Manifeste contre l’UE / Manifesto a-enep an UE

[en français plus bas]

Sinañ ha skignañ a reomp (gant strolladoù all) ar manifesto-se a-enep Unaniezh Europa. Lennit ha soñjit a-roak kemer perzh d’an dilennadegoù Europa e miz Mae.

Klik amañ evit mont war al lec’hienn internet e brezhoneg 

”EVIT SOUVERENIEZH AR POBLOÙ, NANN DA UNANIEZH EUROPA”

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Kensinet o deus un toullad aozadurioù sokial, sindikadel ha politikel ar manifesto-se, a-benn kas drezañ ur gemennadenn da holl labourer.ien/ez.ed. ar c’hevandir:

Nac’hañ a reomp ensavadur politikel, armerzhel, milourel ha sevenadurel Unaniezh Europa hag a voug ar pobloù ha renkad ar vicherourien , aozet eo evit difenn ar reizhiad kevalaour, impalaerelour ha tadelour evit gounid un nebeud tre a dud.

Emaomp e kreiz ur maread ma kresk ar faskouriezh, ar ouennelouriezh, hag estrengasouriezh, ur mare merket gant un dismegañs hag ur feulster a-enep ar maouezed pe ar c’horfoù maez ar reolad, er mare-mañ e prenner an harzoù, e vez distrujet ar gwirioù hiniennel ha stroll, emaomp ur c’houlzad a dalvez ez a war baouraat ar boblañs ha war zisteraat gwir al labour, ur maread fall evit an tirderioù hag al labour-douar lec’hel , ur maread a breizherezh danvezioù e-barzh hag e diavez da Unaniezh Europea, ur maread a servij evit prevesaat ha troc’hañ ar budjedoù sokial diwar urzh ar c’hevala, ur c’houlzad a redoù poblañs adalek diabarzh ha diavez Unaniezh Europa, ur maread a waskerezh evit a re a sav, a gan pe a skriv a-enep d’ar galloud-se, ur mare merket gant ar fed ma vez nac’het d’ar pobloù ar gwir d’en em dermeniñ, en ur mare m’az a war galetaat tagadennoù impalaerouriezh ar Stadoù-Unanet hag Aozadur ar Feur-emglev Norzh Atlantel.

Da lâret eo ur mare argad a-enep ar pobloù hag hollad renkad al labourerien. Gouzout a reomp n’eo ket ur blegenn ispisial hag a gemmo a-benn nebeud, ur gudenn hollek an hini eo liammet gant an ensavadur a-bezh : respont nerzhioù ha galloudoù Unaniezh Europa a-benn derc’hel da ziorren daspugnadur ar c’hevala. Ha kement-se daoust ma’z eo bet diskouezet deomp evel dremm ur raktres digor ha mousc’hoarzhus, ganet eo an Unaniezh evit difenn ha mirout interestoù pennoù bras Europa.

Setu perak e sonj deomp n’hall ket bezañ adreizhet hag azasaet an ensavadur diouzh c’hoantoù hag interestoù ar pobloù hag ar renkadoù pobl. Ensavadurioù nann demokratel eo an Troïka, Kengor Europa, Aozadur Feur-Emglev Norzh Atlantel, EUROPOL ha kement zo tout, un ostilh arvevadek ha dieffedus eo Parlamant Europa, e servij begennoù uhel ar c’hevala ha galloud an embregerezhioù liesvroadel. Kement politikerezh daizelat a dremeno dre ret dre zisaverezh Unaniezh Europa hag un ur sevel ur skouer politikel embarzhus a vije gouest da vont pelloc’h eget an egor douaroniel a vremañ , ha diazezet war ar c’hengred ha souvereniezh ar pobloù.

Europa, miz Du 2018

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Nous signons et diffusons (ainsi que d’autres groupes) ce manifeste contre l’Union Européenne. Lisez et pensez-y avant de prendre part aux élections européennes du mois de mai.

Clic ici pour aller sur le site

“POUR LA SOUVERAINETÉ DES PEUPLES, NON A L’UNION EUROPÉENNE”

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Plusieurs organisations sociales, syndicales et politiques en Europe souscrivons à ce manifeste dans lequel nous voulons nous adresser aux travailleurs et aux travailleuses de tout le continent:

Nous rejetons l’Union européenne en tant que structure politico-économique, militaire et culturelle de domination des peuples et de la classe ouvrière, qui vise à maintenir le système capitaliste, impérialiste et patriarcal au profit de quelques-uns.

Nous vivons une époque de fascisme croissant, de racisme et de xénophobie, de machisme et de violences continuelles contre les femmes et les corps dissidents, de fermeture des frontières et de violation des droits individuels et collectifs; un période d’appauvrissement de la population et de perte du droit du travail, un temps de destruction des territoires et de l’agriculture locale et de pillage des ressources tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Union européenne, un temps de privatisations et de coupures exigées par le capital, un temps d’exodes migratoires depuis l’intérieur et depuis l’extérieur de l’Union européenne, un temps de répression contre ceux qui se mobilisent, chantent ou écrivent contre le pouvoir établi, un temps de négation du droit à l’autodétermination des peuples, un temps d’intensification des agressions impérialistes de la part des États-Unis d’Amérique, de l’Union européenne et de l’OTAN… En définitive, un temps d’agression contre les peuples et l’ensemble de la classe ouvrière.

Mais nous savons clairement que ce n’est pas une situation conjoncturelle qui se rétablira avec le temps, mais une situation structurelle: la réponse des puissances de l’Union européenne pour continuer à développer et à perpétuer le système d’accumulation capitaliste. L’Union européenne est née précisément pour défendre et maintenir les intérêts des élites européennes, même si on voulait nous montrer un visage amical.

