Sauvons le climat, pas la France ! Non au service national universel !

SNU 'mo ket

[e brezhoneg dindan]

Le retour du service militaire sous sa nouvelle forme, le SNU (Service National Universel), est une très mauvaise nouvelle pour tous et toutes.

Alors que les inscriptions pour la deuxième session test viennent de se lancer, on compte au moins 3 centres en Bretagne à Guérande, Nantes et Vannes, soyons clair sur ce qu’est le SNU.

Le service militaire est suspendu en 1997 par Jacques Chirac et remplacé par la JAPD (journée d’appel de préparation à la défense), beaucoup plus légère que le service, mais toujours l’occasion d’exalter le militarisme, l’amour de la patrie et la force nucléaire française. Le SNU marque un retour en arrière inquiétant avec l’utilisation de symboles plus que détestables (uniformes, salut du drapeau, marseillaise, discipline, soumission…etc), bref tous ce qui fait la fierté des militaristes et nationalistes français. Rappelons qu’au cours de l’histoire, lorsque le service militaire a été rallongé, c’était dans l’objectif de se préparer à une guerre imminente (1ere et 2nde  guerres mondiales, guerre d’Algérie).

Pour nous il s’agit d’une opération d’embrigadement pur et simple. Particulièrement en Bretagne le SNU est un moyen de mettre plus de bleu blanc rouge dans la tête de la jeunesse qui pourrait être tentée par la voie de l’indépendance comme on le voit un peu partout en Europe aujourd’hui, une manière de coloniser les esprits qui pourraient avoir soif de liberté. C’est une tentative de soumettre la jeunesse à l’Etat nation en glorifiant des symboles qui représentent l’impérialisme et le passé colonial français. Ce n’est pas une surprise en soi tant ce sont des piliers du régime macroniste. On le voit encore dans la loi « école de la confiance » qui oblige la présence d’un drapeau français et les paroles de la marseillaise dans chaque salle de classe de chaque école.

Il est également aberrant qu’il y ait de l’argent magique (5 milliards d’€) pour envoyer des jeunes faire les marioles sous les drapeaux alors qu’il n’y en a apparemment pas pour les services publics, tant les hôpitaux que les écoles de campagnes.

Et le pire dans tout ça c’est que le nouveau service militaire a reçu le soutien d’associations de soi-disant éducation populaire comme la Ligue de l’enseignement ou Animafac, qui pensent pouvoir par ce biais bénéficier de jeunes dociles prêts à être exploités en service civique pour trois fois moins que le SMIC.

Pourquoi le SNU ?

Parce que la société traverse une crise qui dépasse l’Etat français. Parce que le système capitaliste et ses sbires prennent conscience de la défiance grandissante de la jeunesse envers eux face aux enjeux climatiques, environnementaux et sociaux d’aujourd’hui et de demain. Ce qui est au combien plus important que leurs intérêts de classe vous en conviendrez. Comment ne pas mettre en parallèle ces images de jeunes au garde à vous et en uniformes chantant un hymne raciste avec celles de la répression du mouvement lycéens, ces jeunes mis à genou les mains sur la tête par les flics à Mantes-la-jolie, ou tous ces lycéen-ne-s éborgné-e-s et matraqué-e-s dans le manifestations sans que personne ne s’en émeuve. Mettre la jeunesse en ordre de marche sous les couleurs de la France est une vieille recette de ceux qui nous dirigent pour soutenir l’Etat nation et son modèle capitaliste. Cela ne doit plus fonctionner !

Si le SNU est en phase de test et qu’il est pour le moment basé sur le volontariat, sa généralisation est prévue pour les prochaines années, nous appelons donc la jeunesse bretonne à rester vigilante et à préparer l’opposition au SNU dès maintenant. Mobilisation, blocage, sabotage, voilà la réponse qu’il faut envoyer à ceux qui veulent nous soumettre.

Non à la militarisation de la jeunesse, à bas l’Etat français, le capitalisme et son monde !

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Savetomp an hin, bro c’hall kae da sutal! Nann d’ar servij Broadel Hollvedel!

Distro ur seurt koñje soudard nevez (SNU) a zo un dra fall evit an holl.

En em enskrivañ e c’hall bezañ graet bremañ evit an eil dro hag a zo dija tri lec’h evit ober e goñje e Breizh ( Gwennran, Naoned ha Gwened). Bezomp sklaer ha lavaromp petra eo an SNU.

