Non au projet d’hôtel de luxe à St Malo !

Vidéo de l’action St Malo dimanche 19/08: non au bétonnage de la côte, non au projet d’hôtel 5* Raulic !

Le tout-tourisme et la spéculation immobilière vont bon train sur les côtes bretonnes créant ainsi une mono-activité saisonnière et la mort des villes et villages littoraux. Dimanche 22 juillet non dénoncions le taux ahurissant de résidences secondaires  en plantant des croix sur la plage de Carnac. La spéculation immobilière étant la conséquence du nombre important de seconds logements, le tout-tourisme en est la cause. Une autre conséquence de cette mono-activité est le bétonnage des côtes pour créer des infrastructures dédiées aux seuls touristes ! Dans un contexte où le gouvernement songe à modifier la loi littoral pour laisser place à un développement capitaliste plus important et non respectueux de l’environnement, il est important de se mobiliser ! C’est ce que nous avons fais dimanche 19 août.

A Saint Malo un projet complètement hallucinant est en cours entre la Mairie et la société Raulic. L’objectif ? Construire un hôtel SPA 5* en bord de mer en lieu et place d’un ancien camping municipal ! On parle donc d’un terrain public vendu à une société privée qui va y déverser des milliers de tonnes de béton directement en bord de mer pour y faire des profits. Cerise sur le gâteau, le terrain est vendu à la moitié du prix du marché… Bref, tout bénef ! C’est inacceptable !

Ce projet est en tous points scandaleux. Du conflit d’intérêts entre le Maire qui a bénéficié de l’aide du groupe Raulic durant sa campagne jusqu’au fait de chasser les classes populaires fréquentant les campings municipaux du bord de mer pour y privilégier les classes les plus aisées. On bétonne, on gentrifie, et on conforte le tout tourisme avec l’argent publique.

La seule façon de faire reculer ce type de projet est la mobilisation. Nous avons donc érigé une barricade devant l’ancien camping et déployé des banderoles sur la falaise pour protester contre le projet. Nous déclarons le site des Nielles Zone à Défendre ! Nous continuerons à nous mobiliser contre ce projet au côté des malouin.e.s et de l’association historique opposée au projet (Autour des Nielles).

Affaire à suivre !

Que la Bretagne entière devienne une Zone A Défendre !

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Ephéméride des luttes bretonnes / Août

Miz Eost

Août 2001, 150 personnes manifestent à Lorient pendant le Festival Interceltique sous l’impulsion de la CARB (Coordination Anti Répressive de Bretagne) pour la libération des sept prisonniers politiques bretons encore incarcérés.

Août 1999, Festival Interceltique toujours. Le 14 août, Emgann organise une manifestation pour la langue bretonne durant le festival qui se déroule sans incident. Quatre jours auparavant, le stand de l’UDB avait été incendié par quatre hommes cagoulés en pleine soirée. N’y voyant que du feu, le Parti Socialiste a si tôt fait d’insinuer qu’Emgann est responsable de cette action. Au final, le 18 août, 6 militants du POBL (Parti pour l’Organisation d’une Bretagne Libre), parti indépendantiste de droite, sont mis en examen : quatre reconnaissent les faits, deux autres bénéficient d’un non lieu. Les militants du POBL mis en examen demandent donc le soutien de Skoazell Vreizh, qui refuse immédiatement en expliquant que l’association prend en charge la défense des actions de résistance à l’État français, et non pas de résistance à… l’UDB.

4 août 1984, Patrig Gardin, militant indépendantiste rennais de 23 ans, est grièvement blessé lors de la pose d’un engin explosif sur le transformateur EDF d’Arzon (56). EDF était alors la cible de nombreux attentats en Bretagne du fait de sa volonté de construire une centrale nucléaire au Carnet (44). Transféré à l’hôpital de Vannes alors qu’il est gravement brûlé, presque sourd et blessé aux yeux, la police vient tout naturellement l’interroger à la place des médecins. Le 8 août Patrig Gardin est inculpé, sa mère transmet donc au tribunal le nom de l’avocat qui doit le défendre, mais le juge refuse car il demande un courrier signé de la main de l’inculpé… qui ne peut pas écrire du fait de ses blessures. Au final le tribunal convoque un avocat commis d’office, en lieu et place de l’avocat mandaté par les réseaux de soutien anti-répressifs bretons. Et le dossier ne s’arrête pas là car dans la foulée de nouvelles arrestations se produisent dans les milieux de la gauche indépendantiste, à Quimper, Lannion et Plogonnec.

