Ephéméride des luttes bretonnes – Août

Eost

18 août 2018 : Le collectif Dispac’h organise une action coup de poing à Saint Malo. L’action se déroule sur le camping des Nielles, un ancien camping public vendu au privé pour construire un hôtel 5 étoiles. Le lieu est temporairement occupé pour lancer l’idée d’une ZAD en bord de mer si le projet venait à se concrétiser. Pour rappeler aux pennoù bras qui espèrent bétonner le lieu que tout est toujours possible, une barricade est érigée en quelques minutes à l’entrée du camping. On peut y lire « On est pas tou.te.s nées sous du 5 étoiles ». La vingtaine de militant.e.s ayant fait le déplacement en profitent également pour distribuer des tracts, déployer des banderoles sur la falaise qui borde le camping et craquer quelques fumigènes pour attirer l’attention.

17 août 1997 : A l’appel du collectif Menhirs Libres à Carnac, impulsé notamment par des indépendantistes, 600 personnes se rendent entre les alignements de pierres millénaires pour dénoncer la fermeture grillagée et la marchandisation du site. Largement porté par des habitant.e.s du secteur, le collectif organise une visite des dégâts réalisés par les premiers travaux, diffuse des tracts et bloque les routes à côté du site pour se faire remarquer.

12 août 1987 : Alors que le festival interceltique bat son plein, la nouvelle tourne dans le monde militant breton qu’un nationaliste corse vient d’être transféré à la prison de Ploemeur, en périphérie de Lorient. Felice Tomasi, prisonnier politique corse, est incarcéré depuis quatre ans et toujours en attente de son procès. Les militant.e.s d’Emgann décident alors d’aller lui remonter le moral en faisant du bruit près de la prison. Une vingtaine de militant.e.s se retrouvent donc devant les murs du pénitencier de Ploemeur, avec gwenn ha du, binioù et bombarde pour se faire entendre. Les matons ne semblent pas trouver le spectacle très agréable car l’un d’entre eux tente à plusieurs reprise de s’occuper seul du rétablissement de l’ordre. Il saisit un pistolet d’alarme mais tire pas mégarde dans la pelouse ce qui l’oblige donc à appeler du renfort pour retrouver le projectile. Deuxième tentative en lâchant des chiens, mais ces derniers semblent se désintéresser des militant.e.s. Après négociations, les militant.e.s expliquent qu’il est inacceptable d’accueillir en Bretagne un nationaliste corse dans ce genre de conditions. Il est donc proposé de l’héberger chez des membres d’Emgann, mais l’administration pénitentiaire n’est pas d’accord. Le groupe de militant.e.s repart finalement après s’être bruyamment fait entendre. La dernière voiture à quitter les lieux a la mauvaise surprise de se faire bloquer façon cow-boy par une voiture de police, mais le bon réflexe d’appuyer fortement sur le klaxon pour prévenir le reste du convoi. Une fois la colonne de voitures revenues en arrière, la police se sentant très fortement entourée ne cherche plus à retenir personne, mais plutôt à partir.

Août 1982 : Quelques personnalités politiques et culturelles bretonnes et françaises se réunissent à Vannes pour célébrer le « rattachement » de la Bretagne et de la France en 1532. Après une conférence, la petite notabilité se retrouve près de la cathédrale pour poser une plaque commémorative. L’écrivain Jean Markale est dans l’assistance, le président de Kendalc’h fait un petit discours, puis c’est au tour du maire de Vannes de prendre la parole. Tout ce petit monde s’apprêtait à chanter le Bro Gozh quand une troupe militante fit son apparition pour perturber la petite sauterie. Le groupe appartient au SPV, Strollad Pobl Vreizh, ouvertement indépendantiste, et l’action a le mérite de la clarté. Le micro est subtilisé aux orateurs, le drapeau français qui ne manquait pas de trôner fièrement est brûlé et la plaque commémorative est recouverte de goudron quelques minutes après son inauguration.

15 août 1975 : Dans le cœur des monts d’arrée, la centrale nucléaire de Brennilis subit une attaque à l’explosif. Le FLB revendique l’action qui paralyse la centrale pour plusieurs jours. Deux explosions endommagent la prise d’eau d’une turbine et détruisent un poste téléphonique. De nombreuses vitres sont également brisées. C’est le premier attentat dans une centrale nucléaire française.

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Éphéméride des luttes bretonnes- Juillet

gouere

Juillet 1995 Dans Combat Breton est publié un texte de Mélanie, du groupe Fulor Bro Naoned. Ce groupe anarcho-indépendantiste est proche d’Emgann, tout en restant autonome, et est plus lié à la contre-culture urbaine des jeunes générations que les historiques de la gauche indépendantiste. Intitulé Lettre à un(e) camarade français(e), le texte ne manque pas d’arguments efficaces pour décrire les décalages avec les gauches françaises, dont le jacobinisme est souvent trop peu déconstruit. « J’entends aussi souvent qu’il s’agirait d’un replis culturel. Or il me semble, à moi, qu’ayant par force intégré la culture de l’envahisseur tout en partant à la reconquête de la nôtre propre, nous ne faisons qu’agrandir notre savoir, ce qui est toujours signe d’ouverture. (…) D’autres posent contre l’identité Bretonne (ou Basque ou Corse ou Macédonienne ou Tchétchène…) celle de « citoyen du monde ». Mais qu’ils m’expliquent une bonne fois pour toutes comment, d’un autre côté, ils arrivent à tenir un discours antiraciste basé sur l’enrichissement du partage des différences. Comment est-ce possible si, comme ils le disent si bien, la revendication de ces différences est un « processus de haine ». Faut-il pour aimer, déposséder l’autre de son identité ? Vous seriez un Peuple bien étrange de fonctionner ainsi. » « Camardes Françaises. Camarades Français. Vous qui par vos réactions avez plus que moi écrit cet article, nous ne blâmerons personne d’une méconnaissance de notre réalité locale, nous-mêmes avons des lacunes sur moult pays. Mais nous exigeons que cette méconnaissance soit reconnue et que vos reproches et sentences, s’il y a, soient cohérents avec ce que vous défendez par ailleurs. »

17 juillet 1992 Lors des fêtes maritimes de Brest, le groupe Stourm Ar Brezhoneg trouve une façon originale de faire parler de lui. Durant les festivités, France télévision est sur place via l’équipe de Thalassa, qui fait un direct sur le pont du « Mutin », un nom tout trouvé. Lors de la prise d’antenne, des membres de SAB sautent sur le pont et crient des slogans hostiles à la politique de France télé sur la langue bretonne, ou encore pour réclamer la création d’une chaîne de télé en langue bretonne. Les Gwenn ha Du font bien sûr aussi leur apparition pendant le direct.

23 juillet 1978 Les fêtes de Cornouaille montrent qu’en plus de leur folklorisation touristique à outrance, elles sont capables d’être également une succursale de la répression contre la Bretagne militante. L’époque est alors marquée par les procès et les emprisonnements liés aux luttes clandestines bretonnes ; c’est dans ce contexte que des militant.e.s du COBAR (comités bretons anti-répression) se rendent sur place pour distribuer des tracts. À peine les papiers commencent à circuler que des policiers en civils et des gendarmes mobiles sautent sur toute personne coupable d’expression d’idées politiques. 23 personnes sont arrêtées, parquées dans un hall d’immeuble, puis envoyées les unes après les autres au fichage anthropométrique. Le jour même, un communiqué commun de la CGT, CFDT, PCF, UDB, PSU, LCR, HR, collectif anarchiste, Skol an Emsav, Paysans Travailleurs Sud Finistère, demandent la levée des gardes-à-vue, des poursuites et dénoncent l’illégalité du fichage. Seul un militant sera au final poursuivi pour outrage à agent, comme le témoigne ses camarades : « C’est quand même un peu gros : maintenant, un flic te fout son poing dans la gueule et c’est toi qui te fais accuser de lui avoir donné un coup de tête dans le poing ! »

