Éphéméride des luttes bretonnes – Septembre

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11 septembre 2016 : Une grande manifestation se tient à Lannion contre le projet d’extraction de sable coquillier dans la baie qui borde la ville. Le projet est porté par la CAN (compagnie armoricaine de navigation) et son impopularité est au plus fort. Quelques jours auparavant, des bateaux ont commencé à extraire le sable en pleine nuit, du fait d’un déblocage juridique tardif. En réponse, 5 000 personnes manifestent le dimanche 11 septembre dans les rues de Lannion pour demander l’arrêt du projet. Le soir même, le local du PS – le parti alors au pouvoir – est visé par un engin incendiaire qui endommage la façade du local. « Aodoù disuj enep an extraction » [côtes insoumises contre l’extraction] est tagué sur place et la presse régionale signale une revendication signée NHU. La même signature avait été retrouvée en mai de la même année contre la compagnie minière Variscan. Le lundi qui suit le week-end animé de Lannion, Ségolène Royale – alors ministre de l’environnement – diligente une inspection sur le chantier et la CAN annonce également un arrêt de l’extraction. Malgré une bataille judiciaire toujours en cours pour relancer les travaux, le chantier n’a toujours pas repris.

23 septembre 2014 : Dans la nuit, le centre des finances publiques de Questembert voit ses portes détruites par un incendie volontaire. Une inscription laisse peu de doute sur l’origine du groupe, l’ARB, un groupe récent qui ne renvoie plus à l’Armée révolutionnaire bretonne mais à Argad résistance bretonne. Le groupe s’est déjà fait connaître pour des destructions de radars ou des attaques de bâtiments publics. Un tract de revendication émanant du groupe est d’ailleurs retrouvé sur place.

26 septembre 1992 : Le groupe Fulor organise une soirée concerts à Carnac contre la bétonisation liée au tout-tourisme. Dans le tract lié à l’évènement il est expliqué : « Cette politique du bétonnage et du tourisme « avant tout » nous promet comme avenir : des boulots de larbins deux mois par an, des boulots précaires toute l’année, un exode des jeunes qui ira en s’amplifiant, des paysages défigurés, une identité bafouée, une répression accrue contre tous ceux qui voudront résister à cet état de fait. » Les militant.e.s de Dispac’h ne peuvent que confirmer.

27 septembre 1991 : L’APEEB (association de parents d’élèves pour l’enseignement du breton) réalise une action d’occupation du rectorat de Nantes. Cette association, devenue par la suite Div Yezh, est toujours contrainte de réaliser des actions du genre pour tenter d’obtenir un enseignement de la langue bretonne dans les écoles publiques. Cette action fait suite à un travail de fond réalisé par l’association, qui demande la création de 4 postes en Loire Atlantique, où 500 élèves pourraient être intéressés par un enseignement brittophone. Dans l’année 1991, le président de cette association a tenté une grève de la faim pour se faire entendre, puis faute de succès, l’occupation du rectorat est lancée. Comme souvent, la fin de cette action illustre la réponse de l’État : la répression. L’action se termine en effet par une évacuation par les forces de l’ordre.

27 & 28 septembre 1975 : Une assemblée de fondation commence à structurer un nouveau groupe politique breton, le FASAB : front autonomiste socialiste autogestionnaire breton. Le groupe vient d’ajouter le terme d’autonomiste dans son nom, seul mot qui n’était pas présent dans le titre du groupe lors de son lancement le 8 juin 1974. Dans son premier bulletin intérieur, il est expliqué que l’idée d’autonomie est privilégiée car l’idée d’indépendance est associée au nationalisme de droite. Ils défendent l’idée selon laquelle l’autonomie et le socialisme autogestionnaire se rejoignent : « tous deux se réfèrent à la même nécessité d’accorder à chaque communauté, politique ou économique le libre choix de son destin et la libre gestion de ses affaires. Tous deux se réfèrent à un même refus des dirigismes, des centralisations politique et des concentrations économiques. »

3 septembre 1933 : Une grande animation politique s’empare du bourg de Saint Goazec : l’Action Française y tient une grande réunion et différents mouvements politiques comptent bien l’en empêcher. Une contre-manifestation socialiste et communiste est annoncée et le jeune PNB qui publie le fameux journal Breiz Atao est également sur place. Après avoir diffusé des tracts hostiles à l’AF, la quinzaine de militants nationalistes présents pénètrent sur le site de la réunion. Une altercation commence rapidement et François Debauvais, l’un des chefs de file du mouvement, est blessé à la tête par des coups de matraques assénés par les Camelots du roi (service d’ordre de l’organisation royaliste). À la suite de cette altercation, les nationaliste rejoignent le cortège socialo-communiste qui fonce sur le lieu du rassemblement de l’AF. Deux barrages de police sont forcés avant que la manifestation ne soit bloquée par un car renversé sur la route pour empêcher tout passage.

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