An amzer servij a zo bet dilaosket gant Chirac e 1997 hag evit kemer e blas a zo bet krouet ar JAPD. Kalz skañvoc’h e oa met e oa memestra un devezh evit uhelvrudañ arme c’hall, e fouge broadelour hag e armoù nukleel. An SNU a zo ur gwir giladenn a implij arouezioù kasaus (evel an unwisk, enoriñ an tri liv, ar marseillaise, ar genurzh strizh hag ar sujidigezh..) benn ar fin fouge soudarded a vicher ha broadelourien c’hall. E istor bro Frañs a zo bet hiraet ar c’hoñje nemet pa oa brezelioù o tont evit en em brientiñ.

Evidomp ni eo sklaer an SNU a zo bet savet nemet evit brigadenniñ ar yaouankiz. Dreist holl e Breizh an SNU a vo ur moein da blantañ menozhioù glas gwenn ha ruz e-barzh pennoù ar re yaouank peogwir eo ar sonjoù dizalc’hour a c’hallfe bezañ kreñvoc’h kreñvañ er bloavezhioù o tont evel pezh a c’hoarvezh bremañ e-barzh meur a vro e Europa. Un doare da drevadenniñ spered an dud o defe c’hoant kaout muioc’h a frankiz. Klasket vo gant stad gall sujañ ar yaouankiz en ur brudañ arouezioù impalerour hag an istor trevadennel. N’eo ket souezhuz pa welomp politikerezh gouarnamant Macron. Soñjit ta pa zo bet rediet staliañ pozioù ar marseillaise hag un tri liv e-barzh pep sal klas.

Ur vezh eo pa welomp e gousto 5 miliard an afer se goude ma ne vije ket arc’hant a-walc’h evit ar servijoù publik evel an ospitalioù pe ar skolioù war ar maezioù.

Perak an SNU ?

Rak ar gevredigezh a-vremañ a zo o treuziñ ur vare diaes eviti hag ar gapitalourien a wel mat ar re yaouank o stourmañ evit an hin, evit an en dro, hag evit un dazont sokial dizeñvel peogwir n’o deus fiziañs ken en ar c’hapitalouriezh. Ha gwel’ aze. A dra sur eo stourmoù kalz pouezusoc’h evit interest ar renkadoù uhel. Pa welomp tud yaouank war sav o enoriñ an tri liv en ur ganañ ur ganaouen gouennelour ha lakaet da lipat revr ar republik, penaos chom hep soñjal deus liseidi Mantes-la-Jolie lakaet war an daoulin dindan gwask ar fliked, pe tout ar re skoet ha gloazet e-pad ar manifestadegoù. Gwaskañ ar yaouankiz en ur rediañ anezhe da gerzhout dindan liv ar republik a zo un douare anavezet evit harpañ ar stad vroadelour hag e system kapitalour. Ne ‘hall ket bezañ Ken!

Ma n’eo ket lañset da vat an SNU evit poent rak eo dav deoc’h bezañ youlek c’hoazh, a benn un nebeut bloavezhioù e vo ur redi evit an holl. Mat vefe deomp ni holl vretoned bezañ prest da stourmañ a-enep ar servij broadel se. Prest da stankañ, prest da nac’hañ, sed aze ar respont e dleomp kas d’ar re a glask sujañ ha gwaskañ ac’hanomp.

Ne vimp ket gwerzhet! Bezomp a-enep ar vilouregezh hag a-enep ar gevalaouriezh

Bevet Breizh dieub !

Tags contre les résidences secondaires : un procès politique !

[Communiqué – Kemenadenn]
e brezhoneg war-lec’h

RS procès


Une militante de Dispac’h passera devant la justice le mercredi 12 février 2020, nous appelons à un rassemblement à partir de 12h30 devant le TGI de Lorient pour la soutenir.

Retour sur les faits reprochés

Dans la nuit du 14 au 15 avril 2019 des mairies et agences immobilières d’une dizaine de villes de la côte bretonne sont redécorées à la peinture de 2 chiffres : le nombre de résidences secondaires sur chaque commune visée ainsi que le pourcentage qu’elles représentent. Une action que nous n’avons pas revendiquée mais dont nous ne pouvons qu’approuver le message.
Le jeudi 19 septembre notre camarade est convoquée au commissariat de Lorient, et au terme d’une garde à vue de 7h elle se trouve convoquée devant le tribunal correctionnel de Lorient. Les charges retenues portent sur «dégradation ou détérioration du bien d’autrui aggravée par deux circonstances en l’espèce : en réunion et commise par une personne dissimulant volontairement en tout ou en partie son visage afin de ne pas être identifiée ».