8 juillet 1977 Dans la chaleur de l’été, beaucoup de Breton.ne.s sont devant leur télé pour assister au débat de l’émission Apostrophes de Bernard Pivot, où Pierre Jakez Hélias et Xavier Grall se font face. Le premier est devenu célèbre grâce à son best-seller Le Cheval d’Orgueil, un livre majeur pour la Bretagne qui décrit en détail le fonctionnement de la société paysanne traditionnelle. L’écrivain et poète nationaliste breton Xavier Grall lui répond dans un texte pamphlétaire : Le Cheval Couché. Les échanges sont tendus, d’un côté du plateau télé, des spécialistes de la matière bretonne hostiles aux mouvements politiques bretons, comme Hélias ou Yves Le Berre, de l’autre deux artistes et militants bretons affirmés, Grall et Youenn Gwernig. Grall semble assez largement éméché – l’alcool pouvait couler à flot à l’époque lors des émissions de télé – mais il ne lâche pas l’affaire pour exprimer sa principale critique au livre d’Hélias : faire comme si l’explosion politique et culturelle bretonne des années 1970 n’existait pas, notamment dans la fin de l’ouvrage qui parle du présent et de l’avenir de la société bretonne. Un moment de l’émission marque bien cette différence : Bernard Pivot, s’adressant à Grall : « Je vais vous lire une citation, non seulement vous vous en prenez au Cheval d’Orgueil, mais vous vous en prenez à Helias. Grall : Non. BP : « [en citant le Cheval Couché] « Hélias est un être tombale. (…) On peut être un bretonnant passionné, et certes il l’est, et un médiocre Breton. Un homme qui pleure sur un tombeau qu’il a contribué à édifier. Il faut l’inclure dans cette cohorte assez minable de cette élite qui a trahi son peuple en étant fidèle à son clan. »  » Hélias : Là vous y êtes allé un peu fort. Grall : Non je ne crois pas, fondamentalement je n’ai pas eu tort. BP : Dites moi pourquoi? Grall : Jakez Hélias est un excellent bretonnant, mais politiquement parlant, le combat politique pour la Bretagne il ne l’a jamais mené, il ne le mène pas, il ne veut pas le mener. Parce qu’il ne croit plus, pratiquement, en l’avenir de la Bretagne. (…) J’ai relu les dernières pages du Cheval d’Orgueil et vous dites carrément… Vous posez la question, (…), vous dites : « Il y a t il un peuple breton ? » Est ce vrai oui ou non ? Hélias : Oui. Grall : Et bah moi je dis qu’il y en a un ! « 

Juillet 1975 De multiples attentats du FLB viennent rythmer l’été. Le 12 juillet, une gendarmerie est attaquée à Cléguérec et le 14, pour la fête nationale, c’est une statue de l’école de Saint Cyr Coëtquidan en Brocéliande qui explose. Le 27 juillet, une nuit d’action commune conduit à un attentat à la direction départementale de l’agriculture de Quimper, ainsi qu’à celle de Nantes, où trois militants sont arrêtés pendant leur tentative. Le même soir, le camp militaire de Saint Aubin du Cormier est attaqué. Avant la fin du mois, la cité administrative de Vannes connaît le même sort, le 29 juillet. Toujours au début de l’été 1975, le journal Combat Breton publie un communiqué du FLB-ARB qui met en garde l’État contre ses projets d’installation de centrale nucléaire en Bretagne, qui finiront par déboucher à Plogoff. Le texte précise : « Cette mise en garde constitue une véritable déclaration de guerre. La France n’a pas hésité à sacrifier des centaines de milliers de vies Bretonnes pour la défense de l’idée qu’elle se faisait de la liberté. Pour ne pas voir d’autres générations sacrifiées lâchement à la gloire, au profit, à l’argent, nos commandos se montreront intraitables. Notre foi en l’indépendance de notre patrie est inébranlable et pour assurer la survie de notre peuple nous lutterons, s’il le faut jusqu’au sacrifice suprême. Bevet Breizh. »

Grandes surfaces : précipitons leur ruine !

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e brezhoneg un tammig pelloc’h

La destruction des terres agricoles

La Bretagne (B4) a vu une augmentation de 34000 ha de surfaces artificialisées et la perte de 30000 ha de terres agricoles depuis 2006. Les zones artificialisées représentent 12.8% de la superficie de la Bretagne contre 9.3% en France. 30% de l’étalement urbain est dû au développement des zones et centres commerciaux.

La ruine du commerce de proximité

Les centres-villes de nos communes sont de plus en plus désertés. Les commerces ferment les uns après les autres et nos villages ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. La destruction de ces lieux de rencontre dans la vie quotidienne pousse au chacun chez soi, à la destruction de toute vie communale et donc des possibilités d’organisation politique et sociale alternatives.

Le massacre de l’emploi

La plupart des emplois créés sont des emplois sous-payés et précaires, souvent occupés par des femmes. Un travail méprisé et aux conditions dégradées, produisant souvent des dommages physiques par les charges portées et la répétition des gestes dans l’immobilité. On estime que pour un emploi créé en grande surface, c’est trois à cinq autres qui sont détruits dans le petit commerce, l’artisanat et la paysannerie. Le chantage à l’emploi que nous vend la communication de la grande distribution à toute ouverture de magasin est faux en plus d’être condamnable.

L’entretien d’une agriculture intensive et mortifère au détriment d’une production agricole de qualité

Par la pression sur les prix qu’elles imposent à celles et ceux chez qui elle va chercher ses produits, les grandes surfaces sont parmi les principales responsables de l’extrême violence que subit le monde paysan. Le nombre de suicides chez les agriculteurs et agricultrices est particulièrement élevé en Bretagne ! Les fermes n’en finissent pas de disparaître. Celles qui restent n’ont souvent d’autres choix que l’agrandissement et l’accroissement de leur production dans des conditions toujours plus désastreuses pour se maintenir. Les aides à la reconversion ne sont encore que des épiphénomènes sans réelle volonté politique de changement de système. Parmi les principaux opposants à ce changement : les grandes surfaces, qui sont dépendantes d’une agriculture industrielle standardisée et dopée aux produits chimiques.

Le saccage de notre environnement

Des zones à perte de vue comme seul horizon. D’une sortie d’agglomération à l’entrée de la prochaine, les mêmes bâtiments sans âme s’imposent et pourrissent l’espace. En plus du désastre écologique qu’elles représentent, ces zones sont un désastre humain, une vie collective basée sur la consommation et le repli sur la sphère individuelle. Ce schéma implique l’organisation du territoire par pôle distincts : zones commerciales, zones dédiées aux loisirs, zones d’activités, cités dortoirs …. Évidemment, passer d’un pôle à l’autre multiplie les déplacements contraints, parfois longs et souvent motorisés, ce qui signifie une augmentation du trafic routier et une pollution accrue.

La vision ridicule de notre patrimoine social, culturel et historique

L’identité et la culture bretonne sont folklorisées pour mieux être vendues par ceux-là même qui contribuent à les détruire en poussant à la standardisation des modes de vie.
La Bretagne mérite mieux que d’être imprimée sur les sacs Leclerc.

Les grandes surfaces nous ruinent la vie… précipitons leur chute !

Gouc’hmac’hadoù : Diskaromp ‘ne !

Pa vez gwelet ar stumm ekonomikel o tiskarañ, a ziwaskadenn ekonomikel da wallzarvoudoù ekologel. Pa vez gwelet lodennoù renkadoù sokial a bezh o vezañ kaset kuit tamm ha tamm deus ar sistem. Pa vez gwelet penaos ez eo ar gouc’hmac’hadoù unan deus bizoù kentañ ar jiletennoù melen da stankañ ha da okupiñ. Talvezout a ra splann an doare ma vez al lec’hioù-se o vreinañ hor buhezioù.
En desped d’ar fed ma vez pinvidikaet nemet ul lodennig deus ar re binvidikañ dija e kendalc’h an dilenidi da sinañ, loc’h eno, peadra evit ma vije brasaet pe gwasoc’h zokenn savet zonenoù kenwerz nevez.

