Éphéméride des luttes Bretonnes – Novembre

Miz Du
 
2 novembre 2013 La première grande manifestation des Bonnets Rouges réunit plus de 30 000 personnes à Quimper, une marée rouge remplie de drapeaux bretons recouvre la place de la Résistance, face à la préfecture. L’assemblée est très hétéroclite, pour beaucoup c’est une première manifestation. Au niveau des organisations, on note la présence des syndicats ouvriers en lutte comme FO avec les gens de Gad, des groupes de la CGT comme celle des marins pêcheurs en désaccord avec une direction nationale opposée à la manifestation. La FNSEA est également là et le préfet leur interdit de venir défiler en tracteur, quelques-uns serons vus sur place malgré tout. L’ensemble des mouvements bretons a fait le déplacement, seul Adsav – un groupuscule nationaliste d’extrême droite – n’affiche pas ses drapeaux. On voit sinon les bannières du Parti Breton, de l’UDB et de Breizhistance ainsi que du SLB. Avant même que la manifestation ne démarre, la préfecture et les CRS qui la protègent sont copieusement pris à partie. Les affrontements durent toute la journée et une partie de la soirée sur des barricades dans le centre de Quimper.
 
Novembre 2013 Dans le contexte d’agitation bretonne des Bonnets Rouges, une cinquantaine de radars est attaquée en quelques semaines en Bretagne, une trentaine détruite par le feu et complètement hors d’usage, une vingtaine dégradée. Dans la nuée des radars qui brûlent, un groupe nommé Argad Résistance Bretonne revendique la destruction de quatre radars dans le pays de Lorient. Le communiqué quelque peu confus réclame « la reconnaissance et le développement de la langue bretonne, le retour du Pays nantais en Bretagne, le respect du traité de 1532 et, enfin, pour l’arrêt de l’urbanisation intensive des campagnes bretonnes ». Passée la période très agitée des Bonnets Rouges, ce groupe revendiquera quelques actions en 2014 comme une attaque au cocktail molotov contre des gendarmeries ou une tentative d’incendie d’un centre des impôts.
 
12 et 13 novembre 1983 Emgann organise à Guingamp la première fête internationale des peuples en lutte, 3000 personnes se déplacent pour aller écouter Glenmor, I Muvrini dans des concerts aux sonorités internationales. La fête est aussi l’occasion de rencontrer les quinze délégations venues de différents peuples en lutte pour leur liberté comme au Pays Basques, en Guadeloupe, en Corse, en Irlande, en Écosse ou comme les peuples indiens de Bolivie. La déclaration commune des délégations s’achève sur ces idées « que seul un processus de décolonisation rendra à nos langues et cultures nationales la place qui leur revient de droit ; que seule la rupture avec le capitalisme garantira la liberté de nos peuples ; que vive la solidarité internationale des peuples et nations opprimées. »
 
29 novembre 1982 Youn Chaillou et Yannig Le Bechennec, deux militants du MIB – le mouvement d’insoumission bretonne – s’enchaînent a Maurice Birand, le député des Côtes-du-nord (aujourd’hui d’Armor). Le MIB lutte par nationalisme breton et par antimilitarisme contre l’enrôlement obligatoire des jeunes dans le service militaire. Par leur action les deux militants du MIB veulent se faire arrêter et incarcérer pendant les deux ans de leur service. Après avoir passé une heure en compagnie du député qui s’emporte en pensant être « plus représentatif de la population bretonne que ces mouvement marginaux », l’intervention de la police permet de faire sortir tout le monde dehors, et les deux enchaînés repartent sous les applaudissements d’une vingtaine de militant.e.s venu.e.s en soutien au cri d’ « insoumission bretonne ! ».
 
20 novembre 1932 : Le chef de l’État français Edouard Herriot vient à Nantes célébrer les quatre cents ans d’annexion de la Bretagne par la France. Cette cérémonie doit être une revanche sur le fiasco des célébrations de Vannes au mois d’août de la même année, dont les fêtes folkloriques avaient été complètement effacées par l’effet médiatique de l’attentat de Rennes sur le monument de l’union. Pour les fêtes de Nantes, le groupe Gwenn ha Du remet le paquet en faisant sauter la voie de chemin de fer qui conduit le chef de l’État pour Nantes, à la limite d’Ingrandes – sur la frontière entre la Bretagne et la France. Par souci d’épargner des vies humaines, le sabotage était signalé par des lanternes rouges, le train n’a donc pas déraillé et a seulement provoqué le retard de l’arrivée du train.
 
Novembre 1909 : Une délégation de députés et sénateurs emmenée par le député régionaliste républicaine Paul Guyesse va demander au ministre de l’Instruction publique M. Doumergue d’autoriser l’enseignement du breton. La réponse est simple et rapide : un refus total justifié par l’idée que l’apprentissage de la langue bretonne pourrait « favoriser les tendances séparatistes ». Sans doute avait-il raison d’une certaine façon. Comme une prophétie auto-réalisatrice, c’est sûrement l’opposition de l’État à la langue bretonne répétée décennies après décennies qui peut favoriser le séparatisme.
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