Un dossier aussi creux que vide

C’est un procès politique auquel nous allons assister. Politique d’une part par le sujet traité mais aussi car l’inculpée est une militante politique publique et connue. A cela s’ajoute une procédure menée n’importe comment avec des personnes citées au dossier qui n’ont même pas été entendues, et en l’absence complète d’identification claire et de flagrant délit. Nous y voyons un coup de pression judiciaire dans le seul but de faire taire nos revendications. En voulant condamner une des nôtres, c’est tou.t.e.s les militant.e.s de Dispac’h qu’on tente d’atteindre et d’intimider. Nous resterons solidaires, la justice française ne nous effraie pas, nous ne lui reconnaissons pas de légitimité en Bretagne.

Et si on jugeait les vrais coupables ?

C’est une jeune militante qui va passer devant les tribunaux, très certainement à cause de ses idées. Mais les vrais coupables sont ailleurs. La violence ne réside pas dans quelques graffitis lanceurs d’alerte. Elle est bien plus grande et bien plus forte. Cette violence c’est les emplois précaires de la mono-activité touristique sur le littoral breton, la saisonnalité de l’activité, les salaires excessivement bas et les entorses régulières au droit du travail. C’est la spéculation immobilière d’une certaine classe qui chasse les plus fragiles des zones tendues, les jeunes en tête ! Cette violence c’est aussi la fermeture progressive des services publics dans des villes qui vivent à peine 6 mois sur 12, la destruction du lien social intergénérationnel quand des villes comme le Pouliguen comptent plus de décès que de naissances dans l’année !

La raison voudrait que l’on juge les vrais coupables : l’Etat français, les promoteurs immobiliers et les élus locaux complices ! Ceux qui laissent pourrir la situation par intérêt ou par manque de courage politique. C’est ce message que nous porterons lors de ce procès politique.

Bevet Breizh dieub ha sokialour / Vive la Bretagne libre et sociale

Le collectif Dispac’h

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Tagoù a-enep an eiltiez : ur prosez politikel !

Ur stourmerez eus Dispac’h a zo galvet gant ar justis d’ar merc’her 12 a viz c’hwevrer 2020. Neuze eo galvet ganeomp d’en em vodañ da 12e30 dirak TGI an Oriant ‘benn souten anezhi.

Distro war an darvoudoù

‘Kerzh nozvzezh ar 14 hag ar 15 a viz ebrel 2019 oa bet kinklet en-dro tiez-kêr hag ajañsoù-tiez ba’n Arvor. Bet livet daou sifr : an niver a eiltiez e pep kumun weladennet hag o dregantad ba’r barrez. Un oberenn ha oa ket bet azgoulennet ganeomp met ne c’hellomp nemet aprouiñ he c’hemenad.
D’ar yaou 19 a viz gwengolo a oa bet galvet hor c’hamaladez da gomiserdi an Oriant. Goude bezañ bet dalc’het dindan evezh e-pad 7 eurvezh en em gav-hi bezañ galvet d’an  » tribunal correctionnel » an Oriant.
Tamallet eo dezhi — e gallegaj flour — «dégradation ou détérioration du bien d’autrui aggravée par deux circonstances en l’espèce : en réunion et commise par une personne dissimulant volontairement en tout ou en partie son visage afin de ne pas être identifiée ».

Un teuliad dister ha goullo

Ur prosez politikel eo an hini a zo da zont. Politikel ‘blam da zanvez an oberenn he-unan met ivez peogwir eo an hini daget ur stourmerez bolitikel foran ha brudet. Ouzhpenn se e vez gwelet splann e oa bet kaset a-dreuz tout an enklask gant tud meneget ba’n teuliad ha n’int ket bet aterset ha prouenn ebet a-enep hor c’hamaladez. Ne welomp ba’r prosez-se nemet un taol gwask eus ar justis gant ma vo serret hor begoù ha diwel hon azgoulennoù. En ur glask kondaoniñ unan ac’hanomp eo holl stourmerien Dispac’h a zo klasket tagañ ha lentañ anezhe. Ni a chomo skoaz ouzh skoaz. N’hon eus ket aon rak ar justis c’hall. Homañ n’eo ket na vo morse reizh ‘ba Breizh.

Ha ma vefe barnet ar re gablus ?