Pa vo savet pe brasaet ar zonenn kenwerzh o tont e vije brav kaout soñj deus sifroù zo :

Dibaoe 5 bloaz er stad c’hall, ar m² kenwerzhel a gresk 2 pe 5 gwech buhanoc’h evit ar boblañs (hervez al lec’h)
Ar savadurioù kenwerzh goulo a zo tremenet deus 6% da 12% etre 2010 ha 2016.
E bro Frañs e vo kavet etre 20 ha 25 million a m² kenwerzhel dilaosket e 2025.

Perak e vez kendalc’het ganto war an hent-se ? Un hent a brofit nemet d’un nebeut aozadurioù deus ar CAC40 met a zo spontus da lodenn vrasañ ar boblañs. Diaes eo ‘vidomp kompren an doare-se da aozañ an tiriad, na spi, na ijin ebet ganti, didalvoudus met lakaet e plas dizehan dibaoe ar bloavezhioù 1970….

Setu penaos e welomp ni monopol ar gouc’hmac’hadoù :

Distrujet eo an douaroù gounezel (labour-douar)

Dibaoe 2006 ez eo bet distrujet e Breizh (B4) 30 000 ha a douaroù mat da labourat, er c’hontrol ez eo kresket an takadoù kalvezadel da 34 000 ha. An takadoù-se a gemer 12,8% deus an douaroù e Breizh enep 9,3% e bro Frañs. 30% deus ledanadur ar c’herioù a zo krouet abalamour d’ar zonennoù kenwerhzel.

Dismantr ar c’henwerzhioù lec’hel

Muioc’h mui a gummunioù a vez ganto ur c’hreiz-ker o vont da get. Ar c’henwerzhioù a serr o dorioù an eil war lerc’h ar re all hag hor c’heriadennoù a varv tamm ha tamm. Al lec’hioù-se ‘oa koulskoude lec’hioù ma c’helle an dud kejañ an eil ouzh ar re all. Distruj ‘ne a laka an dud da chom pep hini b’ar ger, mervel a ra neuze buhez ar gumun ha ganti ar gallout da gaozeal, d’en em aozañ tro dro d’ur politikerez dazeilat.

Dismantr al labour

Lod brasañ an arverioù krouet a zo labourioù is-paeet, bresk, ha d’an aliesañ vez lakaet ar merc’hed war an dachenn. Al labourioù-se ‘zo dispriziet ha diaes-tre. Alies vez krouet freuzioù fizikel abalamour d’ar c’hargoù pounner pe d’ar gestroù graet hag adgraet o chom difiñv. Priziet eo bet ganeomp ar feur evit ul labour krouet en ur gourmarc’had a zistruj etre tri ha pemp labour all er c’henwerzhioù bihan, en artizanerezh, pe el labour-douar. Gaou eo neuze pez vez gwerzet deomp gant ar c’henwerzhioù bras. traoù faos nemetken a zo lavaret ganto.

Dalc’het vez gant ul labourerezh-douar stank ha dismantrus ha laosket vez da goll ul labourerezh-douar a galite.
Abalamour d’ar gwask lakaet gant ar gourmac’hadoù war ar peizanted, pa z’eont da brenañ o broduioù d’ar brizioù izelañ, e wellomp hiriv an deiz bed al labour douar o treiñ d’ar gallhuñvre. Muioc’h mui a beizanted a choaz d’en emlazhañ e Breizh ha ne baouez ket an tiez-feurm da vont da get. Ar re a chom n’o deus ket choaz ebet all ‘vit brasaat ha en em ledanaat hep derc’hel kont deus ar c’hondisionoù spontus krouet. Ar sikourioù roet evit distreiñ d’ur sistem bevus a chom rall hep c’hoant gwir ebet deus perzh ar stad hag ar politikerezh da cheñch an traoù da vat. Hag etrezek a re a chom a enep d’ar cheñchamantoù-se e kavomp ar gourmac’hadoù evel just. Ar re-se o deus ezhomm deus ul labourerezh-douar greantel kaset a-benn gant ar produioù kimiek gwerzet ivez ganto.

Dismantr hor endro

D’ar pellañ ma c’hellomp sellet, ne vez gwelet nemet zonennoù marvet. O vont kuit deus ur c’hêr ‘vit mont betek un eil, ne vez nemet savadurioù diene d’ar gwelet o vreinañ an egor. Ouzhpenn d’ar grevusted ekologel, ez eo ar zonennoù-mañ un dismantr denel, ur vuhez kolektivel diazezet war ar bevezerezh hag a lak an dud da vezañ troet warno o unan. Ar chema-se a vount an tiriad d’en em aozañ dre heñchoù disheñvel : zonenn kenwerzhel, zonenn dudi, zonenn oberiantel, kouskvaoù divent… Hag n’eo ket aes tremen d’ur zonenn d’egile evel just, rediet vezomp da fiñval ha da saotrañ war omp lerc’h neuze.

C’hoari al lu gant hor sevenadur sokial hag istorel

Indentelezh ha sevenadur Breizh zo lakaet ‘giz ur folklor ‘vit gellet gwerzhañ ‘ne gwelloc’h. Gwerzhet gant ar re a zistruj ar sevenadur-se o vountañ pep hini war zu ar skoueriekadur. Biskoazh ne talc’ho Breizh ouzh ur sac’h Leclerc.

Ar memes chema zo lakaet da red dibaoe 50 vloaz, gant ar memes gwallzarvoudoù ekonomikel hag ekologel o heuliañ. Da bep dilennadeg ez eo ar memes raktresoù, gant ar memes chema, hag an tiriadoù tro-dro a zismantr tamm ha tamm.

War ar bilañs ez eo sklaer hiriv, studiadennoù ekologel spontus ha dispi. Breizh a bae uhel priz an aozadur tiriadel breiñ-se. Aozadur an tiriad a rank bezañ graet gant ar vretoned ha n’eo ket evit uhelvennad ar c’hevalaouriezh.

Hor dilenidi a gomz deomp jentilig, evit parkañ ac’hanomp gweloc’h war lerc’h.
Deomp ni da gas war raok al luskad evit adtapout an dorn war hor tiriadoù ! Boycott ha dismantr ar gourmarc’hadoù !

Éphéméride des luttes bretonnes – Juin

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1er et 5 juin 2018 Le collectif Dispac’h organise deux actions contre les avant-premières du film Bécassine ! Depuis quelques semaines, l’appel à boycott du collectif a fait parler de lui, la presse parisienne s’emballe sur les irréductibles Breton.ne.s réfractaires au progrès bécassinien. Lors de ces avant-premières, le film doit être diffusé sous protection policière, malgré l’ambiance bon enfant des actions menées. A Rennes comme à Brest, des tracts et des autocollants sont distribués devant le cinéma, où la foule est très loin de se presser pour voir le film. Quelques effets de mobiliers urbains sont détournés ou redécorés, pour permettre une expression artistique éphémère. Après la mobilisation devant les cinémas, une projection est organisée à Rennes comme à Brest pour diffuser le film bien plus intéressant de Thierry Compain, « On nous appelait Bécassine », documentaire sur l’émigration féminine bretonne à Paris destinée à servir la bourgeoisie.

13 juin 2014 Des cocktails Molotov sont lancés sur les brigades de gendarmerie de Huelgoat et Uzel, dans le Finistère et les Côtes d’Armor. Dans les deux cas, un tag « ARB » retrouvé sur place indique une signature bretonne à ces actions. Le groupe qui se nomme Argad résistance bretonne revendique par communiqué dans la foulée. Ce groupe fait parler de lui depuis quelques mois par des actions directes qui accompagnent la révolte des Bonnets Rouges, notamment via des incendies de radars. Plusieurs arrestations et GAV viendront répondre aux cocktails, généralement elles se terminent sans suite.

