouvement de contestation, mais sans grand succès, le tract d’Emgann diffusé dans la manifestation rappelle d’ailleurs bien l’état du débat : « nous refusons de nous associer au Parti Socialiste français qui ose signer des appels à manifester après avoir, pendant 14 ans de pouvoir, défendu le lobby nucléaire partout où il le pouvait dans l’hexagone (…) ou en Polynésie (..). Comme à Plogoff, luttons et organisons la résistance contre l’ordre nucléaire. »

31 octobre 1989 : Le Comité de Soutien de Guingamp aux prisonniers politiques bretons organise une action de blocage en barrant la quatre voies RN12. Le comité est mobilisé pour la libération de Gilbert Cabon, incarcéré pour des activités avec l’ARB. Lors de son procès il avait demandé à pouvoir s’exprimer en breton mais le juge a refusé la nomination d’un interprète. Il arguait en effet qu’il n’y avait pas d’interprètes assermentés en breton, ce qui a conduit spontanément 60 diplômés de breton des universités de Brest et de Rennes à proposer leur service pour réaliser la traduction. Les comités de soutien réussissent également à rassembler plus de 250 signatures d’élus breton pour le droit de s’exprimer en langue bretonne devant le tribunal. Malgré leurs efforts, Gilbert Cabon n’aura pas le droit à la fierté et à la liberté de parler publiquement sa langue à son procès avant de retourner dans les prisons françaises.

15 octobre 1983 : Un attentat à l’explosif produit des dégâts matériels importants à la cité judiciaire de Rennes. Le communiqué de revendication de l’ARB termine par ces mots : « Le FLB-Armée Révolutionnaire Bretonne demeure et demeurera l’expression permanente de la revendication Bretonne tant que les droits nationaux du peuple Breton ne seront pas acquis ! Femmes et Hommes de Bretagne, rejoignez-nous pour construire la Bretagne indépendante et socialiste de demain… Bevet Breizh dieub ha sokialour ! »

12 octobre 1930 : Le Parti autonomiste breton présente le deuxième candidat à des élections de son histoire. C’est Ronan Arnot, un ouvrier mécanicien de Rennes qui est choisit pour représenter le parti. Comme la précédente candidature de Goulven Mazéas la même année, le résultat est un échec cuisant. Ronan Arnot ne réunit que 81 voix sur les 16 084 exprimées. La double déroute électorale de 1930 va précipiter et radicaliser des débats internes sur les stratégies et idéologies à porter dans le combat breton, ces tensions vont aboutir à la scission et disparition du parti en 1931.

29 octobre 1911 : La place de la mairie de Rennes accueille l’inauguration de la statue commémorant « l’union » de la France et de la Bretagne. Camille Le Mercier d’Erm, chef de file du mouvement séparatiste, et plusieurs militants nationalistes bretons n’hésitent pas à perturber les discours par des sifflets et diverses protestations. Au milieu des sifflets on entend des slogans comme: « Bretagne libre » ou « La Bretagne debout », en référence à la statue et qui représente Anne de Bretagne agenouillée devant le roi de France. La police vient mettre fin à l’action et Le Mercier d’Erm termine au poste. Il est finalement condamné à une amende de deux francs symboliques pour trouble à l’ordre public. La statue quant à elle ne vivra que jusqu’en août 1932, anniversaire des 400 ans d’annexion de la Bretagne, date à laquelle le premier attentat breton vint la réduire en cendre. L’alcôve qui accueillait la statue au centre de la marie de Rennes est depuis restée vide.

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