Ur stourmerez yaouank eo an hini a zo galvet dirak al lez-varn, ‘blam d’he mennozhioù a-dra-sur. Met ar re gablus zo da glask n’ul lec’h all. Vez ket kavet ar feulster ‘barzh un nebeud livadennoù o c’hervel evezh an dud. Eñ zo kalz brasoc’h ha kalz kreñvoc’h. Ar feulster-se eo implijoù diasur an ekonomiezh holldouristel ba’n Arvor, ar goañv dilabour, ar goproù re izel ha gwirioù gwallgaset al labourerien. Arvrokerezh ar vourc’hizien eo a zo o vountañ ar re baourañ eus takadennoù c’hoantaet, ar re yaouank dreist holl ! Ar feulster-se eo ivez serriñ tamm ha tamm ar servijoù publik ‘ba kêrioù ha ne vevont a-boan 6 miz ar bloaz, distruj al liammoù sokial etre rummadoù pa vez muioc’h a dud varvet eget reoù ganet n’ur bloaz ‘ba kêrioù ‘giz ar Poulgwenn !
Reizhoc’h vefe barn ar re gablus evit gwir : ar stad c’hall, an arvrokerourien hag ar gendorfedourien dilennet ! Ar re a laosk an traoù da vreinañ evit gounit pe dre vank a youl.

Setu ar c’hemenad a vo douget ganeomp ‘kerzh ar prosez politikel-mañ.

Bevet Breizh dieub ha sokialour

Ar strollad Dispac’h

Procès résidences secondaires : Solidarité avec la militante de Dispac’h !

[e brezhoneg dindan]

Jeudi 19 septembre 2019 était convoquée au commissariat de Lorient une de nos camarades concernant des tags contre la spéculation immobilière et la part trop importante des résidences secondaires en Bretagne.

Depuis une dizaine d’organisations bretonnes et internationales ont témoigné de leurs soutiens à notre camarade, ainsi que des personnalités politiques et culturelles. Ces témoignages de soutiens sont très importants en vue du procès qui se tiendra le 12 février 2020 à Lorient. N’hésitez pas à envoyer vous aussi un mail de soutien sur notre page Facebook ou à cette adresse dispachbzh@riseup.net, d’une part pour condamner le caractère excessif de la répression qui s’exerce contre cette militante de Dispac’h, d’autre part pour témoigner de votre solidarité à notre collectif et aux messages que nous portons pour l’émancipation du peuple breton.

Notre camarade sera défendue grâce au soutien de Skoazell Vreizh. Si à l’heure actuelle le dossier paraît bien maigre, la peine pourrait s’annoncer très importante à l’encontre de notre amie et camarade, notamment au niveau financier. C’est pour cela que la solidarité est très importante !
**Nous lançons d’ores et déjà un appel aux dons et à rassemblement devant le TGI de Lorient le mercredi 12 février 2020 à 13h pour soutenir notre camarade !**
Unité face à la répression !

Bevet Breizh Dieub ! Vive la Bretagne libre !

Kengred ! Solidarité !

Le collectif Dispac’h

Prosez war an eil tiez : Kengred gant ur stourmerez deus Dispac’h !

D’ar Yaou 19 a viz Gwengolo 2019 e oa bet galvet ha dalc’het dindan evez gant Jendar-ma-revr an Oriant ur c’hamaladez deus Dispac’h. Rebechet dezhi gant archerdi an Oriant tagoù a-enep d’an arvrokerez hag an eil tiez e Breizh.
Diboae ez eo bet diskouezet o souten d’ar c’hamaladez gant meur a aozadur breizhad hag etrevroadel.
Pep souten zo pouezus tre deomp pa vo ar prosez d’an 12 a viz c’hwevrer 2020 ‘ban Oriant. Mo peus c’hoant da ziskouez o souten e zomp laouenn da resevel mailoù war hor pajenn Facebook pe dre hor chomlerc’h dispachbzh@riseup.net, a-benn kondaoniñ ar fed ma vefe taget ur stourmerez deus Dispac’h met ivez diskouez ur c’hengred d’ar stourm evit dishualañ pobl Breizh.
Skoazell Vreizh a ro e sikour evit difenn hor c’hamaradez. Evit poent eo gwan ar walc’h an doser a-enep dezhi, met ar c’hastiz a c’helfe bezañ pouner evit hor mignonez ha kamaradez da baeañ. Hag evit se ivez ez eo pouezus ar c’hengred !
**Gervel a reomp d’en em vodañ dirak TGI an Oriant d’ar Merc’her 12 a viz C’hwevrer 2020 da 13e evit souten hor c’hamaradez !**
Bezomp unvan a-enep d’ar represioun !

Bevet Breizh Dieub ! Kengred !