Août 1983, parution du N°0 de Emgann «Journal du mouvement de libération nationale du peuple breton pour le socialisme autogestionnaire ». En 1991 le nom du journal devient Combat Breton, alors qu’Emgann reste le nom du parti politique de la gauche indépendantiste. Le premier texte du journal explique « Nous sommes les seuls qui posons en Bretagne, clairement et sans détour, deux questions fondamentales et liées : la question sociale et la question nationale. Parce que le Socialisme n’existera pas en Bretagne sans la reconnaissance de l’existence du Peuple Breton, de ses droits légitimes à devenir adulte et à se doter des structures nationales qui lui permettront de s’autogérer. (…) Pour nous le Peuple Breton doit pouvoir se gérer lui-même au plus vite et à tous les niveaux sous peine d’être dirigé passivement par des gouvernants français qui, conduisent une politique contraire à ses intérêts, le menant à terme à sa disparition. »

Août 1975 : prise d’assaut à Aleria en Corse d’une cave viticole par des militants nationalistes, dont Edmond Simeoni, le père de l’actuel dirigeant nationaliste Gilles Simeoni. Gendarmes mobiles, CRS, hélicoptères et véhicules blindés sont envoyés pour réprimer cette prise d’armes. Après la retraite d’une partie du commando et la reddition d’une autre partie, des émeutes secouent la ville de Bastia, la cave viticole libérée finit par être incendiée par des militants nationalistes. Quelques mois plus tard, une « nuit bleue » marque la naissance du FLNC.

Août 1932, l’État français est en pleine célébration des « 400 ans d’union de la Bretagne et de la France », alors que les mouvements bretons se structurent et s’organisent bruyamment depuis plusieurs années. Sur la place de la marie de Rennes, la statue qui représentait l’union des deux pays est dynamitée dans la nuit du 7 août par le nouveau groupe clandestin Gwenn ha Du. Ce dernier innove par des pratiques de revendications modernes pour des actions de dynamitage, via un communiqué et une conférence de presse. Le lendemain de l’attentat, alors que le chef d’État français est à Vannes pour les célébrations officielles, une grande rafle vient conduire en garde à vue de plusieurs militants bretons. La contre manifestation vannetaise qui devait répondre aux cérémonies officielles n’aura finalement pas lieu, mais l’attentat de Rennes s’étale sur toutes les unes des journaux, volant la vedette aux banquets et autres défilés folkloriques organisés pour l’occasion à Vannes par le pouvoir.

Août 1928, le second congrès du Parti Autonomiste Breton se déroule à Chateaulin. Depuis quelques mois la génération de Breiz Atao avait fait évolué sa première structure UYV (Unvaniez Yaounakiz Vreiz) en un parti politique moderne. C’est la première fois que le terme d’autonomiste est utilisé pour qualifier une structure militante bretonne. L’apparition de ce concept est à la fois liée aux mobilisations autonomistes alsaciennes qui ont beaucoup fait parler d’elles dans les années 1920, et à la tentative de convergence entre tous les éléments non régionalistes des mouvements bretons, nationalistes, fédéralistes, de gauche et de droite, mais tous partisans d’une action revendiquant l’existence d’une nation bretonne et de son droit à l’autonomie. La déclaration de Chateaulin qui émane de ce congrès se termine sur ces mots « A la France de dire si elle est disposée à donner satisfaction à nos aspirations légitimes, ou si elle fait litière des principes de liberté qu’elle-même a contribué à répandre dans le monde. A la France de dire si nous avons raison en faisant confiance à ses forces de renouvellement, ou si nous ne pouvons demeurer Bretons qu’en cessant d’être citoyen français. ». Trois ans plus tard le parti explose du fait de ses divisions internes et de la volonté d’une partie de ses membres de radicaliser leurs idées et leurs actions. Dans la plus jeune génération militante particulièrement, beaucoup se mettent alors à considérer qu’en effet, ils « ne peuvent demeurer Bretons qu’en cessant d’être citoyen français. »