Par conséquent, nous affirmons qu’il n’est pas possible de réformer l’Union européenne afin qu’elle réponde aux intérêts des peuples et des classes populaires. La Troïka, la Commission européenne, l’OTAN, EUROPOL… sont des structures totalement antidémocratiques et le Parlement européen est un organisme inopérant et parasitaire au service des élites et des transnationales. Toute alternative à la démocratisation passera par la déconstruction de l’Union européenne et la construction d’un modèle d’intégration, qui, au-delà de l’espace géographique actuel, sera basé sur la solidarité et la souveraineté des peuples.

C’est pourquoi, les organisations qui signons ce manifeste appelons à un renforcer la solidarité internationaliste et à commencer ensemble à concevoir une alternative à l’Union européenne, au service des peuples et de la classe ouvrière.

Europe, novembre 2018

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Éphéméride des luttes bretonnes – Février

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Février 2018 : La mort d’Olivier Le Clainche, alias Kendal Breizh, est rendue publique par les groupes combattants kurdes. Ce breton de 41 ans, indépendantiste, révolutionnaire et internationaliste, était depuis plus de six mois au Kurdistan, parti comme volontaire dans le Bataillon international pour mener le combat contre Daesh et défendre la révolution du Rojava. Après avoir participé au siège et à la victoire de Raqqa, une nouvelle menace d’invasion turque vient mettre en danger les territoires kurdes qui se débarrassent à peine de l’État islamique. Les combattant.e.s internationaux n’étaient pas invité.e.s à se rendre sur ce nouveau front, mais Olier se porte volontaire avec d’autres camarades. C’est dans la région d’Afrin qu’il trouve la mort, au cours d’un bombardement.

22 févier 2014 : Une grande manifestation s’empare de Nantes pour défendre la zad et contester le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. La foule qui prend la rue est massive, 20 000 personnes selon la préfecture, 50 000 selon les organisateurs. Le cortège anti-autoritaire, qui à l’époque était à l’arrière des manifestations, est bien vite devancé par une multitude de groupes offensifs. Malgré l’énormité du dispositif policier, la manifestation dure jusqu’au soir et les affrontements se poursuivent encore plus longuement. Avec comme précédent la victoire contre l’opération César, le mouvement des Bonnets Rouges et une autre émeute anti-Front national à Rennes, la Bretagne retrouve les humeurs révolutionnaires qu’elle déjà pu connaître par le passé. Malgré la présence du terrain de conflit sur un département officiellement non-breton, Notre-Dame-des-Landes commence à prendre dans les imaginaires collectifs un air de Plogoff. Et comme à cette époque, des figures du monde culturel breton comme Hamon Martin ou Gilles Servat ont redonné de la voix aux luttes populaires, signe d’une époque qui s’agite à nouveau.

5 février 2000 : Nantes à nouveau, 30 000 personnes prennent la rue en réaction à la marée noire causée par l’Erika. De nombreuses tendances politiques de gauche participent à la manifestation, dont un cortège indépendantiste et révolutionnaire composé de militant.e.s d’Emgann, de la CARB (Coordination anti-répressive de Bretagne), de la Skalp (antifasciste) et de l’OCL (communiste libertaire). Le cortège se fait remarquer en accrochant une banderole « Desmaret [pdg de Total] en prison, les prisonniers politiques bretons à la maison », la foule reprend le slogan. Dans le même temps, des tracts sont distribués pour une manifestation en faveur des prisonniers politiques à venir à Rennes, et le soir un concert vient clôturer la journée en collectant des fonds pour Skoazell Vreizh.

Février 1982 : Hervé Kerrain et Bernard Corbel publient une lettre dans Douar Breiz, le journal du SPV (Strollad Pobl Vreizh) et du MIB (Mouvement d’Insoumission Bretonne). Ils ont été incarcérés pour avoir refusé de faire le service militaire auquel ils avaient été appelés. Une deuxième convocation d’ailleurs, car à la première tentative ils étaient partis en Irlande. Quatre ans plus tard, et après une condamnation pour insoumission amnistiée à la suite de l’élection de 1981, ils reviennent en Bretagne. Ils sont de nouveaux appelés et ils se rendent cette fois à la convocation, déclarant refuser le service et préférant passer du temps en prison plutôt que sous l’uniforme français. Dans Douar Breiz, ils en appellent à la généralisation de l’insoumission et au soutien du mouvement antimilitariste, du monde politique progressiste et du mouvement breton. Le texte est sans ambiguïté : « En refusant de porter l’uniforme français, nous marquons ainsi notre refus de servir les oppresseurs du Peuple Breton : l’État français et ses valets. Servir l’état français c’est se condamner soi-même à maintenir la servitude de notre peuple. » Ce geste leur vaudra de passer plus de deux ans en prison, ce qui fut fait, sans repentir ni reniement de leurs idées.

Février 1980 : A Plogoff sur la pointe sud du Finistère, le petit village breton devient symbole de résistance au nucléaire. Des élus locaux aux franges révolutionnaires, dans les villes et les campagnes, une grande partie de la société bretonne se mobilise pour faire tomber le projet de centrale. En janvier 1980, les dossiers de l’enquête d’utilité publique arrivent à la mairie de Plogoff et se transforment immédiatement en un feu de joie sur la place publique. Des camions sont amenés par la préfecture pour jouer le rôle de mairie annexe, avec en parallèle chaque jour la mise en place d’une occupation policière massive pour protéger les camions. La pointe du Raz prend des allures de colonie remuante à pacifier. La police ne suffit plus, les parachutistes et les blindés sont envoyés pour affronter les « messes » bretonnes. Comme un rituel, chaque jour, l’attaque des troupes d’occupations, les barricades, les flammes jusque tard dans la nuit. La lutte tiendra sans fléchir jusqu’à l’élection de Mitterrand, et l’abandon final du projet, comme celui du Pellerin dans le pays nantais.