Dispac’h

Bzh ket da werzhañ

Éphéméride des luttes bretonne Miz Du / Novembre

miz du

25 novembre 1997 : À Rennes commence le procès de Guillaume Morin, militant d’Emgann. Il est poursuivi pour « outrage à l’armée » et « outrage à une personne chargée d’une mission de service public ». Lors de ces trois jours, étape préliminaire avant le début du service, il a expliqué à l’officier orienteur qu’il considérait l’armée française comme une force impérialiste et coloniale occupant son pays. Il lui a ensuite craché dessus, et que, par conséquent exprimé, il refusait de faire son service.

Novembre 1991 : Dans le journal Combat Breton, les revendications principales de la liste bretonne commune aux élections régionales commencent à se diffuser. L’union nationale autour de la candidature régionale – une première – réunit la gauche autonomiste, la droite nationaliste et la gauche indépendantiste à travers le rassemblement de l’UDB, d’Emgann, Frankiz Breizh (scission de l’UDB) et le Pobl. En priorité, la liste met en avant la réunification de la Bretagne, la volonté d’une politique sociale et économique régionale, une représentation internationale de la Bretagne, la promotion de la culture et de la langue bretonne et gallèse, ainsi qu’une timide revendication écologique qui doit être un « compromis entre deux exigences contradictoires [économie et écologie] ». Le résultat est largement décevant : 28 839 voix – 2,14 %, soit un résultat équivalant aux voix réunies par l’UDB et le Pobl (sans Emgann) sur deux listes distinctes aux régionales précédentes de 1986.

Novembre 1978 : Dans Combat breton, Edouard Morvan, agriculteur figure de la grève du lait, se déclare d’une entière solidarité avec les prisonniers politiques bretons. « Attendre des partis de gauche et l’U.D.B. Attendre des syndicats C.G.T., C.F.D.T., F.E.N. Attendre la F.D.S.E.A et les Paysans Travailleurs. Attendre le M.O.D.E.F. Attendre toujours, comme Sœur Anne, et ne jamais rien voir venir. Assez, aussi, d’avoir le dos au mur, depuis des années. Assez de croire ceux qui parlotent de luttes armées, mais qui ne lèveront pas le petit doigt pour la moindre action illégale, pourtant porteuse d’espoir par les libérations qu’elle entraîne. » Quand il se demande qui lutte vraiment pour la Bretagne, il répond : « Eh bien, humblement, nous, autonomistes et socialistes bretons. Dans l’incarnation de l’amour que nous portons à notre peuple et à notre civilisation. Oui, nous plus que les autres. Plus que les trouillards. Plus que ces idéologies de la « révolution » au sein de partis intégrés. Autant que ceux qui nous traitent d’infantiles politiques. »

18 novembre 1971 : Un attentat du FLB fait des dégâts au palais de justice de Redon. Dix jours plus tard, un nouvel attentat est de nouveau revendiqué par le groupe, celui-ci a visé la sous-préfecture de Dinan.

Novembre 1912 : Dans Breiz Dishual, le journal du PNB, un certain Kamermo commente la guerre en cours dans les Balkans entre une ligue regroupant la Serbie, la Grèce, le Monténégro et la Bulgarie contre l’Empire ottoman. « La voilà la vraie guerre, la belle et bonne guerre, la seule guerre, la guerre populaire, la guerre nationale et presque la Croisade. Ceci, par opposition à la guerre folle, la guerre bête, la guerre infâme, que serait la « conflagration européenne » dont on nous menace un peu trop depuis quelque temps, guerre qui ne serait profitable qu’à quelques capitalistes français et autres, et dans laquelle nous, Bretons, qui n’avons rien à y gagner, mais notre peau, au moins, à y perdre, sans profit et sans idéal. Nous ne marchons pas ! »

Éphéméride des luttes bretonnes – Octobre / Miz Here

versaille

Octobre 1998 : Le journal d’Emgann annonce sur sa première page un clash entre Gilles Servat et le Front National. Au programme, une tentative de récupération d’une des chansons militantes bretonnes les plus populaires : la Blanche Hermine. Au lieu de soutenir Servat inconditionnellement, un article non signé dans le journal précise « Il faut se rendre à l’évidence : le FN se l’est appropriée car elle véhicule les mêmes valeurs machistes que lui ». Après avoir cité les paroles, en effet très portées sur la femme à la maison et l’homme au combat, l’article termine sur ces mots : « ‘La femme bretonne n’est pas là pour réfléchir ni se battre : sa vie est vouée à son mari et à ses enfants’, discours officiel du FN. Alors touches-y à ton hermine et remplace toutes ces conneries, de manière à ce que le FN n’ait pas envie de la chanter. »

29-30 octobre 1998 : L’Hôtel de ville de Belfort subit une explosion d’une forte intensité qui détruit une quinzaine de bureaux. La revendication arrive rapidement de l’ARB, pour une action qui s’est pourtant déroulée loin de la Bretagne. Il faut dire que Belfort est le fief de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’intérieur et plus que connu en Bretagne, en Corse ou au Pays Basque pour son jacobinisme exacerbé.