7 août 1532, à Vannes est signée par les États de Bretagne sous pression politique et militaire l’annexion officielle de la Bretagne à la France. Près des remparts de Vannes, une plaque commémorative bilingue breton-français rappel l’évènement mais la traduction bretonne prend un sens quelque peu différent du message en français. Pour la version en français: « Le 7 août 1532 fut signé à Vannes le traité d’union du duché de Bretagne au royaume de France ». « D’ar 7 a viz eost 1532 e oa sinet e Gwened an emglev a lakaas fin da frankiz vreizh. » Traduction : le 7 août 1532 fut signé à Vannes l’accord qui mit fin à la liberté bretonne

Action à Carnac / Oberenn Dispac’h e Karnag

Nous nous sommes rendu à Carnac, dimanche 22 juillet, pour dénoncer la spéculation immobilière sur le littoral breton dont les résidences secondaires et la mono-activité touristique sont la cause principale.

Aujourd’hui les jeunes, les travailleuses et travailleurs, les personnes les plus précaires, ne peuvent accéder facilement aux logements sur la côte du fait de cette spéculation.

Après avoir collé des centaines d’affiches sur les volets fermés au cours du printemps, ils se sont maintenant ouverts et nous amenons notre revendication une fois de plus sur le terrain.

Nous avons planté 80 croix sur la grande plage de Carnac symbolisant ainsi la mort des communes littorales durant la basse saison. Nous avons pu échanger avec des propriétaires de résidences secondaires ou tout simplement des touristes qui dans l’ensemble comprenaient nos revendications. L’accueil a été bon !

Pour rappel, 14% des logements bretons sont des habitats secondaires. A Carnac ce pourcentage monte à 73% avec plus de 6 000 logements vides les trois quarts de l’année ! Le choix du lieu de l’action n’est donc pas anodin. Le maire de Carnac s’était aussi exprimé sur le taux hautement indécent de résidences secondaires dans sa commune. Avouant que cette problématique lui revenait souvent aux oreilles de la part de ses administré.e.s. Visiblement celui-ci tend la sourde oreille aux quelques rares habitant.e.s permanents de sa commune… puisque rien n’est fait pour inverser la situation !

C’est pour cela que nous étions à Carnac dimanche, c’est pour alerter que partout en Bretagne, des Moutiers en Retz jusqu’à Ouessant, le tout tourisme et la spéculation qui en découle ne permettent pas un développement harmonieux et durable du territoire. Que la jeunesse ne veut plus se faire exclure du littoral à la basse saison et servir uniquement de main d’oeuvre à bas coup et docile car précaire !

Breizh n’eo ket da werzhañ !
La Bretagne n’est pas à vendre !

Éphéméride des luttes bretonnes / Juillet

Miz gouere

25 juillet 1983 la station RBO – actuellement Radio Breizh Izel- est envahie par des militant.e.s d’Emgann pour réclamer la création d’une radio bretonne autonome sur les cinq départements bretons. Lancé un an plus tôt, le mouvement Emgann avait été créé par des militant.e.s des groupes anti-répressifs bretons soutenant les inculpés du FLB, d’anciens prisonniers politiques ou militant.e.s des groupes clandestins bretons. La naissance de ce mouvement, et la longévité qui va suivre, marque la naissance d’une gauche révolutionnaire bretonne indépendantiste structurée sur la durée. Avant cela, le phénomène particulier de la lutte clandestine avait déjà largement contribué à former le cadre politique et intellectuel de ce mouvement. Signe d’une continuité, le slogan de l’Armée Révolutionnaire Bretonne a été repris par Emgann puis par les groupes de gauche indépendantiste qui lui ont succédé : Bevet Breizh Dieub ha Sokialour.