11 juin 2008 Une nouvelle manifestation se déroule à Quimper pour réclamer le maintien de tous les service de l’hôpital de Carhaix que l’État souhaite fermer, dont la maternité et la chirurgie. Lacrymogènes, charges de police, l’affrontement se déroule à nouveau près de la préfecture. Depuis plusieurs semaines c’est tout le centre Bretagne qui s’est largement mobilisé autour de cette question. Des sages-femmes entament des grèves de la faim, de nombreuses mairies ferment leurs portent pour protester, des actions de blocages paralysent les quatre-voies, des agriculteurs bloquent également des routes, l’Agence régionale de l’hospitalisation est occupée à Rennes, la permanence du député de Quimper favorable à la suppression est saccagée. Tout comme pour le 11 juin, les manifestations régulières à Quimper montrent des formes de luttes pleines de diversité et d’inventivité : gavotte, charge sur la police, discussion avec le préfet, puis installation d’une catapulte ou d’un canon devant la préfecture.

26 juin 1978 Des larmes plein les yeux, le célèbre présentateur PPDA annonce au journal télévisé que le château de Versailles a été victime d’un attentat. Émue par les pensées aux familles des vitres et des tableaux, la bonne société française se dit « choquée ! ». Les dégâts matériels sont très importants et il faudra plusieurs années pour remettre la partie abîmée du château en état. Avant même que les travaux ne commencent, les arrestations se multiplient en Bretagne, dont les auteurs de l’attentat qui reconnaissent les faits, mais pas la légitimité de la justice française à les juger. Quinze années de prisons viennent récompenser leurs actions, mais ils n’en feront au final que trois. Après l’élection présidentielle de 1981, le nouveau pouvoir socialiste amnistie les prisonniers politiques bretons.

2 juin 1977 Les documents de l’enquête publique du projet de centrale nucléaire au Carnet (44) sont volés dans la mairie du Couëron. Les documents terminent dans les flammes sur la place du marché. A la suite de cette action, cinq agriculteur sont interpellés et condamnés au nom de la loi anti-casseurs. Après quinze jours de détentions, ils sont finalement libérés.

10 juin 1975 A Rennes, le Front de Libération de la Bretagne/Armée Révolutionnaire Bretonne (FLB/ARB) fait sauter le bâtiment de la Police Judiciaire.

19 juin 1959 Opération ville-morte à Saint Malo, Dinard et Paramé. A l’appel de syndicats ouvriers, patronaux, agricoles, commerçants, un meeting commun demande le lancement des travaux d’une usine marée-motrice sur la Rance. A la fin du meeting, plusieurs milliers de personnes défilent jusqu’à la sous-préfecture pour remettre leur demande au pouvoir central. Le MOB et le CELIB se font le relai de cette campagne, qui aboutira finalement au lancement des travaux en 1961. Dans sa pétition diffusée pour l’occasion, le groupe régionaliste de patrons et de notables du CELIB demande que les Breton.ne.s soient traités comme des « Français à part entière »…

Éphéméride des luttes bretonnes – Mai

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24 mai 2016 Une attaque à l’explosif endommage le siège sociale de la société Variscan Mines à Orléans. Depuis plusieurs mois, la filiale française de cette société australienne d’extractivisme tente d’imposer des projets miniers massivement contestés en Bretagne. C’est particulièrement dans le Trégor et dans le centre Bretagne que ses efforts sont concentrés, autour des permis dits de Loc-Envel, Silfiac et Merléac. Face à cette tentative de spoliation et de destruction massive de l’environnement au profit d’une poignée d’actionnaires ultra riches, la société bretonne répond par une contestation large et protéiforme. Très rapidement, des collectifs et associations se montent pour informer et mobiliser les populations contre cette menace inédite depuis les dernières tentatives d’impositions de centrales nucléaires en Bretagne. Les élus locaux s’opposent aussi massivement aux projets, des pétitions, manifestations et évènements festifs font vivre une opposition locale puissante. La bombe chez Variscan ponctue ce phénomène et laisse prévoir une future contestation violente à coté des autres formes de mobilisations. L’action est revendiquée par un groupe jusqu’alors inconnu, NHU, Ni Hon Unan, « Nous mêmes » en breton. Le communiqué du groupe publié sur le site internet 7seizh prévient : « La société Variscan a déclaré il y a peu ne pas vouloir d’un nouveau Notre-Dame-des-Landes contre les projets miniers. Que la chose soit claire, ce qui les attend sera bien pire encore. » En avril 2019, le ministre de l’économie Bruno Le Maire annonce l’abandon officiel de ces projets.

30 mai 1984 Une centaine de militant·e·s se rassemblent devant le tribunal de Guingamp, à l’appel de Stourm Ar Brezhoneg et des comités de soutiens de SAB, pour soutenir Hervé ar Beg. Il a été condamné pour des actions de peinturlurage revendiquant une signalétique bilingue bretonne-française. Il doit verser 2 millions d’anciens francs avant le 3 juin, sous peine d’être incarcéré en cas de non règlement. L’efficacité stratégique de SAB et le soutien qu’il rencontre dans les populations amènent l’Etat à renforcer considérablement sa répression sur ces actions de désobéissance civile pour la langue bretonne. La mobilisation suit également pour répondre aux intimidations de la justice, comme à Guingamp en soutien à Hervé ar Beg. Des banderoles sont accrochées dans les rues et des panneaux unilingues sont repeints en noir, sous les slogans de « brezhoneg yezh broadel, brezhoneg yezh ofisiel ».

8 mai 1982 Le SPV, Strollad Pobl Vreizh, tient un congrès à Lorient après trois ans d’existence. Le groupe revendique 137 militant·e·s et explique à la presse « La majorité de nos membres sont politiquement vierges. Pour le reste, des anciens du F.L.B. qui ont été en prison, des militants de mouvements culturels ou de partis bretons comme S.A.V. et l’U.D.B., des insoumis bretons… » Sa ligne idéologique est celle d’un nationalisme breton radical, se revendiquant tantôt de l’apolitisme coutumier des droites bretonnes, ou du « socialisme révolutionnaire », le contexte idéologique des années 1970 étant encore fortement marqué en Bretagne. Le parti s’était fait remarqué par sa présence sur le terrain des luttes en Bretagne, collages d’affiches, bombages, actions symboliques et participations aux mobilisations anti-nucléaires comme à Plogoff et au Pellerin. C’est dans le cadre de ces opposions radicales au nucléaire que le trésorier du SPV, Jean Pierre Le Mat, est arrêté le 19 avril 1982. Il est accusé d’avoir stocké une certaine quantité d’armes chez ses voisins. Libéré le 30 avril, il peut finalement assister au congrès de son parti, qui pour afficher publiquement son soutien, le nomme président du SPV.

30 mai 1979 Le super-flic Le Taillanter, dépêché depuis Paris pour démanteler le FLB, fête une partie de sa victoire à la préfecture de Rennes. Il y reçoit légion d’honneur, champagne et petits fours. Ce français d’origine bretonne est surnommé « le tombeur des séparatistes », il est tout à fait reconnu par les autorités pour ses compétences en la matière. Avant d’officier en Bretagne, il avait déjà fait ses preuves en Algérie. Sur la fin des années 1970 son efficacité se fait remarquer – arrestations, GAV et emprisonnements se multiplient. Des sévices physiques, autrement dit tortures, sont également répertoriés. En réponse à l’ensemble de son œuvre, un commando du FLB fait irruption dans la villa de Le Taillanter à Plouezec, en pleine journée, précisément quand il reçoit sa récompense. La femme du policier présente sur place tente de faire croire au commando qu’il se trompe de maison, pour l’inciter à faire exploser celle des voisins. Son acte de bravoure lui vaut d’être ligotée sur une chaise au fond du jardin. Le groupe quitte finalement les lieux après avoir déposé un engin explosif près des bouteilles de gaz, la villa s’en retrouve presque entièrement détruite. L’équipe de Le Taillanter qui trinque à la préfecture apprend vite la nouvelle, elle repose alors petits fours et champagne pour aller constater les dégâts.