Octobre 1986 : L’entreprise COGEMA, qui veut extraire de l’uranium en Bretagne, est en promenade dans le kreiz-Breizh. Il avait commencé par tenter d’installer ses foreuses à Melioneg, près de Rostrenen. Assez vite néanmoins, les engins furent redécorés en opposition à l’extraction. En octobre 1986, voilà que l’entreprise tente un nouveau secteur, Guilligomarc’h. Cette fois des précautions sont prises, un agent de sécurité est dépêché pendant le week-end pour éviter toute décoration sauvage. Les habitant.e.s du secteur réagissent malgré tout aussi vite qu’à Melioneg, a peine installé le chantier est investi et les engins sont allègrement peinturlurés. Les différents repères installés par l’entreprise dans le but de commencer les recherches sont démontés et dispersés dans la nature. Le vigile finit bien par se manifester, en tentant une attaque à la lacrymogène sur les manifetant.e.s… La conséquence, toute évidente, fut le désarmement du vigile, l’utilisation de sa bombe contre lui-même, puis un petit moment d’enfermement dans sa cabane de service, histoire de se calmer.

Octobre 1978 : Dans le journal Combat Breton, Xavier Grall commente l’attentat survenu quelques mois auparavant au château de Versailles. « Moi, j’avoue que j’ai rigolé. Mieux vaut bomber, bombarder, plastiquer des pierres et des croûtes que de tuer des hommes. Ce château de la vanité et de l’assujettissement et de l’abaissement des provinces et des ouvriers et des paysans à la volonté d’un monarque qui se prenait pour le soleil, n’était-il pas le symbole même de la servitude politique ? Remarquez, il tient toujours debout. Ils l’ont griffé, égratigné. Comme un pauvre griffe, égratigne un bourgeois, comme ça, par dignité, comme ça, pour l’honneur. Pas mal ! Si Versailles m’était bombé… Gros scandale en France ! Ce pays peut torturer à tour de bras en Algérie, seule une minorité se soulève. Mais alors, insulter Versailles, c’est pas permis ! (…) Passez châteaux, resteront nos chapelles dans la lande ! Oui, en ce jour de juin où Versailles me fut bombé, il me vient à l’idée qu’un certain activisme breton s’orientait vers une réelle intelligence politique. C’est cela qui ne sera pas pardonné aux auteurs supposés de l’attentat. Mais c’est pour cette raison là que les fils des Bonnets Rouges et les enfants des tempêtes et les hommes oubliés devraient relever la tête, en vrais chevaux d’orgueil… Si Versailles m’était bombé… »

21 octobre 1928 : Après une énième tentative de tractations pour faire s’unir les groupements catholiques, régionalistes et le jeune Breiz Atao, un article est publié dans le journal pour décrire l’échec des projets d’union. Mordrel y raconte comment il se retrouva seul au rendez-vous convenu pour parler d’une union inter-groupes bretons, qu’il prit donc le temps de déguster un chocolat, faute de parler d’union, d’où le titre de son article « Union et chocolat ». Au final, le groupe nationaliste de Breiz Atao, qui restera un des plus importants de cette époque, a toujours vite abandonné ces logiques d’unions entre groupes du dît mouvement breton, préférant plutôt développer sa propre force et sa propre structure. S’il prêchait l’union entre ses membres, il ne la recherchait donc pas franchement avec ses concurrents sur la scène politique bretonne. « Je ne sais pas si nous répondrons encore une fois – la dixième depuis dix ans – à des avances en faveur de l’union : nous avons été assez « chocolat » comme ça, et nous n’avons pas de temps à perdre en parlottes qui masquent trop souvent des intrigues sans intérêts. Il nous paraît plus simple de continuer à développer le Parti Autonomiste Breton, où l’union des militants bretons de toutes provenances a été réalisée avec succès. »

