Action à Carnac / Oberenn Dispac’h e Karnag

Nous nous sommes rendu à Carnac, dimanche 22 juillet, pour dénoncer la spéculation immobilière sur le littoral breton dont les résidences secondaires et la mono-activité touristique sont la cause principale.

Aujourd’hui les jeunes, les travailleuses et travailleurs, les personnes les plus précaires, ne peuvent accéder facilement aux logements sur la côte du fait de cette spéculation.

Après avoir collé des centaines d’affiches sur les volets fermés au cours du printemps, ils se sont maintenant ouverts et nous amenons notre revendication une fois de plus sur le terrain.

Nous avons planté 80 croix sur la grande plage de Carnac symbolisant ainsi la mort des communes littorales durant la basse saison. Nous avons pu échanger avec des propriétaires de résidences secondaires ou tout simplement des touristes qui dans l’ensemble comprenaient nos revendications. L’accueil a été bon !

Pour rappel, 14% des logements bretons sont des habitats secondaires. A Carnac ce pourcentage monte à 73% avec plus de 6 000 logements vides les trois quarts de l’année ! Le choix du lieu de l’action n’est donc pas anodin. Le maire de Carnac s’était aussi exprimé sur le taux hautement indécent de résidences secondaires dans sa commune. Avouant que cette problématique lui revenait souvent aux oreilles de la part de ses administré.e.s. Visiblement celui-ci tend la sourde oreille aux quelques rares habitant.e.s permanents de sa commune… puisque rien n’est fait pour inverser la situation !

C’est pour cela que nous étions à Carnac dimanche, c’est pour alerter que partout en Bretagne, des Moutiers en Retz jusqu’à Ouessant, le tout tourisme et la spéculation qui en découle ne permettent pas un développement harmonieux et durable du territoire. Que la jeunesse ne veut plus se faire exclure du littoral à la basse saison et servir uniquement de main d’oeuvre à bas coup et docile car précaire !

Breizh n’eo ket da werzhañ !
La Bretagne n’est pas à vendre !

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Éphéméride des luttes bretonnes / Juillet

Miz gouere

25 juillet 1983 la station RBO – actuellement Radio Breizh Izel- est envahie par des militant.e.s d’Emgann pour réclamer la création d’une radio bretonne autonome sur les cinq départements bretons. Lancé un an plus tôt, le mouvement Emgann avait été créé par des militant.e.s des groupes anti-répressifs bretons soutenant les inculpés du FLB, d’anciens prisonniers politiques ou militant.e.s des groupes clandestins bretons. La naissance de ce mouvement, et la longévité qui va suivre, marque la naissance d’une gauche révolutionnaire bretonne indépendantiste structurée sur la durée. Avant cela, le phénomène particulier de la lutte clandestine avait déjà largement contribué à former le cadre politique et intellectuel de ce mouvement. Signe d’une continuité, le slogan de l’Armée Révolutionnaire Bretonne a été repris par Emgann puis par les groupes de gauche indépendantiste qui lui ont succédé : Bevet Breizh Dieub ha Sokialour.

25 juillet 1976, pendant les fêtes de Cornouaille à Quimper, un attentat du FLB détruit en plein jour l’immeuble en construction de la Banque Nationale de Paris. Quelques années plus tard, l’auteur de l’attentat commente l’évènement dans le livre « Bretagne 79, des années de poudre » sous le pseudonyme de Marie Pierre Bonnet. « Cet attentat, aux yeux de milliers de personnes, au nez et à la barbe de la police, reste encore dans bien des mémoires. Le moment, la maîtrise technique et un culot certain démontrent qu’en Bretagne des hommes osent se donner les moyens de contester l’ordre établi. Ils ne peuvent se satisfaire d’un folklore, aussi riche soit-il, à destination unique des touristes. Pour eux, la langue, la culture, l’identité collective n’ont de sens que si elles contribuent à sceller harmonieusement les pierres angulaires d’une nation en lutte vers son indépendance. »

14 juillet 1975, pour célébrer la « fête nationale », le FLB dynamite la statue à l’entrée du camp de l’école militaire Saint Cyr Coetquidan en forêt de Brocéliande.