13-14 février 1974 : A la veille de ce qui ne s’appelait pas encore la saint Valentin, un colosse au pied d’argile tombe. L’imposant émetteur relais de Roc’h Tredudon, au sommet des monts d’Arrée, s’est écrasé au sol en s’étalant de tout son long, détruit par un attentat à l’explosif. L’action a un écho considérable et l’État, qui à l’époque gère la seule chaîne de télé autorisée, est tourné en ridicule. Le Finistère n’a plus de télévision pour plusieurs semaines, des ethnologues et des sociologues débarquent en Bretagne pour mesurer les effets d’une coupure brutale de petit écran. Dans le monde breton, des rumeurs circulent bien vite sur les origines de l’attentat, certains bruits parlent d’un complot policier. Un parti breton bien intégré dans le monde institutionnel se fait le relais de ces rumeurs et commence à se persuader que l’attentat est une machination visant à réprimer ses militant.e.s, ce qui n’est bien sur pas arrivé. « On a les frissons qu’on peut » en ricana un des membres du commando. Le FLB met fin aux rumeurs par une rencontre avec un journaliste où sont révélées les informations à propos du matériel utilisé, du mode opératoire et des motivations de l’action. L’attentat est à la fois une réponse à dissolution par l’État du FLB et à la censure qui a touché le seul journaliste en langue bretonne de télévision de l’époque. Sur les lieu de l’attentat, une pancarte laissée sur place donnait déjà l’indice à ce propos, on pouvait y lire, « Evit ar brezhoneg ».

Éphéméride des luttes bretonnes – Janvier

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5 janvier 2014 : Des Bonnets Rouges se retrouvent sur les ponts, avec banderoles et Gwenn ha Du, un peu partout au dessus des quatre voies des cinq départements bretons. Cette action de visibilité vient se greffer aux autres temps forts de la mobilisation, comme les occupations de quatre voies ou les manifestations dans les villes. Pour faire tomber l’eco-taxe néanmoins, les Breton.ne.s restent très terre à terre. Dans le mois de janvier, un portique endommagé à Jans (44) est démonté par l’État, à Gosné (35) un feu est également venu saboter l’installation. D’octobre 2013 à mars 2014, il ne se passe pas un mois en Bretagne sans que des actions du genre ne visent des portiques, et sur la même période le rythme est encore plus soutenu pour les attaques de radars.

27 janvier 2000 : Gérard Bernard, militant indépendantiste membre d’Emgann, rédige une lettre pour le journal du parti, Combat Breton. Il est incarcéré dans les prisons françaises quand il rédige cette lettre, accusé d’avoir participé aux activités de l’ARB dans les années 1990. Il fera plus de deux ans de détention provisoire avant d’être jugé. Durant son incarcération, il témoigne à plusieurs reprise des pratiques humiliantes et dégradantes qui sévissent dans le monde de la police, de la justice et des prisons françaises. Interrogatoires de nuit, cellules déplorables, repas froids, fouilles à nu répétées avec palpations insistantes malgré l’absence de vêtements, volonté d’imposer des pratiques dégradantes bien qu’elles soient systématiquement refusées (« à poil, mettez vous accroupis, toussez »). En dépit de ce quotidien difficile, les militants Bretons incarcérés maintiennent un esprit revendicatif. Avec d’autres prisonniers politiques Basques, ils refusent de remonter en cellule après une promenade. Sur les murs de la cours, ils ont collé une affiche à coté d’un drapeau français et espagnol, on peut y lire l’inscription « Tortionnaires » comme trait d’union entre les deux drapeaux. Une action qui vaut notamment à Gérard Bernard de faire un passage au mitard, c’est-à-dire à l’isolement total, dans une cellule de trois mètres carrés avec comme seul mobilier une table et un lit en béton. C’est là qu’il se trouve le 27 janvier quand il écrit sa lettre pour Combat Breton.

10 janvier 1994 : Un nouvel axe routier est inauguré dans le sud de Brest, entre le pont de l’Élorn et la Plage du Moulin blanc. La nouvelle signalétique routière est monolingue française, et dans la nuit qui précède l’ouverture de la route, des militant.e.s de Stourm Ar Brezhoneg (SAB) se sont occupés de repeindre l’ensemble des panneaux. Le communiqué transmis aux médias conclue sur la détermination toujours intacte du groupe à poursuivre les actions de peinturlurage pour obtenir une signalétique bilingue : « Kenderc’hel a raio Stourm ar Brezhoneg d’en em gannañ evit-se, gant doareoù o deus diskouezet bezañ efedus. Brezhoneg, yezh ofisiel e Breizh ! Panelloù hent brezhonek e Breizh! » / « Stourm ar Brezhoneg continuera à combattre avec les moyens qui ont démontré leur efficacité. Langue bretonne officielle en Bretagne ! Des panneaux routiers en breton en Bretagne ! »