25 juillet 1976, pendant les fêtes de Cornouaille à Quimper, un attentat du FLB détruit en plein jour l’immeuble en construction de la Banque Nationale de Paris. Quelques années plus tard, l’auteur de l’attentat commente l’évènement dans le livre « Bretagne 79, des années de poudre » sous le pseudonyme de Marie Pierre Bonnet. « Cet attentat, aux yeux de milliers de personnes, au nez et à la barbe de la police, reste encore dans bien des mémoires. Le moment, la maîtrise technique et un culot certain démontrent qu’en Bretagne des hommes osent se donner les moyens de contester l’ordre établi. Ils ne peuvent se satisfaire d’un folklore, aussi riche soit-il, à destination unique des touristes. Pour eux, la langue, la culture, l’identité collective n’ont de sens que si elles contribuent à sceller harmonieusement les pierres angulaires d’une nation en lutte vers son indépendance. »

14 juillet 1975, pour célébrer la « fête nationale », le FLB dynamite la statue à l’entrée du camp de l’école militaire Saint Cyr Coetquidan en forêt de Brocéliande.

29-30 juillet 1970, des commandos paysans passent à l’action directe contre les « cumulards » dans la région de Saint Dolay (Morbihan) en fauchant les champs de maïs de grands propriétaires qui spéculent sur les terres agricoles. L’action est revendiquée au nom des ‘Coupeurs’, et ces derniers affirment « Tu as le fric, tu as la loi, tu as ton fusil… La police va courir après les coupeurs de maïs et les condamner si elle peut. (…) Mais nous avons la fermeté de la vraie justice, aussi les meilleurs choses ont une fin. (..) Ainsi demain, la vallée de la Vilaine et la Bretagne ne seront pas le paradis des P.D.G. en vacances, admirant les quelques paysans parqués ayant chapeau bas et tête baissée devant les nouveaux seigneurs. »
La chanson « Paysans en lutte debout » rend hommage à ces actions :

14 juillet 1929, dans le journal Breiz Atao du Parti autonomiste breton, Meavenn continue de concevoir et d’organiser un mouvement féministe breton, ses idées placent les femmes au premier plan de la libération bretonne et appellent à leur auto-organisation en tant que femmes. « Les Merc’hed Breiz sont venues nombreuses au congrès de Châteaulin et, de là-bas, elles sont reparties sans aucun doute plus ardentes à la lutte. Mais rien n’y fut fait par elles et pour elles seules, car, en ce temps-là, le Groupe féminin existait…sur le papier. (…) Cela ne pouvait durer. C’était nous condamner d’avance, car ne pas grandir, c’est mourir, et, encore une fois, il faut que la femme bretonne sauve la Bretagne. »

7 juillet 1929, le journal Breiz Atao termine son édition par des témoignages de Bretons victimes de « gaz asphyxiant » pendant la guerre de 14-18. Entre autres mises en causes, les fameux gaz lacrymogènes que nous connaissons bien. Utilisés à quelques reprise avant la guerre, c’est surtout au front à partir de 1914 que leur emploi se répand. Après controverse entre les pays belligérants sur les armes chimiques, les grenades lacrymogènes sont depuis longtemps interdites par des conventions internationales lors des conflits armés. Interdites contre des militaires, les grenades lacrymogènes sont néanmoins massivement utilisées en France contre des civils pour le maintien de l’ordre. Nantes, Rennes, Notre Dame des Landes, les populations bretonnes sont d’ailleurs aujourd’hui une cible d’écoulement privilégiée de ces armes chimiques.

Juillet 1914 : publication du 19ème et dernier numéro de Brug, le journal anarchiste en langue bretonne créé par Emile Masson. Lancé en janvier 1913, la déclaration de guerre qui précipite l’Europe dans la Première guerre mondiale vient mettre fin à l’initiative. Certains contributeurs du journal sont en fuite à l’étranger et désertent la mobilisation générale comme Louis N. Le Roux, d’autres comme Jo Le Bras, instituteur socialiste breton, meurent sur le front dans les années qui suivent. Masson lui dédit un ouvrage dans lequel on peut lire « ‘Evit Breiz’ disait-il sans cesse : pour la Bretagne, et c’est pour la Bretagne qu’il a donné sa vie, tout en rêvant de soulager la misère et l’ignorance des siens ; de retourner parmi eux enseigner les choses nécessaires : l’union qui fait la force, la coopération, l’entraide des travailleurs, afin qu’ils sachent désormais faire leur vie plus douce et plus belle, et qu’ils rendent à leur langue antique et magnifique son antique et magnifique prestige ».