29-30 juillet 1970, des commandos paysans passent à l’action directe contre les « cumulards » dans la région de Saint Dolay (Morbihan) en fauchant les champs de maïs de grands propriétaires qui spéculent sur les terres agricoles. L’action est revendiquée au nom des ‘Coupeurs’, et ces derniers affirment « Tu as le fric, tu as la loi, tu as ton fusil… La police va courir après les coupeurs de maïs et les condamner si elle peut. (…) Mais nous avons la fermeté de la vraie justice, aussi les meilleurs choses ont une fin. (..) Ainsi demain, la vallée de la Vilaine et la Bretagne ne seront pas le paradis des P.D.G. en vacances, admirant les quelques paysans parqués ayant chapeau bas et tête baissée devant les nouveaux seigneurs. »
La chanson « Paysans en lutte debout » rend hommage à ces actions :

14 juillet 1929, dans le journal Breiz Atao du Parti autonomiste breton, Meavenn continue de concevoir et d’organiser un mouvement féministe breton, ses idées placent les femmes au premier plan de la libération bretonne et appellent à leur auto-organisation en tant que femmes. « Les Merc’hed Breiz sont venues nombreuses au congrès de Châteaulin et, de là-bas, elles sont reparties sans aucun doute plus ardentes à la lutte. Mais rien n’y fut fait par elles et pour elles seules, car, en ce temps-là, le Groupe féminin existait…sur le papier. (…) Cela ne pouvait durer. C’était nous condamner d’avance, car ne pas grandir, c’est mourir, et, encore une fois, il faut que la femme bretonne sauve la Bretagne. »

7 juillet 1929, le journal Breiz Atao termine son édition par des témoignages de Bretons victimes de « gaz asphyxiant » pendant la guerre de 14-18. Entre autres mises en causes, les fameux gaz lacrymogènes que nous connaissons bien. Utilisés à quelques reprise avant la guerre, c’est surtout au front à partir de 1914 que leur emploi se répand. Après controverse entre les pays belligérants sur les armes chimiques, les grenades lacrymogènes sont depuis longtemps interdites par des conventions internationales lors des conflits armés. Interdites contre des militaires, les grenades lacrymogènes sont néanmoins massivement utilisées en France contre des civils pour le maintien de l’ordre. Nantes, Rennes, Notre Dame des Landes, les populations bretonnes sont d’ailleurs aujourd’hui une cible d’écoulement privilégiée de ces armes chimiques.

Juillet 1914 : publication du 19ème et dernier numéro de Brug, le journal anarchiste en langue bretonne créé par Emile Masson. Lancé en janvier 1913, la déclaration de guerre qui précipite l’Europe dans la Première guerre mondiale vient mettre fin à l’initiative. Certains contributeurs du journal sont en fuite à l’étranger et désertent la mobilisation générale comme Louis N. Le Roux, d’autres comme Jo Le Bras, instituteur socialiste breton, meurent sur le front dans les années qui suivent. Masson lui dédit un ouvrage dans lequel on peut lire « ‘Evit Breiz’ disait-il sans cesse : pour la Bretagne, et c’est pour la Bretagne qu’il a donné sa vie, tout en rêvant de soulager la misère et l’ignorance des siens ; de retourner parmi eux enseigner les choses nécessaires : l’union qui fait la force, la coopération, l’entraide des travailleurs, afin qu’ils sachent désormais faire leur vie plus douce et plus belle, et qu’ils rendent à leur langue antique et magnifique son antique et magnifique prestige ».