1977: Durant le mois de janvier 1977, de très nombreux attentats se produisent en Bretagne sous l’action du FLB-ARB. L’année commence par des attaques sur la cité administrative de Redon, le centre de redevance de l’ORTF (pour la langue bretonne dans les médias), le palais de justice de Saint Malo (justice justement, pour l’ensemble de son œuvre), sur les chantiers et carrières de l’entreprise Lagadec (cf éphémérides du mois de décembre et septembre) à Brest et Saint Renan, ainsi que le cercle des officiers de Rennes. 1958: Lancement du journal L’Avenir de la Bretagne, création de la droite bretonne portée par Yann Fouéré, ancien notable régionaliste collaborateur. La ligne idéologique du journal et du mouvement politique qui l’accompagne, le MOB – Mouvement pour l’organisation de la Bretagne – se résume dans une phrase : l’appartement Bretagne dans l’immeuble France du quartier Europe. Conservateur, partisan d’un ordre social inchangé et officiellement hostile à l’indépendance, le MOB se crée sur une période où les mouvements bretons sont presque inexistants. Raccroché au CELIB, regroupement de notables et de patrons utilisant les colères populaires bretonnes pour négocier des aménagements capitalistes du territoire avec Paris (Plogoff, Notre Dame des Landes), le MOB n’arrivera jamais à construire un mouvement idéologiquement cohérent face à l’époque de transformation radicale que connaît la société bretonne traditionnelle au sortir de la guerre. Quelques années après sa création, alors que le journal soutient l’Algérie française et peste en mai 1968 contre les idées de gauche, le mouvement finit par disparaître. À sa suite viendront la fin des années 1960 et la décennie 1970, où opposition au remembrement, au nucléaire, aux fermetures d’usines, à l’armée, à l’État français et au capitalisme en général, vont plus que jamais se lier aux idées nationalistes bretonnes.

Janvier 1921 : Le petit journal régionaliste conservateur Breiz Atao, proche du royalisme français, abandonne officiellement son premier sous-titre pour devenir la « Revue mensuelle du nationalisme breton ». Les départs des fondateurs et les changements d’idées de l’équipe de rédaction poussent en effet le journal à prendre ses distances avec le régionalisme, avec la religion catholique, avec le respect pour l’armée et l’amour de la patrie française. Au nom de leur nouveau nationalisme, ces militants assument n’être ni de droite ni de gauche. Pour des gens qui fréquentaient dans leur jeunesse l’Action française, cela signifie que les idées de gauche sont maintenant les bienvenues dans le nationalisme breton. Quelques années plus tard les jeunes de Breiz Atao prendront la rue par l’activisme et n’hésiteront pas à dire qu’ils comptent des communistes dans leur rang. De même, là où il fut répété pendant des générations que l’engagement breton ne pouvait qu’être lié à la religion catholique, ils répondent qu’on peut être protestant, catholique ou athée, et nationaliste. Comme l’écrivent conjointement Morvan Marchal, l’inventeur du Gwenn ha Du et futur antifasciste, et Olivier Mordrel, futur fasciste, en avril 1924 dans Breiz Atao : « Nous sommes venus des quatre coins de la politique, de la religion, de la pensée. Nous nous sommes rencontrés à la Nation Bretonne. »

Gilets Jaunes : il est toujours bon de faire trembler les rois

[E brezhoneg war-lec’h]

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Depuis la première mobilisation des Gilets Jaunes le 17 novembre, ce mouvement monte en puissance par des actions de blocage, d’occupation, de manifestation et d’émeute. Le pouvoir tremble et nous ne pouvons qu’en être satisfait.e.s !
Le légitime ras-le-bol à propos des taxes a cristallisé de profondes colères latentes. La radicalisation expresse du mouvement l’amène maintenant, pour partie, à envisager des solutions révolutionnaires. L’attentisme puis les miettes données par Macron ont contribué à accélérer ce processus : les revendications portées sont maintenant multiples et en évolutions permanentes.
Des revendications à propos du renforcement des forces de police ou d’expulsion des migrant.e.s disparaissent peu à peu, les classes populaires abandonnent les illusions des réformistes de tous bords. La conscience de classe revient à mesure que les Gilets Jaunes comprennent où sont leurs intérêts et qui s’y oppose.

Il y a néanmoins un point important sur lequel le mouvement ne s’est pas encore assez questionné : son rapport à la nation française. Nous constatons dans certains groupes locaux en Bretagne des avancées louables sur la question des langues minoritaires, voire même sur la question du droit à l’autodétermination. Les Gilets Jaunes s’entourent pourtant allégrement des symboles de l’État qu’ils affrontent : marseillaise, drapeau tricolore, allégeance citoyenne.
Si cette symbolique aide à maintenir un dogme jacobin dans les esprits, le mouvement risque sûrement d’y perdre plus que d’y gagner. La sur-représentation des drapeaux bretons ou drapeaux d’autres peuples dans les manifestations des Gilets Jaunes révèle une volonté sous-jacente d’émancipation autre que les grandes revendications affichées dans les médias. Le mouvement parle maintenant de réforme des institutions, de destitution du pouvoir, de vastes politiques sociales, mais bien peu encore de l’autonomie des territoires et du droit de décider. Le référendum d’initiative populaire est loué par les Gilets Jaunes, il est donc légitime d’y parler de référendum pour la réunification de la Bretagne ou pour des consultations sur d’éventuelles autonomies ou indépendances !

Ce mouvement est d’autant plus caractérisé par une nette volonté de ne pas être dirigé. L’expérience des Bonnets Rouges nous a montré en Bretagne à quel point le pouvoir pris par les leaders peut vite conduire à des trahisons. Puisqu’il n’y a pas de direction française centralisée, des territoires comme la Bretagne peuvent donc légitimement y aborder des questions qui leurs sont propres, dont l’autodétermination !

Il est bien difficile de savoir comment va évoluer ce mouvement. Il ne sera pas surprenant de le voir s’arrêter demain, ni de le voir continuer pendant des mois. Mais si la dynamique se maintient, nous ne pouvons qu’inciter à y porter des soutiens indépendantistes, en Bretagne et ailleurs. Ne pas comprendre et ne pas participer à ce mouvement, c’est se condamner à l’incompréhension de nombreuses aspirations populaires à venir.

Appel à intensifier la révolte en Bretagne, à se rendre aux blocages, aux manifestations, à y porter un message indépendantiste et révolutionnaire !
Appel à tou.te.s les antifascistes à barrer l’extrême droite dans le mouvement et à l’expulser des manifestations comme à Paris !