Juillet 1912, dans la foulée du premier manifeste indépendantiste breton, le nouveau Parti nationaliste breton lance son journal Breiz Dishual, Bretagne libre. Sur la première page on peut lire une charge contre le régionalisme désuet et pour le passage à l’action bretonne indépendante de la France et de ses serviteurs : « Malgré le dévouement et l’activité de ses militants, le mouvement breton qui, sous l’étiquette régionaliste, travaille depuis bientôt quinze ans à l’instauration d’un nouvel état de choses, moins oppressif pour notre pays ; ce mouvement semble n’avoir obtenu dans l’ensemble que de très médiocres résultats. Quand on compare l’action des régionalistes bretons à celle des nationalistes irlandais, quand on considère le succès qui couronne les efforts de ceux-ci et l’avortement qui paraît menacer les entreprises de ceux-là, on est obligé de reconnaître que la meilleure méthode n’est point du côté des Bretons. »

Éphéméride des luttes bretonnes / Juin

Éphéméride des luttes bretonnes du mois de juin, quelques exemples et évènements dans l’histoire du militantisme breton.

Juin miz Even

2 et 3 juin 2001 se déroule la troisième marche pour l’indépendance organisée par Emgann. Au départ de Morlaix puis en passant par Saint Thégonnec et Landivisiau, l’arrivée se déroule à Brest sous une bonne escorte policière qui reçoit quelques invectives au passage. Pour accompagner la marche sont organisés débats, meeting et concerts. La centaine de participant.e.s était accompagnée de délégations basque, jurassienne et occitane. A la même période, Arno Vannier incarcéré à la prison de la Santé dans le cadre des activités de l’ARB reçoit le journal de la nouvelle formation néo-fasciste « bretonne » Adsav. Il répond tranquillement dans Combat Breton, le journal de la gauche indépendantiste, tout le bien qu’il pense du groupe en question : « Une bonne place pour Adsav : la poubelle ! ».

13 juin 2000 à 5h45 du matin, des policiers du SRPJ de Rennes et de la DNAT (services antiterroristes) viennent interpeller des militant.e.s d’Emgann à la suite de l’attentat au McDo de Quévert qui a fait une victime innocente. Les arrestations avec force et fracas se déroulent sur les cinq départements bretons à Saint-Nazaire, Fougères, Rennes, Nantes, Quimperlé. Portes brisées au petit matin et familles terrorisées par des policiers, en grand nombre et lourdement armés, accompagnent le début de procédures judiciaires qui aboutiront finalement, après de nombreuses années d’emprisonnement sans procès, à un jugement qui innocente tous les accusés pour l’attentat en question.

28 juin 1996, départ d’une marche de solidarité bretonne avec le Pays Basque. La marche réclame le droit d’asile pour les militant.e.s basques victimes de la répression espagnole dont certain.e.s viennent trouver refuge en Bretagne. Partie de Saint Thois, la marche rassemblant une soixantaine de personnes est ensuite passée par Spézet, Carhaix, puis Saint Séglien et jusqu’à Pontivy.

Dans la nuit du 7 au 8 juin 1993 l’ARB tire six coups de feu sur la gendarmerie de Saint Aubin Du Cormier. Le communiqué de revendication explique « Contre les agressions répétées de la part des forces de l’ordre ou assimilées à l’égard des militants bretons, nous répondrons. »

29 juin 1991, 2000 personnes manifestent à Quimper pour soutenir les écoles Diwan. L’accès à la rive droite de Quimper où se trouve la Préfecture est interdite d’accès par des policiers en grand nombre. Des manifestant.e.s tentent de forcer le passage mais se font refouler à coup de lacrymogènes. L’épisode est assez anodin mais il suffit à faire crier aux loups les décideurs qui n’aiment pas la spontanéité des manifestations. La direction de Diwan s’insurge et se désolidarise des « huluberlus » qui voulaient faire un sit-in devant la Préfecture, le Préfet quant à lui hurle sur le déchaînement de violence qui a conduit six policiers à être « [très très très] légèrement blessés».