Juillet 1912, dans la foulée du premier manifeste indépendantiste breton, le nouveau Parti nationaliste breton lance son journal Breiz Dishual, Bretagne libre. Sur la première page on peut lire une charge contre le régionalisme désuet et pour le passage à l’action bretonne indépendante de la France et de ses serviteurs : « Malgré le dévouement et l’activité de ses militants, le mouvement breton qui, sous l’étiquette régionaliste, travaille depuis bientôt quinze ans à l’instauration d’un nouvel état de choses, moins oppressif pour notre pays ; ce mouvement semble n’avoir obtenu dans l’ensemble que de très médiocres résultats. Quand on compare l’action des régionalistes bretons à celle des nationalistes irlandais, quand on considère le succès qui couronne les efforts de ceux-ci et l’avortement qui paraît menacer les entreprises de ceux-là, on est obligé de reconnaître que la meilleure méthode n’est point du côté des Bretons. »

Éphéméride des luttes bretonnes / Juin

Éphéméride des luttes bretonnes du mois de juin, quelques exemples et évènements dans l’histoire du militantisme breton.

Juin miz Even

2 et 3 juin 2001 se déroule la troisième marche pour l’indépendance organisée par Emgann. Au départ de Morlaix puis en passant par Saint Thégonnec et Landivisiau, l’arrivée se déroule à Brest sous une bonne escorte policière qui reçoit quelques invectives au passage. Pour accompagner la marche sont organisés débats, meeting et concerts. La centaine de participant.e.s était accompagnée de délégations basque, jurassienne et occitane. A la même période, Arno Vannier incarcéré à la prison de la Santé dans le cadre des activités de l’ARB reçoit le journal de la nouvelle formation néo-fasciste « bretonne » Adsav. Il répond tranquillement dans Combat Breton, le journal de la gauche indépendantiste, tout le bien qu’il pense du groupe en question : « Une bonne place pour Adsav : la poubelle ! ».

13 juin 2000 à 5h45 du matin, des policiers du SRPJ de Rennes et de la DNAT (services antiterroristes) viennent interpeller des militant.e.s d’Emgann à la suite de l’attentat au McDo de Quévert qui a fait une victime innocente. Les arrestations avec force et fracas se déroulent sur les cinq départements bretons à Saint-Nazaire, Fougères, Rennes, Nantes, Quimperlé. Portes brisées au petit matin et familles terrorisées par des policiers, en grand nombre et lourdement armés, accompagnent le début de procédures judiciaires qui aboutiront finalement, après de nombreuses années d’emprisonnement sans procès, à un jugement qui innocente tous les accusés pour l’attentat en question.

28 juin 1996, départ d’une marche de solidarité bretonne avec le Pays Basque. La marche réclame le droit d’asile pour les militant.e.s basques victimes de la répression espagnole dont certain.e.s viennent trouver refuge en Bretagne. Partie de Saint Thois, la marche rassemblant une soixantaine de personnes est ensuite passée par Spézet, Carhaix, puis Saint Séglien et jusqu’à Pontivy.

Dans la nuit du 7 au 8 juin 1993 l’ARB tire six coups de feu sur la gendarmerie de Saint Aubin Du Cormier. Le communiqué de revendication explique « Contre les agressions répétées de la part des forces de l’ordre ou assimilées à l’égard des militants bretons, nous répondrons. »

29 juin 1991, 2000 personnes manifestent à Quimper pour soutenir les écoles Diwan. L’accès à la rive droite de Quimper où se trouve la Préfecture est interdite d’accès par des policiers en grand nombre. Des manifestant.e.s tentent de forcer le passage mais se font refouler à coup de lacrymogènes. L’épisode est assez anodin mais il suffit à faire crier aux loups les décideurs qui n’aiment pas la spontanéité des manifestations. La direction de Diwan s’insurge et se désolidarise des « huluberlus » qui voulaient faire un sit-in devant la Préfecture, le Préfet quant à lui hurle sur le déchaînement de violence qui a conduit six policiers à être « [très très très] légèrement blessés».

Dans la nuit du 2 au 3 juin 1985, Christian Le Bihan, militant de l’ARB, meurt en déposant une bombe devant le Palais de justice de Guingamp. La même nuit une bombe explose également à la permanence du député maire de Guingamp et à l’antenne locale de l’ANPE. Cette nuit d’action était liée aux fermetures d’usines et aux licenciements sur le territoire (AOIP, Alcatel, etc). Pour « identifier » la victime, la presse régionale affiche une photo macabre avec les restes difficilement identifiables du visage de ce jeune homme de 28 ans et entame par la suite une campagne calomnieuse en l’assimilant à un militant néo-nazi.