Vive la Bretagne libre, vive la révolution !

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Jiletennoù melen : Ar roueed a greenn en o ziez.

Emsav ar Jiletennoù melen n’eus kresket abaoe o manifestadeg kentañ d’ar 17 a viz Du. A drugarez da obererezhioù skoilhañ, ac’huberez, pe manifestadegoù o tostaat deus un taol-dispac’h, emañ ar galloud e penn o krennañ. Ha deus an dra-se e c’hellomp-ni bezañ plijet.
Gant istor an tailhoù eo bet lakaet war well ur c’hounnar don a chome kousket e spered an dud.
Krenaat fonnus al luskad a gas ul lodenn mat deus outo, da glask war lerc’h diskoulmoù dispac’herien.
Gortozhidigez Macron hag ar paourkaez restachoù roet gantañ erfin n’eus lakaet an traoù da fonusaat. An arc’hadurioù goulennet a zo bremañ lieseurt hag o kemmañ, o emmdroañ bemdez.
Arc’hadurioù o c’houlenn kreñvaat ar polis pe skarzhañ ar repuidi a zo o vont diwar well tamm ha tamm, ar renkad poblek a zilosk o selloù touellet war an disivouderien politikel a bep tu.
Dont a ra en dro an dud da vezañ emskiant deus an diforc’hioù etre pep renkad. Adkavout a reont pelec’h emañ o interest, ha piv zo enepto
En desped da se e chom ur poent a n’eo ket bet komzet deus outañ gant ar jiletennoù melen. Penaos eo an traoù keñver an darempredoù gant bro-c’hall. Ba luskadoù zo e Breizh hon eus merzet araokadennoù zo war ar yezhoù minorelek, ha memes war ar gwir da zivizout en un doare lerc’hel ha gant ar bobl. Ar jiletennoù melen o deus koulskoude implijet arouezioù ar stad emaint o stourm a enep : ar marseillaise, ar baniell triliv, an allégeance citoyenne. An arouezioù-se a zo ur gwask ag a vir ur spered jakobin, kuit da gas traoù fall d’al luskad.
Koulskoude pa vez gwellet an niver a banielloù breizh pe a banielloù pobladoù all er manisfestadegoù jiletennoù melen e vez santet ur c’hoant dieubidigezh all, disheñvel ouzh an arc’hadurioù skignet gant ar mediaoù
Al luskad a gomz deus reformoù an ensavadurioù, deus eztitladur ar galloud, deus politikerezh sokial, met ne vez ket klevet kalz komz deus emrenerez an tiriadoù ha deus ar gwir d’ar bobl da zivizout. Ar gwir da zivizout evit adunvaniñ breizh ! Referundumoù all war un emrenerezh posubl pe un dizalc’hidigez memes !
Al luskad a zo merket gant ar c’hoant bezañ emren nac’hañ a reont bezañ renet.

Skiant prenet ar bonnedoù ruz e Breizh neus diskouezet pegen danjerus eo pa vez renerien o tapout ar galloud. Ganto vez degaset riskloù trubarderezh buan tre. Dre ma n’eo ket ul luskat kreizennet war bro c’hall, tiriadoù vel Breizh a c’hell mat tre degas o ac’hadurioù dezho, hag ar gwir da zivizout en tiriad n’eo ket an hini diwezhañ !
Diaes mat eo gouzout penaos e troio al luskad se . Ne vefemp ket souezet o welet n’añ paouez warc’hoaz pe kenderc’hel pad mizioù.
Ma vez dalc’het gant al luskad ne c’hellomp ni nemmet atizañ an dud da zegas o skoazell dizalc’hourien, e Breizh ha pep lerc’h. Chom hep kompren pe kemer perzh d’al luskad se a zo prennañ dorioù evit kompren ac’hadurioù ar bobl.
Galv a reomp da stourmiñ evit an dispac’h e Breizh, mont da sikour el lerc’hioù stanket, d’ar manifestadegoù. Degas ur preder hag ur galv dizalc’hour el luskad !
Galv d’an holl enepfaskourien evit nac’hañ al luskad d’an tu dehou pellañ ha skarzhañ anezho deus ar manifestadegoù giz e Pariz !

Bevet Breizh dieub, bevet an dispac’h !

Ephéméride des luttes bretonnes / Décembre

Miz kerzu

29 et 30 décembre 2008, 6 jeunes militants du Groupe d’Intervention pour la Réunification de la Bretagne sont interpellés en flagrant délit et/ou à leur domicile après avoir recouvert la propagande Pays de Loire de coaltar et de « 44=BZH » sur 5 trains TER ainsi que l’Hôtel de région PDL. Ils sont libérés le 31 décembre sous les acclamations d’une cinquantaine de personnes venues les soutenir devant les locaux de la Brigade Départementale de Police de Nantes. Le Président de la Région PDL de l’époque Jacques Auxiette, agacé par les barbouillages fréquent de sa propagande, avait téléphoné en personne au préfet pour lui demander de traiter l’affaire avec fermeté.

16 décembre 2000, 400 personnes manifestaient à Morlaix pour la libération des prisonniers politiques bretons. En entonnant le slogan de « Chirac en prison, les Bretons à la maison », la manifestation passe devant le commissariat, le tribunal et la mairie, où un drapeau français est brûlé. Le choix de la ville de Morlaix ne tient pas au hasard, Marylise Lebranchu en est la maire, elle appartient au Parti Socialiste qui partage à ce moment le pouvoir avec la droite dans le cadre d’une cohabitation. Cinq ans plus tôt, alors que le PS était dans l’opposition, Lebranchu s’était affichée dans une manifestation de soutien aux prisonniers politiques qui avait rassemblé aussi bien en Bretagne qu’au Pays Basque ou en Corse. Mais en l’an 2000, malgré le passage de la manifestation devant ses fenêtres, la maire de Morlaix n’a pas dénié se montrer, ah quoi bon, quand on est plus dans l’opposition ?