Dans la nuit du 2 au 3 juin 1985, Christian Le Bihan, militant de l’ARB, meurt en déposant une bombe devant le Palais de justice de Guingamp. La même nuit une bombe explose également à la permanence du député maire de Guingamp et à l’antenne locale de l’ANPE. Cette nuit d’action était liée aux fermetures d’usines et aux licenciements sur le territoire (AOIP, Alcatel, etc). Pour « identifier » la victime, la presse régionale affiche une photo macabre avec les restes difficilement identifiables du visage de ce jeune homme de 28 ans et entame par la suite une campagne calomnieuse en l’assimilant à un militant néo-nazi.

Juin 1976, le journal PDG – Poing Dans la Gueule – du groupe anarcho-indépendantiste Stourm Breizh, questionne les rapports entre les groupes de gauche révolutionnaire en Bretagne à une époque d’émulation intellectuelle et politique forte sur ces thématiques. Le groupe conclut qu’il entend participer à « toute initiative en Bretagne ayant des buts clairs et visant à l’émancipation politique et sociale du Peuple Breton. Cette attitude exclut d’avance tout sectarisme mais également toute complaisance (PAS D’UNION SACRÉE !) et tout isolationnisme… A ce sujet, la tâche qui attend les révolutionnaires bretons n’est pas essentiellement différente de celle des révolutionnaires irlandais ou palestiniens… Dans des circonstances historiques différentes, ils ont à faire face au même adversaire : L’IMPÉRIALISME (français, anglais, américano-sioniste) ».

30 juin 1941, parution du décret séparant la Loire Atlantique de la Bretagne dans le cadre des nouvelles régions mises en place par le régime de Vichy. Après la guerre, la République reprendra ce découpage hérité du régime de Pétain, tout comme elle reprendra à son compte d’autres innovations avant-gardistes de l’époque collaborationniste comme la carte d’identité obligatoire ou la police nationale.

18 juin 1939 : trois nationalistes bretons détruisent la statue de cire de Bécassine au musée Grévin à Paris, alors que Pierre Caron est à ce moment en train de préparer la première adaptation au cinéma de la bonniche bretonne muette. Quelques mois avant, le tournage du film quitte la campagne trégoroise en catastrophe après plusieurs attaques de paysan.ne.s qui interrompent le tournage et cassent les caméras. En 2018 une nouvelle adaptation de Bécassine arrive sur les écrans et Dispac’h organise en réponse une campagne de boycott actif. Une fois encore, le tournage devait se dérouler en Bretagne, mais le propriétaire du château censé accueillir le film a mis dehors toute l’équipe en apprenant que le sujet traité était Bécassine.

7 juin 1675, début du soulèvement des Bonnets Rouges en Basse Bretagne, notamment à Douarnenez, Chateaulin, Briec, Rosporden. Au même moment à Nantes, les troupes royales de répression qui stationnent en ville suscitent de nouvelles colères du peuple. La mobilisation permet de faire évacuer la troupe, et la population va jusqu’à prendre en otage l’évêque de la ville pour l’échanger contre la libération d’une des émeutières du mois de mai durant lequel les nantaises étaient à la pointe de la révolte.

#BoycottBécassine Rassemblements à Brest et Rennes

Pegsun Bécassine23

Suite à l’annonce de la sortie du film Bécassine ! du réalisateur Bruno Podalydès, une série d’avant-premières sont programmées en Bretagne.

Comme nous l’avions expliqué dans notre dernier communiqué, le personnage de Bécassine représente toujours aujourd’hui un symbole qui  véhicule  un message dégradant, insultant et méprisant envers les femmes de Bretagne et le peuple breton. Par respect envers nos grands-mères et notre histoire nous réagissons.

Non que nous n’ayons pas d’humour, notre droit est aussi de s’opposer à ce que nous percevons comme une moquerie tant le drame que porte le personnage de Bécassine (l’émigration de milliers de bretonnes et bretons prolétaires vers la servitude) est occulté systématiquement. Comment peut-on en 2018 se servir de figures qui représentent l’esprit colonialiste, impérialiste et de prédominance d’une élite bourgeoise pour en faire de l’humour sans aucune critique sociale ?

Afin de rappeler à l’équipe du film qu’il est délicat de jouer avec certains symboles, et afin d’appeler les bretonnes et bretons à boycotter le film, nous appelons à deux rassemblements lors d’avant-premières :

  • A Brest : le vendredi 1er juin à 19h devant le multiplex Liberté.