Juin 1976, le journal PDG – Poing Dans la Gueule – du groupe anarcho-indépendantiste Stourm Breizh, questionne les rapports entre les groupes de gauche révolutionnaire en Bretagne à une époque d’émulation intellectuelle et politique forte sur ces thématiques. Le groupe conclut qu’il entend participer à « toute initiative en Bretagne ayant des buts clairs et visant à l’émancipation politique et sociale du Peuple Breton. Cette attitude exclut d’avance tout sectarisme mais également toute complaisance (PAS D’UNION SACRÉE !) et tout isolationnisme… A ce sujet, la tâche qui attend les révolutionnaires bretons n’est pas essentiellement différente de celle des révolutionnaires irlandais ou palestiniens… Dans des circonstances historiques différentes, ils ont à faire face au même adversaire : L’IMPÉRIALISME (français, anglais, américano-sioniste) ».

30 juin 1941, parution du décret séparant la Loire Atlantique de la Bretagne dans le cadre des nouvelles régions mises en place par le régime de Vichy. Après la guerre, la République reprendra ce découpage hérité du régime de Pétain, tout comme elle reprendra à son compte d’autres innovations avant-gardistes de l’époque collaborationniste comme la carte d’identité obligatoire ou la police nationale.

18 juin 1939 : trois nationalistes bretons détruisent la statue de cire de Bécassine au musée Grévin à Paris, alors que Pierre Caron est à ce moment en train de préparer la première adaptation au cinéma de la bonniche bretonne muette. Quelques mois avant, le tournage du film quitte la campagne trégoroise en catastrophe après plusieurs attaques de paysan.ne.s qui interrompent le tournage et cassent les caméras. En 2018 une nouvelle adaptation de Bécassine arrive sur les écrans et Dispac’h organise en réponse une campagne de boycott actif. Une fois encore, le tournage devait se dérouler en Bretagne, mais le propriétaire du château censé accueillir le film a mis dehors toute l’équipe en apprenant que le sujet traité était Bécassine.

7 juin 1675, début du soulèvement des Bonnets Rouges en Basse Bretagne, notamment à Douarnenez, Chateaulin, Briec, Rosporden. Au même moment à Nantes, les troupes royales de répression qui stationnent en ville suscitent de nouvelles colères du peuple. La mobilisation permet de faire évacuer la troupe, et la population va jusqu’à prendre en otage l’évêque de la ville pour l’échanger contre la libération d’une des émeutières du mois de mai durant lequel les nantaises étaient à la pointe de la révolte.

#BoycottBécassine Rassemblements à Brest et Rennes

Pegsun Bécassine23

Suite à l’annonce de la sortie du film Bécassine ! du réalisateur Bruno Podalydès, une série d’avant-premières sont programmées en Bretagne.

Comme nous l’avions expliqué dans notre dernier communiqué, le personnage de Bécassine représente toujours aujourd’hui un symbole qui  véhicule  un message dégradant, insultant et méprisant envers les femmes de Bretagne et le peuple breton. Par respect envers nos grands-mères et notre histoire nous réagissons.

Non que nous n’ayons pas d’humour, notre droit est aussi de s’opposer à ce que nous percevons comme une moquerie tant le drame que porte le personnage de Bécassine (l’émigration de milliers de bretonnes et bretons prolétaires vers la servitude) est occulté systématiquement. Comment peut-on en 2018 se servir de figures qui représentent l’esprit colonialiste, impérialiste et de prédominance d’une élite bourgeoise pour en faire de l’humour sans aucune critique sociale ?

Afin de rappeler à l’équipe du film qu’il est délicat de jouer avec certains symboles, et afin d’appeler les bretonnes et bretons à boycotter le film, nous appelons à deux rassemblements lors d’avant-premières :

  • A Brest : le vendredi 1er juin à 19h devant le multiplex Liberté.