17 décembre 1995 : La jeune région des Pays de Loire cherche à faire connaître l’identité d’une région qui n’existait pas il y a seulement une génération. Pour pallier à ce manque d’attache locale d’une région technocratique, les technocrates financent un car-forum dont le but est de faire des tournées auprès de la population pour leur vendre l’identité pays-de-loirienne. Le 17 décembre il doit se rendre à Nantes, le cœur de son voyage. Un petit détail vient perturber la fête, 900 personnes défient le mauvais temps pour venir manifester contre la présence de cette communication fumeuse dans la capitale bretonne. Par précaution, la visite du car est annulée à la dernière minute. La manifestation est menée par le CUAB (ancêtre de Bretagne Réunie) et le Front contre les Pays de la Loire. La présence de ce deuxième groupe a sûrement motivé l’acte d’annulation, il faut dire qu’il s’était fait connaître fin août en saccageant le car à La Baule.

6 décembre 1974 : Deux ans après les grandes mobilisations de la guerre du lait, de nouvelles actions viennent viser les jeunes et déjà puissantes coopératives de l’agro-alimentaire. Ces groupes qui poussent à l’industrialisation de l’agriculture bretonne attirent les colères de toute la petite paysannerie qui n’a plus que le choix de partir vers le modèle industriel, disparaître ou résister. Ce 6 décembre 1974 à Bécherelle, un commando du FLB incendie trois camions laitiers. L’importance des mobilisations paysannes de 1972 vont avoir de nombreux soubresauts pendant des années, les sabotages de ce genre sont assez réguliers en Bretagne dans la décennie 1970.

Décembre 1976 : Lutte clandestine toujours, une série d’attentats vient venger la mort de Yann Kel Kernaleguen (voir éphéméride septembre) et maintenir la mobilisation contre le projet de camp militaire à Ti Voujeret près de Chateaulin. Après des lettres ouvertes, des manifestations, des campagnes d’affichages, la création d’un comité de défense, c’est en effet les commandos des FLB-ARB qui prennent la suite de l’opposition au camp militaire. Après la mort d’un membre de ces commandos, les actions redoublent d’intensité contre le projet. Visée particulièrement, l’entreprise Lagadec qui s’occupe du terrassement en vue des constructions. Le 6 décembre à Brest et à Plougastel Daoulas, des explosions visent les chantiers de l’entreprise. Le 8 décembre à La Roche Maurice et le 11 décembre à Sizun, ce sont des barrages gérés par l’entreprise qui sont à leur tour visés. Dans les mois qui suivent, les chantiers, carrières et barrages de l’entreprise seront attaqués à de très nombreuses reprises par le groupe clandestin breton.

26 et 27 décembre 1931 : La Ligue Fédéraliste de Bretagne tient son premier congrès à Saint Malo. Le mouvement vient d’être lancé le mois précédent, tout comme son journal La Bretagne Fédérale. On retrouve dans ce groupe plusieurs militants bien connus du Parti autonomiste breton et de Breiz Atao : Morvan Marchal – le créateur du Gwenn ha Du – Ronan Rickwaert, Edmond Coarer, Arsène Gefflot, ou encore Goulven Mazéas – premier candidat à une élection pour le PAB en 1930. Par opposition au Parti national breton qui se créé également en 1931 sur les restes du PAB, la Ligue se définit à la fois comme nationaliste, pacifiste et partisane d’un fédéralisme international. Pendant le congrès, Marchal affirme la position du groupe par ces mots : « notre premier but est la reconstitution de la Bretagne dans l’intégrité de ses possibilités intellectuelles et économiques, c’est-à-dire avec ses droits et sa liberté de peuple original, donc de nationalité. Seul l’État français parce que centralisé à l’excès, impérialiste de nature, l’empêche. Nous devons donc lutter pour le fédéralisme qui procurera à la Bretagne son libre développement dans la Paix, car seul, l’union des peuples et non des états sera en mesure de nous l’assurer. »

Décembre 1925 : Le numéro 84-85 du mois de décembre-janvier de Breiz Atao donne signe d’une évolution politique certaine. De la revue lancée en 1919 par quelques régionalistes conservateurs, le journal est maintenant l’organe de l’UYV, un petit groupe nationaliste qui cherche à se développer sur le terrain politique et en matière d’idéologie. Dans ce numéro est discutée la question de l’indépendantisme catalan, que le journal analyse comme le « fils de l’oppression » que l’État central a fait subir à la région catalane sous sa tutelle. Quelques pages plus loin, Fañch Éliès, alias Abeozen, écrit un papier qui s’insurge contre la colonisation française en Indo-Chine. Debauvais de son côté, en ce qui concerne la Bretagne, annonce le lancement de la revue War Zao, une revue politique destinée aux classes paysannes et ouvrières de Trégor et de Cornouaille créée par Louis Derrien, un ouvrier de Guingamp. De son coté Mlle Le Roux, la secrétaire du groupe féminin de l’UYV, le premier groupe de femmes militantes bretonnes, publie quelques lettres de demande d’adhésion et continue sa campagne pour faire grandir le rôle des femmes dans le mouvement nationaliste. Léon Millardet, militant actif en Basse Bretagne, encourage quant à lui les troupes dans la chronique de l’UYV : « Nos exhortations d’il y a un an, notre travail depuis lors n’ont pas été vains. Nous pouvons avoir confiance. Il est clair que le mouvement ne s’arrêtera pas là. »