Éphéméride des luttes bretonnes – Septembre

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11 septembre 2016 : Une grande manifestation se tient à Lannion contre le projet d’extraction de sable coquillier dans la baie qui borde la ville. Le projet est porté par la CAN (compagnie armoricaine de navigation) et son impopularité est au plus fort. Quelques jours auparavant, des bateaux ont commencé à extraire le sable en pleine nuit, du fait d’un déblocage juridique tardif. En réponse, 5 000 personnes manifestent le dimanche 11 septembre dans les rues de Lannion pour demander l’arrêt du projet. Le soir même, le local du PS – le parti alors au pouvoir – est visé par un engin incendiaire qui endommage la façade du local. « Aodoù disuj enep an extraction » [côtes insoumises contre l’extraction] est tagué sur place et la presse régionale signale une revendication signée NHU. La même signature avait été retrouvée en mai de la même année contre la compagnie minière Variscan. Le lundi qui suit le week-end animé de Lannion, Ségolène Royale – alors ministre de l’environnement – diligente une inspection sur le chantier et la CAN annonce également un arrêt de l’extraction. Malgré une bataille judiciaire toujours en cours pour relancer les travaux, le chantier n’a toujours pas repris.

23 septembre 2014 : Dans la nuit, le centre des finances publiques de Questembert voit ses portes détruites par un incendie volontaire. Une inscription laisse peu de doute sur l’origine du groupe, l’ARB, un groupe récent qui ne renvoie plus à l’Armée révolutionnaire bretonne mais à Argad résistance bretonne. Le groupe s’est déjà fait connaître pour des destructions de radars ou des attaques de bâtiments publics. Un tract de revendication émanant du groupe est d’ailleurs retrouvé sur place.

26 septembre 1992 : Le groupe Fulor organise une soirée concerts à Carnac contre la bétonisation liée au tout-tourisme. Dans le tract lié à l’évènement il est expliqué : « Cette politique du bétonnage et du tourisme « avant tout » nous promet comme avenir : des boulots de larbins deux mois par an, des boulots précaires toute l’année, un exode des jeunes qui ira en s’amplifiant, des paysages défigurés, une identité bafouée, une répression accrue contre tous ceux qui voudront résister à cet état de fait. » Les militant.e.s de Dispac’h ne peuvent que confirmer.

27 septembre 1991 : L’APEEB (association de parents d’élèves pour l’enseignement du breton) réalise une action d’occupation du rectorat de Nantes. Cette association, devenue par la suite Div Yezh, est toujours contrainte de réaliser des actions du genre pour tenter d’obtenir un enseignement de la langue bretonne dans les écoles publiques. Cette action fait suite à un travail de fond réalisé par l’association, qui demande la création de 4 postes en Loire Atlantique, où 500 élèves pourraient être intéressés par un enseignement brittophone. Dans l’année 1991, le président de cette association a tenté une grève de la faim pour se faire entendre, puis faute de succès, l’occupation du rectorat est lancée. Comme souvent, la fin de cette action illustre la réponse de l’État : la répression. L’action se termine en effet par une évacuation par les forces de l’ordre.

27 & 28 septembre 1975 : Une assemblée de fondation commence à structurer un nouveau groupe politique breton, le FASAB : front autonomiste socialiste autogestionnaire breton. Le groupe vient d’ajouter le terme d’autonomiste dans son nom, seul mot qui n’était pas présent dans le titre du groupe lors de son lancement le 8 juin 1974. Dans son premier bulletin intérieur, il est expliqué que l’idée d’autonomie est privilégiée car l’idée d’indépendance est associée au nationalisme de droite. Ils défendent l’idée selon laquelle l’autonomie et le socialisme autogestionnaire se rejoignent : « tous deux se réfèrent à la même nécessité d’accorder à chaque communauté, politique ou économique le libre choix de son destin et la libre gestion de ses affaires. Tous deux se réfèrent à un même refus des dirigismes, des centralisations politique et des concentrations économiques. »

3 septembre 1933 : Une grande animation politique s’empare du bourg de Saint Goazec : l’Action Française y tient une grande réunion et différents mouvements politiques comptent bien l’en empêcher. Une contre-manifestation socialiste et communiste est annoncée et le jeune PNB qui publie le fameux journal Breiz Atao est également sur place. Après avoir diffusé des tracts hostiles à l’AF, la quinzaine de militants nationalistes présents pénètrent sur le site de la réunion. Une altercation commence rapidement et François Debauvais, l’un des chefs de file du mouvement, est blessé à la tête par des coups de matraques assénés par les Camelots du roi (service d’ordre de l’organisation royaliste). À la suite de cette altercation, les nationaliste rejoignent le cortège socialo-communiste qui fonce sur le lieu du rassemblement de l’AF. Deux barrages de police sont forcés avant que la manifestation ne soit bloquée par un car renversé sur la route pour empêcher tout passage.