Le rassemblement sera suivi d’une projection débat sur le film de Thierry Compain « Nous n’étions pas des Bécassines », documentaire témoignage de femmes bretonnes ayant émigrés à Paris pour devenir les bonnes à tout faire d’une certaine bourgeoisie. 21h / Gratuit, salle l’Avenir, place Guérin, Brest.

Brest

  • A Rennes : le mardi 5 juin à 19h30 devant le Gaumont.

Le rassemblement sera également suivi d’une projection débat sur le film « Nous n’étions pas des Bécassines » cette fois ci en présence du réalisateur Thierry Compain. 21h / Gratuit / Café librairie le Papier Timbré, Rennes.

Roazhon

Bécassine, appel à boycott !

Le 20 juin 2018 sortira sur les écrans Bécassine !, une pseudo comédie française potache et soi-disant populaire, qui dès ses premières images en dit long sur l’insulte en terme d’identité et de mémoire qu’il adresse aux femmes et au peuple breton.

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Reprendre un symbole comme Bécassine n’est pas un choix anodin ou innocent

Ce personnage qui date de 1905 a été inventé dans les journaux de la bourgeoisie parisienne qui aime se moquer des individus qu’elle exploite et opprime à longueur de journée. Nous sommes alors à la grande époque de la colonisation, de la francisation forcée – Bécassine originelle n’a pas de bouche car elle ne parle que breton. C’est aussi l’époque des zoos humains dans Paris, des théories de hiérarchie des races, de l’oppression des femmes légale et institutionnalisée, de la stigmatisation de la Bretagne comme pays arriéré vivant en marge de la civilisation.

Déni de notre histoire migratoire

Au XIXe et au XXe siècles c’est par milliers que des Bretonnes et des Bretons quittent leur pays et leurs campagnes pour partir à la ville, en France, aux États Unis ou ailleurs. Paris reste de toutes ces destinations la plus symbolique car la plus traumatique. Pour fuir une misère rurale, nos ancêtres partaient alimenter une misère urbaine tout aussi détestable. Finir au bordel, à l’usine, sur les chantiers ou au service de la bourgeoisie, voila quel était le destin de milliers de Bécassine de l’époque. Une fois sur place elles pouvaient continuer à vivre pleinement la stigmatisation linguistique, le racisme anti Breton-ne-s, les oppressions sexistes, en plus de toutes les difficultés habituelles du prolétariat urbain.

L’immigration bretonne n’avait rien de la naïveté joyeuse qu’expose le film Bécassine. En plus du mensonge historique, ce film est une insulte à la mémoire de notre peuple, une insulte à toutes les femmes de Bretagne et à toutes les femmes qui connaissent ou ont connu l’immigration.

Pas d’insulte plus grande pour les Bretonnes

Opprimées parce que femmes, stigmatisées parce que Bretonnes, exploitées parce que prolétaires, voilà la seule réalité qui s’applique à Bécassine. Si vous voulez montrer Bécassine à l’écran laissez la parler, montrez ses souffrances et ses révoltes. Si vous voulez montrer ses idioties, maladresses et naïveté, nous allons vous montrer que les petits enfants de Bécassine n’ont plus peur d’exprimer des révoltes restées trop longtemps muettes.

Par ailleurs, sortir de ce film au début de l’été en saison touristique ne tient pas du hasard. Faire du fric en vendant une image dégradante de la Bretagne aux flux massifs de touristes qui affluent sur nos côtes, voila un projet que nous ne pourrons laisser passer sans réagir.

Nous appelons l’ensemble des Bretonnes et des Bretons ainsi que l’ensemble des cinémas de Bretagne à boycotter le film de Bécassine !

 Pour les salles récalcitrantes* qui voudraient tout de même le diffuser, nous annonçons une campagne de boycott actif qui ne prendra fin qu’avec la déprogrammation de Bécassine !. Ce film insultant ne pourra passer en Bretagne sans en payer le prix et nous ferons en sorte qu’il soit le plus élevé possible.