Éphéméride des luttes Bretonnes – Novembre

Miz Du
 
2 novembre 2013 La première grande manifestation des Bonnets Rouges réunit plus de 30 000 personnes à Quimper, une marée rouge remplie de drapeaux bretons recouvre la place de la Résistance, face à la préfecture. L’assemblée est très hétéroclite, pour beaucoup c’est une première manifestation. Au niveau des organisations, on note la présence des syndicats ouvriers en lutte comme FO avec les gens de Gad, des groupes de la CGT comme celle des marins pêcheurs en désaccord avec une direction nationale opposée à la manifestation. La FNSEA est également là et le préfet leur interdit de venir défiler en tracteur, quelques-uns serons vus sur place malgré tout. L’ensemble des mouvements bretons a fait le déplacement, seul Adsav – un groupuscule nationaliste d’extrême droite – n’affiche pas ses drapeaux. On voit sinon les bannières du Parti Breton, de l’UDB et de Breizhistance ainsi que du SLB. Avant même que la manifestation ne démarre, la préfecture et les CRS qui la protègent sont copieusement pris à partie. Les affrontements durent toute la journée et une partie de la soirée sur des barricades dans le centre de Quimper.
 
Novembre 2013 Dans le contexte d’agitation bretonne des Bonnets Rouges, une cinquantaine de radars est attaquée en quelques semaines en Bretagne, une trentaine détruite par le feu et complètement hors d’usage, une vingtaine dégradée. Dans la nuée des radars qui brûlent, un groupe nommé Argad Résistance Bretonne revendique la destruction de quatre radars dans le pays de Lorient. Le communiqué quelque peu confus réclame « la reconnaissance et le développement de la langue bretonne, le retour du Pays nantais en Bretagne, le respect du traité de 1532 et, enfin, pour l’arrêt de l’urbanisation intensive des campagnes bretonnes ». Passée la période très agitée des Bonnets Rouges, ce groupe revendiquera quelques actions en 2014 comme une attaque au cocktail molotov contre des gendarmeries ou une tentative d’incendie d’un centre des impôts.
 
12 et 13 novembre 1983 Emgann organise à Guingamp la première fête internationale des peuples en lutte, 3000 personnes se déplacent pour aller écouter Glenmor, I Muvrini dans des concerts aux sonorités internationales. La fête est aussi l’occasion de rencontrer les quinze délégations venues de différents peuples en lutte pour leur liberté comme au Pays Basques, en Guadeloupe, en Corse, en Irlande, en Écosse ou comme les peuples indiens de Bolivie. La déclaration commune des délégations s’achève sur ces idées « que seul un processus de décolonisation rendra à nos langues et cultures nationales la place qui leur revient de droit ; que seule la rupture avec le capitalisme garantira la liberté de nos peuples ; que vive la solidarité internationale des peuples et nations opprimées. »
 
29 novembre 1982 Youn Chaillou et Yannig Le Bechennec, deux militants du MIB – le mouvement d’insoumission bretonne – s’enchaînent a Maurice Birand, le député des Côtes-du-nord (aujourd’hui d’Armor). Le MIB lutte par nationalisme breton et par antimilitarisme contre l’enrôlement obligatoire des jeunes dans le service militaire. Par leur action les deux militants du MIB veulent se faire arrêter et incarcérer pendant les deux ans de leur service. Après avoir passé une heure en compagnie du député qui s’emporte en pensant être « plus représentatif de la population bretonne que ces mouvement marginaux », l’intervention de la police permet de faire sortir tout le monde dehors, et les deux enchaînés repartent sous les applaudissements d’une vingtaine de militant.e.s venu.e.s en soutien au cri d’ « insoumission bretonne ! ».
 
20 novembre 1932 : Le chef de l’État français Edouard Herriot vient à Nantes célébrer les quatre cents ans d’annexion de la Bretagne par la France. Cette cérémonie doit être une revanche sur le fiasco des célébrations de Vannes au mois d’août de la même année, dont les fêtes folkloriques avaient été complètement effacées par l’effet médiatique de l’attentat de Rennes sur le monument de l’union. Pour les fêtes de Nantes, le groupe Gwenn ha Du remet le paquet en faisant sauter la voie de chemin de fer qui conduit le chef de l’État pour Nantes, à la limite d’Ingrandes – sur la frontière entre la Bretagne et la France. Par souci d’épargner des vies humaines, le sabotage était signalé par des lanternes rouges, le train n’a donc pas déraillé et a seulement provoqué le retard de l’arrivée du train.
 
Novembre 1909 : Une délégation de députés et sénateurs emmenée par le député régionaliste républicaine Paul Guyesse va demander au ministre de l’Instruction publique M. Doumergue d’autoriser l’enseignement du breton. La réponse est simple et rapide : un refus total justifié par l’idée que l’apprentissage de la langue bretonne pourrait « favoriser les tendances séparatistes ». Sans doute avait-il raison d’une certaine façon. Comme une prophétie auto-réalisatrice, c’est sûrement l’opposition de l’État à la langue bretonne répétée décennies après décennies qui peut favoriser le séparatisme.

Éphéméride des luttes bretonnes – Octobre

Miz Here

27 octobre 2015 : le Sénat rejette le projet de loi constitutionnelle de ratification de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires. C’est la fin d’une longue agonie politique pour un texte qui n’aura finalement aucune réalité. Les débats autour de la Charte ont par ailleurs fait émerger, autour de Françoise Morvan, Pierre Hillard et d’autres, un ultra nationalisme français républicain aujourd’hui incarné par Mélenchon ou Le Pen, qui voit dans l’Europe le cheval de Troie des régions destiné à détruire l’unité des État nations comme la France. Le chantage européen contre l’indépendance de l’Écosse survenu au moment du référendum, et la carte blanche que l’Europe a accordée à l’Espagne pour réprimer le référendum catalan et son légitime droit à l’indépendance ont d’ailleurs tout à fait confirmé ce genre de craintes.

