Ephéméride des luttes bretonnes / Décembre

Miz kerzu

29 et 30 décembre 2008, 6 jeunes militants du Groupe d’Intervention pour la Réunification de la Bretagne sont interpellés en flagrant délit et/ou à leur domicile après avoir recouvert la propagande Pays de Loire de coaltar et de « 44=BZH » sur 5 trains TER ainsi que l’Hôtel de région PDL. Ils sont libérés le 31 décembre sous les acclamations d’une cinquantaine de personnes venues les soutenir devant les locaux de la Brigade Départementale de Police de Nantes. Le Président de la Région PDL de l’époque Jacques Auxiette, agacé par les barbouillages fréquent de sa propagande, avait téléphoné en personne au préfet pour lui demander de traiter l’affaire avec fermeté.

16 décembre 2000, 400 personnes manifestaient à Morlaix pour la libération des prisonniers politiques bretons. En entonnant le slogan de « Chirac en prison, les Bretons à la maison », la manifestation passe devant le commissariat, le tribunal et la mairie, où un drapeau français est brûlé. Le choix de la ville de Morlaix ne tient pas au hasard, Marylise Lebranchu en est la maire, elle appartient au Parti Socialiste qui partage à ce moment le pouvoir avec la droite dans le cadre d’une cohabitation. Cinq ans plus tôt, alors que le PS était dans l’opposition, Lebranchu s’était affichée dans une manifestation de soutien aux prisonniers politiques qui avait rassemblé aussi bien en Bretagne qu’au Pays Basque ou en Corse. Mais en l’an 2000, malgré le passage de la manifestation devant ses fenêtres, la maire de Morlaix n’a pas dénié se montrer, ah quoi bon, quand on est plus dans l’opposition ?

17 décembre 1995 : La jeune région des Pays de Loire cherche à faire connaître l’identité d’une région qui n’existait pas il y a seulement une génération. Pour pallier à ce manque d’attache locale d’une région technocratique, les technocrates financent un car-forum dont le but est de faire des tournées auprès de la population pour leur vendre l’identité pays-de-loirienne. Le 17 décembre il doit se rendre à Nantes, le cœur de son voyage. Un petit détail vient perturber la fête, 900 personnes défient le mauvais temps pour venir manifester contre la présence de cette communication fumeuse dans la capitale bretonne. Par précaution, la visite du car est annulée à la dernière minute. La manifestation est menée par le CUAB (ancêtre de Bretagne Réunie) et le Front contre les Pays de la Loire. La présence de ce deuxième groupe a sûrement motivé l’acte d’annulation, il faut dire qu’il s’était fait connaître fin août en saccageant le car à La Baule.

6 décembre 1974 : Deux ans après les grandes mobilisations de la guerre du lait, de nouvelles actions viennent viser les jeunes et déjà puissantes coopératives de l’agro-alimentaire. Ces groupes qui poussent à l’industrialisation de l’agriculture bretonne attirent les colères de toute la petite paysannerie qui n’a plus que le choix de partir vers le modèle industriel, disparaître ou résister. Ce 6 décembre 1974 à Bécherelle, un commando du FLB incendie trois camions laitiers. L’importance des mobilisations paysannes de 1972 vont avoir de nombreux soubresauts pendant des années, les sabotages de ce genre sont assez réguliers en Bretagne dans la décennie 1970.

Décembre 1976 : Lutte clandestine toujours, une série d’attentats vient venger la mort de Yann Kel Kernaleguen (voir éphéméride septembre) et maintenir la mobilisation contre le projet de camp militaire à Ti Voujeret près de Chateaulin. Après des lettres ouvertes, des manifestations, des campagnes d’affichages, la création d’un comité de défense, c’est en effet les commandos des FLB-ARB qui prennent la suite de l’opposition au camp militaire. Après la mort d’un membre de ces commandos, les actions redoublent d’intensité contre le projet. Visée particulièrement, l’entreprise Lagadec qui s’occupe du terrassement en vue des constructions. Le 6 décembre à Brest et à Plougastel Daoulas, des explosions visent les chantiers de l’entreprise. Le 8 décembre à La Roche Maurice et le 11 décembre à Sizun, ce sont des barrages gérés par l’entreprise qui sont à leur tour visés. Dans les mois qui suivent, les chantiers, carrières et barrages de l’entreprise seront attaqués à de très nombreuses reprises par le groupe clandestin breton.

26 et 27 décembre 1931 : La Ligue Fédéraliste de Bretagne tient son premier congrès à Saint Malo. Le mouvement vient d’être lancé le mois précédent, tout comme son journal La Bretagne Fédérale. On retrouve dans ce groupe plusieurs militants bien connus du Parti autonomiste breton et de Breiz Atao : Morvan Marchal – le créateur du Gwenn ha Du – Ronan Rickwaert, Edmond Coarer, Arsène Gefflot, ou encore Goulven Mazéas – premier candidat à une élection pour le PAB en 1930. Par opposition au Parti national breton qui se créé également en 1931 sur les restes du PAB, la Ligue se définit à la fois comme nationaliste, pacifiste et partisane d’un fédéralisme international. Pendant le congrès, Marchal affirme la position du groupe par ces mots : « notre premier but est la reconstitution de la Bretagne dans l’intégrité de ses possibilités intellectuelles et économiques, c’est-à-dire avec ses droits et sa liberté de peuple original, donc de nationalité. Seul l’État français parce que centralisé à l’excès, impérialiste de nature, l’empêche. Nous devons donc lutter pour le fédéralisme qui procurera à la Bretagne son libre développement dans la Paix, car seul, l’union des peuples et non des états sera en mesure de nous l’assurer. »

Décembre 1925 : Le numéro 84-85 du mois de décembre-janvier de Breiz Atao donne signe d’une évolution politique certaine. De la revue lancée en 1919 par quelques régionalistes conservateurs, le journal est maintenant l’organe de l’UYV, un petit groupe nationaliste qui cherche à se développer sur le terrain politique et en matière d’idéologie. Dans ce numéro est discutée la question de l’indépendantisme catalan, que le journal analyse comme le « fils de l’oppression » que l’État central a fait subir à la région catalane sous sa tutelle. Quelques pages plus loin, Fañch Éliès, alias Abeozen, écrit un papier qui s’insurge contre la colonisation française en Indo-Chine. Debauvais de son côté, en ce qui concerne la Bretagne, annonce le lancement de la revue War Zao, une revue politique destinée aux classes paysannes et ouvrières de Trégor et de Cornouaille créée par Louis Derrien, un ouvrier de Guingamp. De son coté Mlle Le Roux, la secrétaire du groupe féminin de l’UYV, le premier groupe de femmes militantes bretonnes, publie quelques lettres de demande d’adhésion et continue sa campagne pour faire grandir le rôle des femmes dans le mouvement nationaliste. Léon Millardet, militant actif en Basse Bretagne, encourage quant à lui les troupes dans la chronique de l’UYV : « Nos exhortations d’il y a un an, notre travail depuis lors n’ont pas été vains. Nous pouvons avoir confiance. Il est clair que le mouvement ne s’arrêtera pas là. »

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