Nous sommes de celles qui s’organisent, nous ne repasserons plus jamais vos chemises !

*Ce communiqué a été envoyé à l’ensemble des cinémas des 5 départements bretons.

Éphéméride des luttes bretonnes / Mai

Éphéméride des luttes bretonnes du mois de mai, quelques exemples et évènements dans l’histoire du militantisme breton.

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19 mai 2016, une coordination bretonne (gauche indépendantiste, Nuit debout) lance l’appel de Plouaret pour des blocages économiques et pour une convergence des luttes locales après avoir bloqué les trains de la ligne Brest-Rennes, « Nous saluons ceux qui se soulèvent. Ceux qui bloquent le port de Lorient, le port de Donges, la rocade rennaise et sommes solidaires des estropié.e.s et réprimé.e.s de la loi Travail et de l’État d’urgence. »

31 mai 1997 au Carnet en Loire Atlantique 40 000 personnes se rendent à une journée d’action contre le projet de construction d’une centrale nucléaire par EDF.

21-22 mai 1994 la 8ème Gouel Broadel ar Brezhoneg se déroule à Spézet, la déclaration des organisateurs affirme « C’est en Bretagne et avec les Bretons que nous trouverons les solutions pour la survie de notre langue nationale. Ce n’est pas Paris, ni même Strasbourg ni Bruxelles qui agiront à notre place. »

Mai 1990, Gilbert Cabon et Jean Yves Meudec accusés d’association de malfaiteurs et de détention d’explosifs dans le cadre des actions de l’ARB sont libérés après avoir déjà passé 11 mois de prison en préventive pour Cabon et 4 mois pour Meudec. Pendant le procès, Gilbert Cabon se voit refuser le droit de s’exprimer en breton. En signe de protestation des militant-e-s d’Emgann se bâillonnent dans la salle d’audience et la police tente d’évacuer les « baillonné-e-s ». Après quelques affrontements dans la salle et aux abords, les manifestant-e-s ont le droit le regagner leurs places. A la fin du procès, alors que les peines prononcées n’excèdent pas les mois effectués en préventive et que les détenus peuvent donc repartir libres, le Kan Bale an ARB est entonné et un drapeau français est brûlé.

1er mai 1984, pour célébrer la « fête du travail » l’ARB réalise un attentat contre une agence d’intérim à Saint Brieuc et contre la direction départementale du travail à Rennes. Dans un communiqué, l’organisation explique son geste du fait des 140 000 Breton-ne-s au chômage alors que « des milliers sont radiés des assedics et réduits à la mendicité ». Elle s’en prend également à l’État français « responsable du sous développement de la Bretagne » et affirme « C’est ensemble que nous arracherons l’indépendance à l’état français pour bâtir la société socialiste et solidaire bretonne de demain. »

Mai 1984, quatre militants de SAB, Stourm Ar Brezhoneg, sont condamnés par le tribunal de Guingamp à plusieurs milliers de francs d’amende pour avoir dégradé des panneaux de signalisation dans le but d’obtenir une signalétique bilingue, qui depuis est devenue assez courante en Bretagne.

Mai 1976, le CARPEL, comité anti répression peuples en lutte, qui rassemble des individus de Bretagne – dont Alan Stivell -, Corse, Pays Basque, Occitanie, lance un appel pour la libération des prisonniers politiques corses et bretons dans le contexte des évènements d’Aléria et des attentats du FLB. Le même mois de mai 1976 est aussi marqué par la naissance du FLNC – Front de Libération National de la Corse.

14 mai 1968, l’usine de Sud-Aviation à Nantes est occupée par les grévistes, c’est le coup d’envoi de la grève générale qui va se généraliser à partir du 18 mai.