5 octobre 2002 : Le projet Menhirland de Carnac attire une animosité grandissante des populations locales, ce projet comptait investir 15 millions d’euros pour aménager le site des alignements de Carnac avec de nouveaux parkings, cafétéria et autres outils de dépense massive d’argent. Le collectif Holl a-gevred qui lutte contre le projet doit être reçu par la mairie. Néanmoins, le comité d’accueil est représenté par des gendarmes en tenue anti-émeute, le maire ayant expliqué qu’une cérémonie de mariage empêchait finalement l’organisation de la rencontre. Les gendarmes chargent violemment à deux reprises, trois personnes sont transportées aux urgences. Le drapeau français du fronton de la mairie disparaît dans la bagarre. Au final, la rencontre n’aura jamais lieu mais le projet sera abandonné un an plus tard.

1er octobre 1999 : Alain Sollé, militant Emgann de Fougères, est arrêté au petit matin par les services anti-terroristes. Le 5 octobre Bertrand Grimault, un collaborateur du journal Breizh Info (un journal breton de gauche disparu depuis), est arrêté à son tour. Avant eux, Denez Riou, Charlie Grall, Richard Lefaucheux, avaient été incarcérés. Ils sont tous militants, membres ou sympathisants d’Emgann. Ces arrestations font suite au vol de huit tonnes d’explosifs le 28 septembre à Plévin par un commando ETA-ARB.

20 octobre 1996 : Une première manifestation réunit trois milles personnes dans le petit bourg du Carnet (44) contre le tout nouveau projet de centrale nucléaire. Le choix du Carnet fait suite à la déroute des services de l’État dans la tentative d’imposition d’une centrale nucléaire dans les années 1970 au Pellerin, en Loire Atlantique également. Néanmoins, la contestation écologiste et anti-nucléaire en Loire Atlantique ne baisse pas en intensité, de nombreuses manifestations et actions vont venir faire capoter le projet dès l’automne 1997. Le PS qui redécouvre le fait d’être dans l’opposition tente d’ailleurs de s’intégrer dans le mouvement de contestation, mais sans grand succès, le tract d’Emgann diffusé dans la manifestation rappelle d’ailleurs bien l’état du débat : « nous refusons de nous associer au Parti Socialiste français qui ose signer des appels à manifester après avoir, pendant 14 ans de pouvoir, défendu le lobby nucléaire partout où il le pouvait dans l’hexagone (…) ou en Polynésie (..). Comme à Plogoff, luttons et organisons la résistance contre l’ordre nucléaire. »

31 octobre 1989 : Le Comité de Soutien de Guingamp aux prisonniers politiques bretons organise une action de blocage en barrant la quatre voies RN12. Le comité est mobilisé pour la libération de Gilbert Cabon, incarcéré pour des activités avec l’ARB. Lors de son procès il avait demandé à pouvoir s’exprimer en breton mais le juge a refusé la nomination d’un interprète. Il arguait en effet qu’il n’y avait pas d’interprètes assermentés en breton, ce qui a conduit spontanément 60 diplômés de breton des universités de Brest et de Rennes à proposer leur service pour réaliser la traduction. Les comités de soutien réussissent également à rassembler plus de 250 signatures d’élus breton pour le droit de s’exprimer en langue bretonne devant le tribunal. Malgré leurs efforts, Gilbert Cabon n’aura pas le droit à la fierté et à la liberté de parler publiquement sa langue à son procès avant de retourner dans les prisons françaises.

15 octobre 1983 : Un attentat à l’explosif produit des dégâts matériels importants à la cité judiciaire de Rennes. Le communiqué de revendication de l’ARB termine par ces mots : « Le FLB-Armée Révolutionnaire Bretonne demeure et demeurera l’expression permanente de la revendication Bretonne tant que les droits nationaux du peuple Breton ne seront pas acquis ! Femmes et Hommes de Bretagne, rejoignez-nous pour construire la Bretagne indépendante et socialiste de demain… Bevet Breizh dieub ha sokialour ! »

12 octobre 1930 : Le Parti autonomiste breton présente le deuxième candidat à des élections de son histoire. C’est Ronan Arnot, un ouvrier mécanicien de Rennes qui est choisit pour représenter le parti. Comme la précédente candidature de Goulven Mazéas la même année, le résultat est un échec cuisant. Ronan Arnot ne réunit que 81 voix sur les 16 084 exprimées. La double déroute électorale de 1930 va précipiter et radicaliser des débats internes sur les stratégies et idéologies à porter dans le combat breton, ces tensions vont aboutir à la scission et disparition du parti en 1931.

29 octobre 1911 : La place de la mairie de Rennes accueille l’inauguration de la statue commémorant « l’union » de la France et de la Bretagne. Camille Le Mercier d’Erm, chef de file du mouvement séparatiste, et plusieurs militants nationalistes bretons n’hésitent pas à perturber les discours par des sifflets et diverses protestations. Au milieu des sifflets on entend des slogans comme: « Bretagne libre » ou « La Bretagne debout », en référence à la statue et qui représente Anne de Bretagne agenouillée devant le roi de France. La police vient mettre fin à l’action et Le Mercier d’Erm termine au poste. Il est finalement condamné à une amende de deux francs symboliques pour trouble à l’ordre public. La statue quant à elle ne vivra que jusqu’en août 1932, anniversaire des 400 ans d’annexion de la Bretagne, date à laquelle le premier attentat breton vint la réduire en cendre. L’alcôve qui accueillait la statue au centre de la marie de Rennes est depuis restée vide.