Ephéméride des luttes bretonnes – Août

Eost

18 août 2018 : Le collectif Dispac’h organise une action coup de poing à Saint Malo. L’action se déroule sur le camping des Nielles, un ancien camping public vendu au privé pour construire un hôtel 5 étoiles. Le lieu est temporairement occupé pour lancer l’idée d’une ZAD en bord de mer si le projet venait à se concrétiser. Pour rappeler aux pennoù bras qui espèrent bétonner le lieu que tout est toujours possible, une barricade est érigée en quelques minutes à l’entrée du camping. On peut y lire « On est pas tou.te.s nées sous du 5 étoiles ». La vingtaine de militant.e.s ayant fait le déplacement en profitent également pour distribuer des tracts, déployer des banderoles sur la falaise qui borde le camping et craquer quelques fumigènes pour attirer l’attention.

17 août 1997 : A l’appel du collectif Menhirs Libres à Carnac, impulsé notamment par des indépendantistes, 600 personnes se rendent entre les alignements de pierres millénaires pour dénoncer la fermeture grillagée et la marchandisation du site. Largement porté par des habitant.e.s du secteur, le collectif organise une visite des dégâts réalisés par les premiers travaux, diffuse des tracts et bloque les routes à côté du site pour se faire remarquer.

12 août 1987 : Alors que le festival interceltique bat son plein, la nouvelle tourne dans le monde militant breton qu’un nationaliste corse vient d’être transféré à la prison de Ploemeur, en périphérie de Lorient. Felice Tomasi, prisonnier politique corse, est incarcéré depuis quatre ans et toujours en attente de son procès. Les militant.e.s d’Emgann décident alors d’aller lui remonter le moral en faisant du bruit près de la prison. Une vingtaine de militant.e.s se retrouvent donc devant les murs du pénitencier de Ploemeur, avec gwenn ha du, binioù et bombarde pour se faire entendre. Les matons ne semblent pas trouver le spectacle très agréable car l’un d’entre eux tente à plusieurs reprise de s’occuper seul du rétablissement de l’ordre. Il saisit un pistolet d’alarme mais tire pas mégarde dans la pelouse ce qui l’oblige donc à appeler du renfort pour retrouver le projectile. Deuxième tentative en lâchant des chiens, mais ces derniers semblent se désintéresser des militant.e.s. Après négociations, les militant.e.s expliquent qu’il est inacceptable d’accueillir en Bretagne un nationaliste corse dans ce genre de conditions. Il est donc proposé de l’héberger chez des membres d’Emgann, mais l’administration pénitentiaire n’est pas d’accord. Le groupe de militant.e.s repart finalement après s’être bruyamment fait entendre. La dernière voiture à quitter les lieux a la mauvaise surprise de se faire bloquer façon cow-boy par une voiture de police, mais le bon réflexe d’appuyer fortement sur le klaxon pour prévenir le reste du convoi. Une fois la colonne de voitures revenues en arrière, la police se sentant très fortement entourée ne cherche plus à retenir personne, mais plutôt à partir.

Août 1982 : Quelques personnalités politiques et culturelles bretonnes et françaises se réunissent à Vannes pour célébrer le « rattachement » de la Bretagne et de la France en 1532. Après une conférence, la petite notabilité se retrouve près de la cathédrale pour poser une plaque commémorative. L’écrivain Jean Markale est dans l’assistance, le président de Kendalc’h fait un petit discours, puis c’est au tour du maire de Vannes de prendre la parole. Tout ce petit monde s’apprêtait à chanter le Bro Gozh quand une troupe militante fit son apparition pour perturber la petite sauterie. Le groupe appartient au SPV, Strollad Pobl Vreizh, ouvertement indépendantiste, et l’action a le mérite de la clarté. Le micro est subtilisé aux orateurs, le drapeau français qui ne manquait pas de trôner fièrement est brûlé et la plaque commémorative est recouverte de goudron quelques minutes après son inauguration.

15 août 1975 : Dans le cœur des monts d’arrée, la centrale nucléaire de Brennilis subit une attaque à l’explosif. Le FLB revendique l’action qui paralyse la centrale pour plusieurs jours. Deux explosions endommagent la prise d’eau d’une turbine et détruisent un poste téléphonique. De nombreuses vitres sont également brisées. C’est le premier attentat dans une centrale nucléaire française.