Mai 1960, la revue Labour Dispac’h annonce la création d’un Comité d’action et de liaison antifasciste du mouvement breton. Les buts de ce comité sont « – Lutte contre le fascisme et le totalitarisme en Bretagne en premier chef et en tous lieux du monde.
– Lutte pour la suppression des camps de concentration français, de l’impérialisme français et toutes les formes d’arbitraire et de terreur policière, en tous lieux et en toutes circonstances.
– Opposition à toute forme de fascisme dans le Mouvement breton et action en faveur d’une pensée bretonne authentique et exempte de toute corruption étrangère »

Mai 1941 le groupe clandestin Gwenn ha Du dépose une bombe à la gendarmerie de Carhaix pour protester contre « Toute atteinte à l’intégrité bretonne », qui arrivera pourtant en juin 1941 avec la création des régions du régime de Vichy où la Bretagne se retrouve à quatre départements.

Mai 1913 Camille Le Mercier d’Erm du PNB – parti nationaliste breton – publie une brochure Le nationalisme breton et l’action française, dans laquelle il critique les idées de l’AF et de son gourou Charles Maurras. « D’aucuns pourront nous dire encore que nous avons bénéficié de la « civilisation française ». Mais la civilisation, le progrès social, ne sont pas français ; ils sont universels et point n’est besoin d’être Français pour en profiter. »

Bretagne résidence secondaire : villages en ruines, jeunesse en exil !

Le collectif indépendantiste Dispac’h lance une campagne contre la spéculation immobilière. Durant le weekend du 17 et 18 mars des militant.e.s ont collés des affiches sur des résidences secondaires aux 4 coins de la Bretagne :

  • A Saint Malo sur le site du projet d’un Hôtel 5 étoiles privé en bordure de mer (et sur un terrain public !!).
  • Dans le pays de Guérande où la spéculation empêche particulièrement les jeunes paludiers de s’installer dans de bonnes conditions, et à Mesquer où près de 70% des logements sont des habitats secondaires.
  • Dans le pays de Carantec, en nord Bretagne, où les résidences secondaires représentent presque 40% des habitations comme partout sur le littoral breton.
  • Mais aussi en Cornouaille à Fouesnant et Bénodet, ou dans les Côtes d’Armor à Plouha, villes qui voient aussi leur jeunesse s’exiler vers les campagnes !

Petite sélection de photos du lancement de la campagne :

En Bretagne, le territoire côtier est dépendant à l’économie touristique. Cette quasi mono activité, saisonnière, est lourde de conséquences pour nos villages : commerces qui tournent au ralenti  et travail saisonnier durant la moitié de l’année. Cette situation entraine également une exploitation des travailleuse.r.s en précarisant les emplois et en multipliant les abus aux droits du travail.

Le tourisme est consommateur d’espace et donc de logements. La non régulation de l’immobilier et le développement des résidences secondaires depuis des dizaines d’années entraînent une hausse des prix et des loyers constante. Les logements sont ainsi devenus inaccessibles à celles et ceux ayant de faibles revenus au moment où nous en manquons cruellement ! Travailleuse.r.s précarisé.e.s, familles, jeunes,  migrants… etc. Les villages ainsi vidés de leur vie plus de la moitié de l’année voient fuir les services publiques et disparaître les dynamiques et initiatives locales. C’est la ruine de nos villages et la jeunesse qui s’exile !

L’industrie touristique est aussi destructrice de l’environnement. La concentration de visiteurs durant une période courte de l’année sur le littoral nécessite la construction d’équipements toujours plus importants qui participent au bétonnage de nos côtes. Cela entraîne également une surproduction de déchets qu’il faut gérer (stations d’épuration saturées, coûts de collecte des déchets…). Le tourisme que nous subissons aujourd’hui n’est pas un tourisme durable qui crée une harmonie en termes d’aménagement du territoire.

En Bretagne, les modèles de mono-économie comme le tout tourisme sur nos côtes, ou l’agriculture productiviste dans nos campagnes ne sont plus acceptable. Pour d’autres choix de société et de vie, nous revendiquons le droit de décider pour les territoires sur lesquels nous vivons.

Des pouvoirs communaux jusqu’à l’indépendance, autodétermination pour le peuple breton !

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