23 mai 1977 Ouverture de la première classe Diwan de l’histoire à Lampaul Ploudalmezeau, dans le Léon. Cela fait environ un siècle que des intellectuels et des personnalités bretonnes demandent par divers moyens à l’État de créer un véritable enseignement en langue bretonne. Malgré pétitions, votations, lois, déclarations électorales en tout genre, aucune avancée significative n’est jamais venue. Face à cette situation bloquée, des militant·e·s breton·ne·s· lancent eux-mêmes Diwan, des écoles immersives privées, gratuites et laïques en langue bretonne. Cinq enfants de 2 à 4 ans composent cette première classe, le professeur y est Denez Abernot. C’est un chanteur de Storlock, le premier groupe de punk-rock en langue bretonne. Depuis cette époque, le réseau Diwan s’est considérablement agrandi en Bretagne, il profite d’ailleurs d’un soutien populaire important et bien ancré depuis de nombreuses années. Malgré tout, le ministre de l’éducation actuel remet toujours en cause les méthodes de l’immersion, tout comme d’autres politiciens français qui, à l’instar d’Alexis Corbière, prennent souvent pour cible ces écoles afin d’affirmer encore et toujours leur jacobinisme viscéral.

3 mai 1925 Alors que la France n’accorde ni le droit de voter ni le droit d’être éligible aux femmes, une ouvrière Penn Sardin de Douarnenez est élue au conseil municipal sur une liste communiste. Le jour de l’élection, ce sont des cortèges entiers de femmes, d’hommes et d’enfants, qui arpentent les rues de la ville derrière le drapeau rouge pour accompagner les votants aux urnes. La victoire électorale est largement fêtée dans le port ouvrier, mais la préfecture rappelle vite tout le monde à l’ordre en annulant l’élection de Joséphine Pencalet. Cette dernière se tourne alors vers le Conseil d’État, qui à son tour confirme l’invalidité de l’élection. Vingt ans plus tard, les femmes accéderont enfin à ce droit de voter et d’être élues, qu’une bretonne n’avait pas eu peur de prendre avant l’heure malgré les préjugés et les interdits.

Élections Européennes en Bretagne: non à la participation.

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Le scrutin européen approche et entant que militantEs Indépendantistes de Gauche pour une Bretagne libre,, réunifiée , brittophone, socialiste, féministe, antipatriarcale nous tenons a faire connaitre notre position.

En tant que BretonNEs, nous constatons que la Bretagne qui était au dernier scrutin noyée dans une circonscription Grand Ouest sans âme est définitivement absente de cette élection par la mise en place de la liste unique qui est un dispositif de plus pour nier le caractère plurinational de cet état. Nous ne pouvons donc nous exprimer en tant que peuple distinct dans cette élection.

L’UE ne nous à pas garantie l’égalité linguistique car en ne reconnaissant de façon officielle que les langues et cultures des états dominants l’UE nie la diversité linguistique et culturelle. Elle ne garantit en rien les droits linguistiques et culturels de millions de citoyens européens et singulièrement des Bretons.

En tant que militantEs investiEs dans de nombreuses luttes sociales nous ne pouvons que constater que depuis la loi travail la répression policière et judiciaire des mouvements de contestations sociaux sont la norme dans cet état. A l’heure où la justice la police déchainée cognent durement sur les révoltés des ronds-points, les émeutiers de toutes sortes , où les Gilets Jaunes et assimilés sont éborgnés par les armes de guerre de la police en toute impunité il nous parait impossible de prendre part à cette élection en faisant croire ainsi à l’existence d’une quelconque culture démocratique française.

La limitation des libertés est chaque jour confirmée par les interdictions de manifester, les arrestations de journalistes, le fichage de masse…Voter dans ce contexte comme si de rien n’était revient à être complice.

L’Union Européenne comme le FMI et la banque mondiale ont depuis le début des années 2000 dans l’état français et ailleurs en Europe, par des demandes d’ajustements budgétaires dégradés nos conditions de vie de travailleurs, de membres des classes les plus populaires en comprimant les dépenses de santé, d’éducation, en dérégulant le droit du travail. Ce sont ces mesures d’austérité que les plus pauvres, les femmes, les jeunes, les migrants sont les premiers à subir de plein fouet particulièrement hors des métropoles.

En tant qu’alliés des luttes LGBTQI nous constatons que  les forces  racistes et xénophobes en Europe mettent en avant un projet de société rétrograde ultra patriarcal, s’attaquant aux droits des femmes et des personnes LGBTQI. Les institutions européennes ne sont pas garantes de ces droits, la lutte collective et une meilleure visibilité des pratiques et revendications antipatriarcales et féministes dans nos luttes si.

En tant qu’anticolonialistes nous affirmons notre solidarité avec les peuples sous domination coloniale française en Kanaky, Polynésie, Gaudeloupe, Martinique, Guyane, Réunion dont ce droit fondamental à se déterminer librement est nié et à qui l’ont ose présenter la participation aux élections du parlement Européen comme un exercice démocratique

En tant qu’internationalistes nous constatons que l’Union Européenne a soutenu le dictateur Erdogan contre les peuples de Turquie dont les Kurdes et légitimé les agressions impérialistes au Moyen Orient. Le Parti Des travailleurs du Kurdistan, le PKK figure toujours sur la liste des organisations terroristes de l’UE alors que c’est la résistance Kurde qui s’est battue contre DAESH.

Elle reste un soutien de poids à la politique Israélienne de soumission et de spoliation du peuple Palestinien et de sa résistance.

La faillite de l’Union Européenne est totale tant elle est restée silencieusement complice de la monarchie espagnole qui a violemment réprimé le peuple Catalan et ses dirigeants qui a osé voter son indépendance.

De même cette UE a prouvé son inefficience pour garantir aux Gallois, Ecossais, Irlandais une alternative qui leur soient spécifiques au chaos du Brexit en respectant leur droit à l’autodétermination.

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Toute institution n’incorporant pas le droit à l’autodétermination des peuples, condamne les nations sans état à la disparition ou à l’assimilation. Ainsi l’UE nie la diversité des peuples qui la constituent et transforme l’Europe en une prison pour les peuples qui ne disposent pas d’état propre.

De L’UE et la France sont déjà en train d’appliquer des politiques migratoires inspirés par l’extrême-droite comme le prouve le grand cimetière méditerranéen. Face au repli sur soi bleu blanc rouge et suprémaciste blanc nous réaffirmons notre attachement à une Bretagne terre d’asile pour les réfugiéEs.

Sur le plan de la Défense de l’environnement les luttes victorieuses récentes en Bretagne contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, les projets d’extraction minières prouvent que les mobilisations populaires multiformes bousculant la légalité des capitalistes et non des institutions sur lesquelles nous n’avons aucune prise permettent de gagner grâce aux luttes collectives et à la défense des communs.

iI n’est pas possible de réformer l’Union européenne afin qu’elle réponde aux intérêts des peuples et des classes populaires. La Troïka, la Commission européenne, l’OTAN, EUROPOL… sont des structures totalement antidémocratiques et le Parlement européen est un organisme inopérant et parasitaire au service des élites et des multinationales.

Pour toutes ces raisons nous invitons nos militantEs et sympathisantEs à boycotter le scrutin du 26 mai, à le perturber en ne participant pas de façon normalisée à cette mascarade partout en Bretagne.

Toute alternative à la démocratisation passera par la déconstruction de l’Union Européenne et la construction d’un modèle d’intégration, qui, au-delà de l’espace géographique actuel, sera basé sur la solidarité et la souveraineté des peuples et singulièrement du droit à l’autodétermination du peuple breton dans le cadre d’un agenda politique qui lui soit propre.