Le rassemblement sera suivi d’une projection débat sur le film de Thierry Compain « Nous n’étions pas des Bécassines », documentaire témoignage de femmes bretonnes ayant émigrés à Paris pour devenir les bonnes à tout faire d’une certaine bourgeoisie. 21h / Gratuit, salle l’Avenir, place Guérin, Brest.

Brest

  • A Rennes : le mardi 5 juin à 19h30 devant le Gaumont.

Le rassemblement sera également suivi d’une projection débat sur le film « Nous n’étions pas des Bécassines » cette fois ci en présence du réalisateur Thierry Compain. 21h / Gratuit / Café librairie le Papier Timbré, Rennes.

Roazhon

Bécassine, appel à boycott !

Le 20 juin 2018 sortira sur les écrans Bécassine !, une pseudo comédie française potache et soi-disant populaire, qui dès ses premières images en dit long sur l’insulte en terme d’identité et de mémoire qu’il adresse aux femmes et au peuple breton.

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Reprendre un symbole comme Bécassine n’est pas un choix anodin ou innocent

Ce personnage qui date de 1905 a été inventé dans les journaux de la bourgeoisie parisienne qui aime se moquer des individus qu’elle exploite et opprime à longueur de journée. Nous sommes alors à la grande époque de la colonisation, de la francisation forcée – Bécassine originelle n’a pas de bouche car elle ne parle que breton. C’est aussi l’époque des zoos humains dans Paris, des théories de hiérarchie des races, de l’oppression des femmes légale et institutionnalisée, de la stigmatisation de la Bretagne comme pays arriéré vivant en marge de la civilisation.

Déni de notre histoire migratoire

Au XIXe et au XXe siècles c’est par milliers que des Bretonnes et des Bretons quittent leur pays et leurs campagnes pour partir à la ville, en France, aux États Unis ou ailleurs. Paris reste de toutes ces destinations la plus symbolique car la plus traumatique. Pour fuir une misère rurale, nos ancêtres partaient alimenter une misère urbaine tout aussi détestable. Finir au bordel, à l’usine, sur les chantiers ou au service de la bourgeoisie, voila quel était le destin de milliers de Bécassine de l’époque. Une fois sur place elles pouvaient continuer à vivre pleinement la stigmatisation linguistique, le racisme anti Breton-ne-s, les oppressions sexistes, en plus de toutes les difficultés habituelles du prolétariat urbain.

L’immigration bretonne n’avait rien de la naïveté joyeuse qu’expose le film Bécassine. En plus du mensonge historique, ce film est une insulte à la mémoire de notre peuple, une insulte à toutes les femmes de Bretagne et à toutes les femmes qui connaissent ou ont connu l’immigration.

Pas d’insulte plus grande pour les Bretonnes

Opprimées parce que femmes, stigmatisées parce que Bretonnes, exploitées parce que prolétaires, voilà la seule réalité qui s’applique à Bécassine. Si vous voulez montrer Bécassine à l’écran laissez la parler, montrez ses souffrances et ses révoltes. Si vous voulez montrer ses idioties, maladresses et naïveté, nous allons vous montrer que les petits enfants de Bécassine n’ont plus peur d’exprimer des révoltes restées trop longtemps muettes.

Par ailleurs, sortir de ce film au début de l’été en saison touristique ne tient pas du hasard. Faire du fric en vendant une image dégradante de la Bretagne aux flux massifs de touristes qui affluent sur nos côtes, voila un projet que nous ne pourrons laisser passer sans réagir.

Nous appelons l’ensemble des Bretonnes et des Bretons ainsi que l’ensemble des cinémas de Bretagne à boycotter le film de Bécassine !

 Pour les salles récalcitrantes* qui voudraient tout de même le diffuser, nous annonçons une campagne de boycott actif qui ne prendra fin qu’avec la déprogrammation de Bécassine !. Ce film insultant ne pourra passer en Bretagne sans en payer le prix et nous ferons en sorte qu’il soit le plus élevé possible.

Nous sommes de celles qui s’organisent, nous ne repasserons plus jamais vos chemises !

*Ce communiqué a été envoyé à l’ensemble des cinémas des 5 départements bretons.