Signataires :

Le collectif Dispac’h et La Gauche Indépendantiste ( Breizhistance)

 

Éphéméride des luttes bretonnes – Avril

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9 avril 2018 : Après l’abandon du projet d’aéroport, des milliers de gendarmes débarquent sur la ZAD pour tenter de réduire à néant cette zone bretonne délivrée de l’autorité de l’État français et de ses forces d’occupation. Après une première journée d’affrontement difficile pour les zadistes, les appels à converger sur place résonnent au-delà des frontières. Dès le second jour de combats, les forces de l’ordre font face à une résistance bien supérieure aux anticipations de l’État. Les barricades se relèvent sans cesse, toutes les générations viennent participer à la défense du bocage, des charges de blindés sont repoussées par des usages massifs de cocktails Molotov. Après plusieurs semaines d’affrontement, l’opération policière doit s’arrêter sans avoir réussi à faire disparaître la ZAD.

19 avril 2000 : Une bombe explose au McDonald de Quévert, elle emporte avec elle la vie de Laurence Turbec, une jeune bretonne de 27 ans. Malgré l’absence de revendication, les médias accusent immédiatement l’ARB de la responsabilité de l’attentat car l’explosif utilisé vient de l’entreprise Titanite, cambriolée en septembre 1999 par ETA et l’ARB. Sept tonnes d’explosifs avaient alors disparues dans la nature. Arrestations, GAV, prisons préventives allant jusqu’à quatre ans derrière les barreaux sans procès font suite à l’attentat. Au final, l’ensemble des inculpés sont innocentés, notamment car le dispositif de mise à feu de l’explosif ne correspond absolument pas au matériel utilisé par l’ARB, qui a d’ailleurs nié son implication. Cet épisode vient néanmoins mettre fin aux activités de ce groupe qui avait ravivé les actions de propagande armée en Bretagne dans les années 1990.

Avril 1986 : Emgann commente dans son journal l’énième déroute électorale subie par les formations institutionnelles bretonnes de droite et de gauche, POBL et UDB, lors des élections législatives de mars. La critique y invite à se déconnecter des partis français et de la logique électorale pour construire un mouvement d’émancipation autonome en Bretagne : « les mouvements politiques bretons représentés n’ont pas été capables d’assurer réellement un travail politique suffisant hors élection et de créer un véritable courant politique indépendant des forces politiques françaises. Ceci explique la facilité qu’a eue le PSF [parti socialiste français], en particulier, à récupérer des grands thèmes développés par certains partis bretons depuis des années. Ceci explique aussi le terrain propice que constitue la Bretagne pour le « vote utile ». Ceci nous démontre aussi que pour développer un véritable courant politique breton progressiste doté d’une réelle force électorale, il est indispensable de se démarquer fortement de toutes les composantes politiques françaises en axant nos objectifs et notre travail sur la libération nationale et sociale devant permettre la création d’une Bretagne libre et socialiste ».

24 avril 1982: Action du SPV et de l’UDB lors de la venue du prince Philip d’Edimbourg à Saint-Nazaire pour célébrer l’opération chariot de mars 1942. Une banderole est déployée contre l’impérialisme britannique et en soutien aux luttes des prisonniers politiques irlandais. Un an auparavant, le plus célèbre des grévistes de la faim incarcéré en Irlande, Bobby Sands, avait trouvé la mort dans la prison de Maze en Irlande du Nord, après une grève de 66 jours. Son portait est brandi face au prince, la police intervient pour arracher de force l’image au visage souriant du militant irlandais et disperser le comité d’accueil breton.

12 avril 1972 : Un attentat à Rothéneuf près de Saint Malo fait beaucoup de bruit dans la presse française et internationale: la villa de Francis Bouygues, super patron de la grande boite du même nom, vient d’être détruire par explosif. En cette époque où les bombes du FLB font sans cesse l’actualité en Bretagne, tous les esprits et les paroles officielles placent les groupes clandestins bretons comme responsables de cette action. Bien des années plus tard néanmoins, la police politique française reconnaît sa responsabilité dans cette action, d’ailleurs concertée avec le propriétaire de la villa lui-même. Le 14 février 1999 dans Le Télégramme, un ancien chef de la DST de Rennes et ex-patron du contre-espionnage en Algérie, le commissaire divisionnaire Jean Baklouti, reconnaît : “Oui, Saint-Malo, c’est nous, ça, c’est vrai”. Le but de l’opération était simple, infiltrer les réseaux clandestins bretons via de faux attentats.

6 avril 1972 : À Saint-Brieuc, les ouvriers du Joint français, une fabrique de joints pour l’automobile et l’aéronautique, mènent depuis le 13 mars une grève sans concessions pour l’amélioration de leurs conditions de travail. Une solidarité bretonne et inter-classes populaires donnent une force considérable au mouvement. Des films de soutien se diffusent partout en Bretagne pour alimenter une caisse de grève, le monde paysan se mobilise pour apporter de la nourriture aux grévistes, les manifestations à Saint-Brieuc rassemblent des milliers de personnes. Face à l’intransigeance de la direction, les ouvriers décident de retenir en otage les trois directeurs de l’entreprise qui tentent de négocier la fin de la révolte à moindre prix. Les forces de l’ordre interviennent pour libérer les patrons. Des troupes de maintien de l’ordre du secteurs arrivent en première ligne, deux amis d’enfance s’y retrouvent face à face : Guy Burniaux, ouvrier, et Jean-Yvon Antignac, CRS. La photo de l’explication musclée entre les anciens amis fait le tour de la presse, elle devient le symbole de la révolte des classes populaires bretonnes de cette période.

Éphéméride des luttes bretonnes – Mars

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15 mars 2002 : Un clash fait couler de l’encre lors des Nuits Celtiques au Stade de France. Bien que ce genre d’évènement soit absolument dépolitisé et fasse plus office de machine à fric qu’outil de lutte, quelques artistes profitent de l’occasion pour monter au créneau contre le gouvernement. Pas sur scène néanmoins, mais dans les coulisses, où des ministres tentent de venir se mélanger aux artistes. Marylise Lebranchu (justice), Jack Lang (éducation) et Catherine Tasca (culture), partent en immersion sous l’égide de Jean Yves Le Drian. Heureusement quelques réflexes subsistent malgré l’ambiance commerciale du Stade de France, Gilles Servat et Dan ar Braz réagissent en envoyant les ministres dans les cordes et en refusant de les recevoir. Motif : la question des prisonniers politiques bretons incarcérés sans procès et le statut des écoles Diwan.

Mars 1995 : Une série d’actions survient en Bretagne dans le cadre du mouvement des chômeurs, une dynamique de lutte nouvelle qui tente de faire le lien entre groupes organisés et personnes isolées. À Quimper, les locaux d’EDF sont envahis et occupés pour protester contre les coupures de courant qui touchent les plus pauvres. L’action est faite par différentes associations et collectifs de chomeurs.euses ainsi que par la CGT d’EDF-GDF. Dans la foulée, le collectif « Bécassine au chômage » bloque les serrures d’une cinquantaine d’agences ANPE – ancien Pole Emploi – en Bretagne (Rennes, Morlaix, Lorient, Nantes, Pontivy, Vannes, Lanester…). Le communiqué du collectif explique « Nous faisons ainsi payer symboliquement les esclavagistes et spéculateurs de tous poils, qui profitent du désarroi social du peuple breton avec la complicité de l’État français. On a toujours raison de se révolter. »

21-22 mars 1987 : 5 000 personnes se rassemblent à Carhaix pour un weekend politique en faveur de la langue bretonne, organisé par Stourm Ar Brezhoneg et Emgann. Le samedi une manifestation fait résonner les « brezhoneg yezh ofisiel » dans les rues de Carhaix. Le soir et le dimanche un grand fest noz voit défiler sur scène des noms bien connus du monde culturel breton, venus clairement pour défendre la revendication linguistique bretonne, Y. F. Kemener, G. Servat, Glenmor, Strollad ar Vro Bagan, E.V., etc.

6 mars 1980 : À Quimper, dans le cadre de la mobilisation de Plogoff contre le projet de centrale nucléaire, neuf personnes passent en procès à cause de leur participation à la manifestation du 29 févier. Il y a du monde et beaucoup d’énergie devant le tribunal, la révolte se fait entendre aussi fortement que dans le bourg de la pointe du Raz. Les CRS finissent par charger le rassemblement et les matraques s’élèvent à l’intérieur comme à l’extérieur du tribunal. Le procès est finalement reporté au 17 mars faute de calme. À cette nouvelle date néanmoins, les mêmes causes entraînent les mêmes effets, des affrontement violents éclatent près du tribunal avec au final des blessés et un usage massif de lacrymogène. La violence de la répression policière marque profondément les esprits, elle est dorénavant partout dans cette lutte, dans le village de Plogoff lui même comme dans les actions de soutien comme à Quimper.

6 mars 1979 : Une vaste « Nuit Bleue » est organisée par le FLB-ARB contre l’industrie nucléaire et la répression policière. Ces actions s’inscrivent dans le cadre des luttes populaires de Plogoff et du Pellerin contre des projets de centrales nucléaires. À Paris, une violente explosion a lieu dans la nuit dans une agence EDF. À Brest, une attaque à l’explosif endommage le siège d’EDF et la gendarmerie. À Guingamp, un local EDF saute également. À Lannion, une charge est désamorcée à un local EDF. À Saint Brieuc un paquet explosif détruit la porte de l’immeuble où se cachent les renseignements généraux. À la suite de trop nombreux attentats dans cette rue, le voisinage lance d’ailleurs une pétition pour réclamer le départ des RG.

29 mars 1913 : Dans le journal anarchiste Les Temps nouveaux, le breton Émile Masson met fin à une polémique de plusieurs mois à propos de la langue et de la question bretonne. Après avoir demandé un soutien de la part du mouvement révolutionnaire français pour lancer une action anarchiste spécifiquement bretonne, de nombreuses critiques lui sont adressées pour expliquer que le breton est une langue de réactionnaires, que la question bretonne n’a pas lieu d’être dans le monde international. Voila un extrait des réponses de Masson : « En vérité, pour un peu vous m’accuseriez d’inventer la Bretagne, et la conscience nationale des Bretons ! Eh bien, à votre aise. Moi, sentinelle avancée, das ce pays-ci, mon devoir est de vous dire ce que je vois. Après ça, je m’en lave les mains. Or je vois que ce pays-ci constitue une nation distincte, qu’il est acquis d’avance précisément à ceux qui ont la sagesse de le reconnaître comme tel, et qui flattent et exploitent à leur profit sa conscience nationale : aux réactionnaires ! Je vois et je dis que c’est l’unique secret de leur toute-puissance ici ! Et je déclare une dernière fois aux camarades que, s’ils veulent, eux aussi, flatter et exploiter pour nos idées ce sentiment-là, en une génération, ils feront de ce refuge de la réaction l’avant-garde révolutionnaire, car les Bretons sont essentiellement libertaires, et ils tiennent par-dessus tout à leur indépendance morale et économique. Je vois et je déclare que, si ce pays est le refuge de la réaction, c’est la faute même des révolutionnaires, qui n’ont pas su le gagner à eux, et qui même font tout ce qu’ils peuvent pour anéantir en tant que peuple, un peuple essentiellement révolutionnaire, par le seul fait qu’ils lui refusent le droit de parler sa langue. »

Manifeste contre l’UE / Manifesto a-enep an UE

[en français plus bas]

Sinañ ha skignañ a reomp (gant strolladoù all) ar manifesto-se a-enep Unaniezh Europa. Lennit ha soñjit a-roak kemer perzh d’an dilennadegoù Europa e miz Mae.

Klik amañ evit mont war al lec’hienn internet e brezhoneg 

”EVIT SOUVERENIEZH AR POBLOÙ, NANN DA UNANIEZH EUROPA”

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Kensinet o deus un toullad aozadurioù sokial, sindikadel ha politikel ar manifesto-se, a-benn kas drezañ ur gemennadenn da holl labourer.ien/ez.ed. ar c’hevandir:

Nac’hañ a reomp ensavadur politikel, armerzhel, milourel ha sevenadurel Unaniezh Europa hag a voug ar pobloù ha renkad ar vicherourien , aozet eo evit difenn ar reizhiad kevalaour, impalaerelour ha tadelour evit gounid un nebeud tre a dud.

Emaomp e kreiz ur maread ma kresk ar faskouriezh, ar ouennelouriezh, hag estrengasouriezh, ur mare merket gant un dismegañs hag ur feulster a-enep ar maouezed pe ar c’horfoù maez ar reolad, er mare-mañ e prenner an harzoù, e vez distrujet ar gwirioù hiniennel ha stroll, emaomp ur c’houlzad a dalvez ez a war baouraat ar boblañs ha war zisteraat gwir al labour, ur maread fall evit an tirderioù hag al labour-douar lec’hel , ur maread a breizherezh danvezioù e-barzh hag e diavez da Unaniezh Europea, ur maread a servij evit prevesaat ha troc’hañ ar budjedoù sokial diwar urzh ar c’hevala, ur c’houlzad a redoù poblañs adalek diabarzh ha diavez Unaniezh Europa, ur maread a waskerezh evit a re a sav, a gan pe a skriv a-enep d’ar galloud-se, ur mare merket gant ar fed ma vez nac’het d’ar pobloù ar gwir d’en em dermeniñ, en ur mare m’az a war galetaat tagadennoù impalaerouriezh ar Stadoù-Unanet hag Aozadur ar Feur-emglev Norzh Atlantel.

Da lâret eo ur mare argad a-enep ar pobloù hag hollad renkad al labourerien. Gouzout a reomp n’eo ket ur blegenn ispisial hag a gemmo a-benn nebeud, ur gudenn hollek an hini eo liammet gant an ensavadur a-bezh : respont nerzhioù ha galloudoù Unaniezh Europa a-benn derc’hel da ziorren daspugnadur ar c’hevala. Ha kement-se daoust ma’z eo bet diskouezet deomp evel dremm ur raktres digor ha mousc’hoarzhus, ganet eo an Unaniezh evit difenn ha mirout interestoù pennoù bras Europa.

Setu perak e sonj deomp n’hall ket bezañ adreizhet hag azasaet an ensavadur diouzh c’hoantoù hag interestoù ar pobloù hag ar renkadoù pobl. Ensavadurioù nann demokratel eo an Troïka, Kengor Europa, Aozadur Feur-Emglev Norzh Atlantel, EUROPOL ha kement zo tout, un ostilh arvevadek ha dieffedus eo Parlamant Europa, e servij begennoù uhel ar c’hevala ha galloud an embregerezhioù liesvroadel. Kement politikerezh daizelat a dremeno dre ret dre zisaverezh Unaniezh Europa hag un ur sevel ur skouer politikel embarzhus a vije gouest da vont pelloc’h eget an egor douaroniel a vremañ , ha diazezet war ar c’hengred ha souvereniezh ar pobloù.

Europa, miz Du 2018

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Nous signons et diffusons (ainsi que d’autres groupes) ce manifeste contre l’Union Européenne. Lisez et pensez-y avant de prendre part aux élections européennes du mois de mai.

Clic ici pour aller sur le site

“POUR LA SOUVERAINETÉ DES PEUPLES, NON A L’UNION EUROPÉENNE”

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Plusieurs organisations sociales, syndicales et politiques en Europe souscrivons à ce manifeste dans lequel nous voulons nous adresser aux travailleurs et aux travailleuses de tout le continent:

Nous rejetons l’Union européenne en tant que structure politico-économique, militaire et culturelle de domination des peuples et de la classe ouvrière, qui vise à maintenir le système capitaliste, impérialiste et patriarcal au profit de quelques-uns.

Nous vivons une époque de fascisme croissant, de racisme et de xénophobie, de machisme et de violences continuelles contre les femmes et les corps dissidents, de fermeture des frontières et de violation des droits individuels et collectifs; un période d’appauvrissement de la population et de perte du droit du travail, un temps de destruction des territoires et de l’agriculture locale et de pillage des ressources tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Union européenne, un temps de privatisations et de coupures exigées par le capital, un temps d’exodes migratoires depuis l’intérieur et depuis l’extérieur de l’Union européenne, un temps de répression contre ceux qui se mobilisent, chantent ou écrivent contre le pouvoir établi, un temps de négation du droit à l’autodétermination des peuples, un temps d’intensification des agressions impérialistes de la part des États-Unis d’Amérique, de l’Union européenne et de l’OTAN… En définitive, un temps d’agression contre les peuples et l’ensemble de la classe ouvrière.

Mais nous savons clairement que ce n’est pas une situation conjoncturelle qui se rétablira avec le temps, mais une situation structurelle: la réponse des puissances de l’Union européenne pour continuer à développer et à perpétuer le système d’accumulation capitaliste. L’Union européenne est née précisément pour défendre et maintenir les intérêts des élites européennes, même si on voulait nous montrer un visage amical.

Par conséquent, nous affirmons qu’il n’est pas possible de réformer l’Union européenne afin qu’elle réponde aux intérêts des peuples et des classes populaires. La Troïka, la Commission européenne, l’OTAN, EUROPOL… sont des structures totalement antidémocratiques et le Parlement européen est un organisme inopérant et parasitaire au service des élites et des transnationales. Toute alternative à la démocratisation passera par la déconstruction de l’Union européenne et la construction d’un modèle d’intégration, qui, au-delà de l’espace géographique actuel, sera basé sur la solidarité et la souveraineté des peuples.

C’est pourquoi, les organisations qui signons ce manifeste appelons à un renforcer la solidarité internationaliste et à commencer ensemble à concevoir une alternative à l’Union européenne, au service des peuples et de la classe ouvrière.

Europe, novembre 2018

Éphéméride des luttes bretonnes – Février

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Février 2018 : La mort d’Olivier Le Clainche, alias Kendal Breizh, est rendue publique par les groupes combattants kurdes. Ce breton de 41 ans, indépendantiste, révolutionnaire et internationaliste, était depuis plus de six mois au Kurdistan, parti comme volontaire dans le Bataillon international pour mener le combat contre Daesh et défendre la révolution du Rojava. Après avoir participé au siège et à la victoire de Raqqa, une nouvelle menace d’invasion turque vient mettre en danger les territoires kurdes qui se débarrassent à peine de l’État islamique. Les combattant.e.s internationaux n’étaient pas invité.e.s à se rendre sur ce nouveau front, mais Olier se porte volontaire avec d’autres camarades. C’est dans la région d’Afrin qu’il trouve la mort, au cours d’un bombardement.

22 févier 2014 : Une grande manifestation s’empare de Nantes pour défendre la zad et contester le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. La foule qui prend la rue est massive, 20 000 personnes selon la préfecture, 50 000 selon les organisateurs. Le cortège anti-autoritaire, qui à l’époque était à l’arrière des manifestations, est bien vite devancé par une multitude de groupes offensifs. Malgré l’énormité du dispositif policier, la manifestation dure jusqu’au soir et les affrontements se poursuivent encore plus longuement. Avec comme précédent la victoire contre l’opération César, le mouvement des Bonnets Rouges et une autre émeute anti-Front national à Rennes, la Bretagne retrouve les humeurs révolutionnaires qu’elle déjà pu connaître par le passé. Malgré la présence du terrain de conflit sur un département officiellement non-breton, Notre-Dame-des-Landes commence à prendre dans les imaginaires collectifs un air de Plogoff. Et comme à cette époque, des figures du monde culturel breton comme Hamon Martin ou Gilles Servat ont redonné de la voix aux luttes populaires, signe d’une époque qui s’agite à nouveau.

5 février 2000 : Nantes à nouveau, 30 000 personnes prennent la rue en réaction à la marée noire causée par l’Erika. De nombreuses tendances politiques de gauche participent à la manifestation, dont un cortège indépendantiste et révolutionnaire composé de militant.e.s d’Emgann, de la CARB (Coordination anti-répressive de Bretagne), de la Skalp (antifasciste) et de l’OCL (communiste libertaire). Le cortège se fait remarquer en accrochant une banderole « Desmaret [pdg de Total] en prison, les prisonniers politiques bretons à la maison », la foule reprend le slogan. Dans le même temps, des tracts sont distribués pour une manifestation en faveur des prisonniers politiques à venir à Rennes, et le soir un concert vient clôturer la journée en collectant des fonds pour Skoazell Vreizh.

Février 1982 : Hervé Kerrain et Bernard Corbel publient une lettre dans Douar Breiz, le journal du SPV (Strollad Pobl Vreizh) et du MIB (Mouvement d’Insoumission Bretonne). Ils ont été incarcérés pour avoir refusé de faire le service militaire auquel ils avaient été appelés. Une deuxième convocation d’ailleurs, car à la première tentative ils étaient partis en Irlande. Quatre ans plus tard, et après une condamnation pour insoumission amnistiée à la suite de l’élection de 1981, ils reviennent en Bretagne. Ils sont de nouveaux appelés et ils se rendent cette fois à la convocation, déclarant refuser le service et préférant passer du temps en prison plutôt que sous l’uniforme français. Dans Douar Breiz, ils en appellent à la généralisation de l’insoumission et au soutien du mouvement antimilitariste, du monde politique progressiste et du mouvement breton. Le texte est sans ambiguïté : « En refusant de porter l’uniforme français, nous marquons ainsi notre refus de servir les oppresseurs du Peuple Breton : l’État français et ses valets. Servir l’état français c’est se condamner soi-même à maintenir la servitude de notre peuple. » Ce geste leur vaudra de passer plus de deux ans en prison, ce qui fut fait, sans repentir ni reniement de leurs idées.

Février 1980 : A Plogoff sur la pointe sud du Finistère, le petit village breton devient symbole de résistance au nucléaire. Des élus locaux aux franges révolutionnaires, dans les villes et les campagnes, une grande partie de la société bretonne se mobilise pour faire tomber le projet de centrale. En janvier 1980, les dossiers de l’enquête d’utilité publique arrivent à la mairie de Plogoff et se transforment immédiatement en un feu de joie sur la place publique. Des camions sont amenés par la préfecture pour jouer le rôle de mairie annexe, avec en parallèle chaque jour la mise en place d’une occupation policière massive pour protéger les camions. La pointe du Raz prend des allures de colonie remuante à pacifier. La police ne suffit plus, les parachutistes et les blindés sont envoyés pour affronter les « messes » bretonnes. Comme un rituel, chaque jour, l’attaque des troupes d’occupations, les barricades, les flammes jusque tard dans la nuit. La lutte tiendra sans fléchir jusqu’à l’élection de Mitterrand, et l’abandon final du projet, comme celui du Pellerin dans le pays nantais.

13-14 février 1974 : A la veille de ce qui ne s’appelait pas encore la saint Valentin, un colosse au pied d’argile tombe. L’imposant émetteur relais de Roc’h Tredudon, au sommet des monts d’Arrée, s’est écrasé au sol en s’étalant de tout son long, détruit par un attentat à l’explosif. L’action a un écho considérable et l’État, qui à l’époque gère la seule chaîne de télé autorisée, est tourné en ridicule. Le Finistère n’a plus de télévision pour plusieurs semaines, des ethnologues et des sociologues débarquent en Bretagne pour mesurer les effets d’une coupure brutale de petit écran. Dans le monde breton, des rumeurs circulent bien vite sur les origines de l’attentat, certains bruits parlent d’un complot policier. Un parti breton bien intégré dans le monde institutionnel se fait le relais de ces rumeurs et commence à se persuader que l’attentat est une machination visant à réprimer ses militant.e.s, ce qui n’est bien sur pas arrivé. « On a les frissons qu’on peut » en ricana un des membres du commando. Le FLB met fin aux rumeurs par une rencontre avec un journaliste où sont révélées les informations à propos du matériel utilisé, du mode opératoire et des motivations de l’action. L’attentat est à la fois une réponse à dissolution par l’État du FLB et à la censure qui a touché le seul journaliste en langue bretonne de télévision de l’époque. Sur les lieu de l’attentat, une pancarte laissée sur place donnait déjà l’indice à ce propos, on pouvait y lire, « Evit ar brezhoneg ».